Federal Finance devient Arkéa Investment Services et porte de nouvelles ambitions

Jean-François Tardiveau, NewsManagers

Federal Finance vient d'officialiser un nouveau plan stratégique à cinq ans qui doit lui permettre d'augmenter ses encours, actuellement de 43 milliards d'euros, de plus de 50 %. Pour tenir cet ambitieux programme, la filiale du Crédit Mutuel Arkéa s'est réorganisée «en concentrant des entités sur leurs savoir-faire, le développement de nouvelles expertises et l'élargissement de son terrain de jeu», selon ses termes. Concrètement, cette refonte se matérialise tout d'abord par la naissance d'Arkéa Investment Services  qui, sous la forme d'une marque « ombrelle », abrite les entités Schelcher Prince Gestion, Arkéa Banque Privée, Federal Finance Gestion et Swen Capital Partners.

Par ailleurs, le nouvel ensemble mutualise certaines fonctions commerciales. «La nouvelle organisation engage un redéploiement des équipes et un renforcement sur les clientèles en distribution externe et institutionnelle pour renforcer la proximité client», précise un communiqué. Interrogés par Newsmanagers, Stéphane Müller, président des directoires, et François Deltour, directeur du développement, ont précisé que le pôle commercial qui comptait huit personnes allait passer à dix-onze personnes dans le courant de cette année. Du fait de la nouvelle organisation, chaque commercial disposera d'une large palette de produits, à même de replacer le client au centre des préoccupations.  

De son côté, la  gestion va également renforcer son offre. Sa gamme obligataire pour commencer, en réponse aux besoins de rendement et de diversification des investisseurs mais pas seulement. Swen Capital Partners va ainsi lancer dès le mois de septembre prochain son troisième fonds infrastructure et élargir dans les prochaines années son offre à l'immobilier pour compléter sa gamme d'investissement en actifs réels. «En outre, Arkéa Banque Privée va se développer sur le territoire national tout en poursuivant, par ailleurs, sa démarche de partenariat avec les filiales du Crédit Mutuel Arkéa», précise Arkéa Investment Services.    
 
Dans la pratique, la nouvelle structure adopte un profil multiboutique qui appelle d'autres partenariats. Parmi les sujets du moment, Stéphane Müller n'a pas caché qu'une éventuelle opération de croissance externe pourrait avoir lieu pour développer la classe d'actifs actions. «Accueillir une équipe et lui faire bénéficier en termes de développement d'un véritable effet de levier ou intégrer une société de gestion sont des options qui s'offrent à nous», a confirmé le responsable. Actuellement, Arkéa Investment Services séduit surtout les investisseurs institutionnels via ses fonds de trésorerie qui, s'ils profitent d'un regain d'intérêt face aux produits bancaires de court terme pénalisés par les rendements négatifs, n'en sont pas moins que faiblement margés et appellent un relais en matière de solutions produits. Quant aux clients de la banque privée, ils profitent à la fois des fonds diversifiées et de la gestion déléguée via des mandats privés. «En six mois, notre collecte a été de 250 millions d'euros sur ce service de gestion déléguée», a indiqué Stéphane Müller, ce qui constitue avec les produits structurés que continue à lancer la gestion, les produits à succès de la maison.  
 
Dans ses développements à venir, Arkéa Investment Services n'entend pas négliger l'international. Avec le recours de Tierce Party Marketers, elle a l'intention de se développer hors de l'Hexagone. Mais avant de pointer des destinations lointaines, l'ensemble compte creuser son sillon en Europe limitrophe. «Actuellement, nous sommes présents en Europe du Sud, au Benelux et en Suisse, a indiqué Stéphane Müller. Cela dit, nous restons à l'affût des opportunités qui se présentent à nous, notamment en matière de partenariats.» Ce qui ouvre dès lors la porte à de nombreuses supputations... 

Enfin, en matière d'objectifs chiffrés en 2016, Stéphane Müller a rappelé que Federal Finance a collecté en net un milliard d'euros en 2015, tandis qu'Arkéa Investment Services affiche depuis le début de l'année 900 millions d'euros de souscriptions nettes. Sans se départir de sa prudence, «inscrite dans l'ADN de l'établissement», le responsable a qualifié ce dernier résultat de bon. Mais s'il espère faire mieux à la fin 2016, Stéphane Müller s'est toutefois gardé de donner des chiffres précis. A suivre donc.