Les notaires contre la publicité personnelle selon un sondage

Dans un sondage réalisé par le mensuel indépendant « Notariat 2000 » dans son numéro du mois d’avril, 88 % du panel interrogé est contre l’autorisation de la publicité personnelle dans la profession du notariat. Ils sont 81 % à s’y opposer lorsqu’il s’agit de permettre cette publicité sur les activités ne relevant pas de leur monopole. Les notaires craignent d’être assimilés à une profession commerciale qui entrainerait une remise en cause de leur monopole, d’apparaitre avec un « slogan qui ne reflètera pas la réalité, mais une stratégie marketing », et dénonce le coût de la publicité qui favorisa les importantes études notariales au détriment des plus petites structures.

Pour la majorité des sondés (64 %) avoir un site internet propre pour une étude notariale ne relèverait pas de la publicité personnelle, et ne pas en avoir c’est être « marginalisé ». 80 % des officiers publics interrogés pensent qu’il faudrait interdire l’achat d’un positionnement préférentiel sur un moteur de recherche, la démarche favorisant les études ayant des moyens financiers importants. Concernant la présence des notaires sur les réseaux sociaux, le panel semble dubitatif en indiquant que « ça dépend des informations diffusés »,  mais pour 75 % des notaires, cela relève globalement de la publicité personnelle car c’est un moyen de se mettre en avant.

Enfin, une proposition consistant à créer un arbre des compétences notariales sera à l’étude lors du prochain congrès du Mouvement jeune notariat (MJN) en 2016.  Il s’agit d’une base de données qui regrouperait toutes les spécialisations des notaires. 46 % des notaires interrogés lui trouvent un certains nombre d’avantages : mise en valeur des domaines d’intervention inconnus du grand public, meilleur service notarial, mutualisation des compétences, mise en valeur de l’effort de formation complémentaire. Cependant 54 % rejettent ce projet considérant qu’il s’agit d’un moyen détourné de publicité personnel. D’autres estiment que c’est un non-sens car le notaire devrait savoir tout faire. Enfin, certains estiment que ce serait limiter la compétence à l’obtention d’un diplôme de spécialisation.

Notariat 2000, avril 2014, n°546