Université d'été de l'asset management : le risque au centre des préoccupations

Erick Jarjat, NewsManagers
La quatrième édition de l'Université d'été de l'Asset Management, organisée par House of Finance, Convictions AM et Morningstar, s'est penchée sur la problématique du risque.
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C'est la rentrée pour le secteur de la gestion d'actifs. Comme le patronat, la gestion d'actifs ponctue désormais son retour aux affaires avec son université d'été. Ce 31 août à Paris-Dauphine, la quatrième édition de l'Université d'été de l'Asset Management, organisée par House of Finance, Convictions AM et Morningstar, s'est penchée sur la problématique du risque. Une préoccupation de tous les instants mais différemment appréhendée par les acteurs de la gestion. "Notre métier est de prendre des risques. Le problème, c'est que le risque n'est pas rémunéré comme il devrait l'être. D'où la tentation de prendre des risques démesurés", a estimé Nazya Said, responsable de la gestion des valeurs mobilières chez Groupama Rhône-Alpes Auvergne.

Philippe Desfossés, directeur de l'Erafp (Établissement de Retraite Additionnelle de la Fonction Publique) , a pour sa part insisté sur son risque d'adossement. "En tant que fonds de pension et investisseur à long terme, notre principal risque est de ne pas pouvoir remplir notre engagement de verser des cotisations dans 50 ans", a-t-il rappelé en insistant sur la politique monétaire non orthodoxe et l'environnement de taux bas qui complique sa mission de trouver du rendement pour ses engagements de passif. "Nous sommes dans une situation dont on ne voit pas très bien comment en sortir", a indiqué le responsable qui redoute une "sortie désagréable". Romain Durand, directeur des investissements chez Sham, a lui estimé que "la budgétisation des risques n'est pas forcément adéquate. Les stress tests  ne sont probablement pas les bons".

Bertrand Merveille, directeur de la gestion privée à La Financière de l'Echiquier, a de son côté évoqué le risque réglementaire. De son point de vue, les dernières sanctions prises par l'AMF cet été "font froid dans le dos", notamment parce qu'elles pourraient mettre en cause la viabilité de certaines structures. Par ailleurs, "le risque d'inflation réglementaire rend difficile la qualité du service rendu au client qu'on risque de dégoûter", a-t-il averti. Même si la transparence a beaucoup de vertus, Bertrand Merveille a dit redouter MiFID II et ses "117 questions".

Olivier Rousseau, membre du directoire du Fonds de réserve pour les retraites (FRR) a lui évoqué le contexte de répression financière et le fait que les banques centrales peuvent manipuler la courbe des taux. Dans ce contexte, "la classe d'actifs la moins polluée, c'est la classe d'actifs des actions qui a le comportement obligataire le plus faible", a-t-il déclaré en ajoutant que le risque de marché était au centre de ses préoccupations. Selon Bertrand Merveille, "le risque de valorisation sur les actions est en train de se matérialiser, comme le montre la baisse de l'enthousiasme des investisseurs au deuxième trimestre".

Dans cet environnement encore éminemment anxiogène où les risques sont partout et protéiformes, Eric Pinon, le nouveau président de l'AFG, a souligné la nécessité de "mieux partager" tout en continuant de lutter contre la réglementation et ses dérives. "Arrêtons de croire que nous sommes des usines à produits, nous sommes des usines à services. Nous nous soucions des risques que nous faisons prendre à nos clients et non des risques que nous prenons", a-t-il lancé en guise de conclusion.