Immobilier

Union de Perl et Nexity autour du démembrement

Au premier semestre, le groupe immobilier a pris une participation majoritaire dans le capital du concepteur du schéma de l’ULS
Cette alliance doit permettre à ce marché de décoller, en particulier avec le lancement attendu des premiers SCPI et OPCI

Pionnière dans le schéma de l’usufruit locatif social (ULS), Perl a entamé cette année une étape importante dans son développement en passant sous le giron de Nexity.

Extension du modèle.

La société, qui avait déjà ouvert son capital en 2010 à un fonds d’investissement resté minoritaire, a cette fois conclu un accord d’acquisition avec le groupe immobilier. Sur avis favorable de l’autorité de la concurrence délivré en mai dernier, Nexity devient actionnaire majoritaire de Perl en détenant 76 % du capital, le solde revenant au président de Perl Alain Laurier et aux cadres dirigeants. Cette prise de participation doit accélérer l’essor de l’investissement en nue-propriété sous le schéma de l’usufruit locatif social (1). « C’est une histoire qui commence dans un contexte particulièrement favorable avec le développement prochain de véhicules de placement collectif destinés à des particuliers et à des institutionnels qui pourront désormais investir plus largement dans un produit patrimonial sans aléas de gestion et situé dans des zones tendues caractérisées par un déficit de logement pour les actifs, affirme Laurent Mogno, directeur général délégué de Perl. Les premiers SCPI et OPCI institutionnels sont attendus d’ici à la fin d’année 2014. »

Cette extension du modèle aux SCPI et OPCI a été rendue possible par la loi Alur. Avec la mobilisation d’investisseurs institutionnels, l’acteur estime que le marché pourrait s’orienter vers une tendance de 10.000 logements annuels réalisés sous le schéma ULS d’ici à trois ou cinq ans. Pour l’heure, on compte plus de 5.000 biens sous ce modèle, Perl en réalisant environ un millier par an jusqu’à présent.

Un promoteur actionnaire.

De son côté, Nexity apporte un produit complémentaire à son offre immobilière et compte bien assurer la croissance de Perl rattachée à son pôle Immobilier résidentiel. « Nous sommes convaincus que nous allons passer d’une logique de détention du logement à une logique d’usage au même titre que d’autres biens de consommation, explique Bruno Corinti, directeur général adjoint de Nexity. En effet, un tel schéma de dissociation de la propriété correspond aux attentes actuelles portant sur une réduction du budget logement et une plus grande mobilité. » Il poursuit : «  Au-delà du métier de l’ULS, de nouveaux produits peuvent aussi être développés comme la vente de l’usage temporaire d’un bien détenu en nue-propriété par un investisseur particulier ou institutionnel. »

Si, pour l’heure, Perl travaille avec bien d’autres promoteurs sans qu’aucun ne représente plus de 3 % de sa production, elle va davantage coopérer avec son actionnaire. L’objectif est que les opérations réalisées par Nexity atteignent 10-13 % du volume, soit sa part de marché en promotion immobilière sur le territoire.

Distribution.

Se positionner dans les zones tendues là où l’offre sociale ou intermédiaire est inexistante demeure la volonté de Perl. Désormais, la moitié de la production est gérée en région puisque, depuis deux ans, la société a ouvert des implantations à Lyon, Nice et Bordeaux. Elle compte ainsi 90  collaborateurs répartis entre le siège parisien et six agences régionales.

La prise de participation ne semble pas modifier son modèle de distribution. Elle conserve ses réseaux classiques, à savoir environ 600 CGPI actifs et une trentaine de grands comptes banques et assurances. A priori, la mise en place de synergies n’est pas prévue avec I-Selection, plate-forme immobilière détenue elle aussi majoritairement par Nexity. « Nous avons déjà tenté de commercialiser des produits en démembrement en interne, une formation étant délivrée aux vendeurs. On ne s’interdit pas de le faire notamment par Nexity Patrimoine. Pour autant, aujourd’hui, notre intervention portera plutôt sur le sourcing et le financement des opérations », précise Bruno Corinti.  

(1) Un investisseur privé achète la nue-propriété d’un bien dont l’usufruit est acquis temporairement par un bailleur social.