Grand Prix du Patrimoine Experts Certifiés 2015

Une promotion jeune et de haute tenue

La onzième édition de ce Grand prix révèle une génération de quadragénaires particulièrement affûtés
Le palmarès est toujours le reflet de l’examen de certification CGPC améliorant son ciblage du conseil global
Stéphane Tatinclaux, Les lauréats du classement général 2015 : Marlène Puech (n°1), Laurent Poitevin (n°2) et Romain Conil (n°3)

Le Grand Prix du Patrimoine Experts Certifiés vise désormais depuis onze ans à la distinction des conseillers ayant pour exigence le meilleur service au profit d’une clientèle privée. Il est le fruit d’une quête commune entre l’association des Conseils en gestion de patrimoine certifiés (CGPC) et L’Agefi Actifs, miroir de professions en perpétuelle adaptation pour répondre à des standards sans cesse plus élevés.

Les racines d’un tel projet plongent dans la mouvance du « Certified financial planning » d’origine américaine, qui s’est progressivement répandu dans une trentaine de pays à travers le monde (lire l’encadré sur la certification en chiffres ci-dessous). L’émanation française date de 1998 et répond aux stricts principes de l’approche patrimoniale globale, qui vise d’abord et avant tout au respect et à la satisfaction du client. Elle en est l’un des membres importants et CGPC sera d’ailleurs en 2015 l’hôte des autres affiliés du Financial Planning Standards Board (FPSB).

D’année en année, des perfectionnements sont proposés aux candidats de toutes origines professionnelles, à la fois dans les épreuves et les formations qui y mènent, et des projets sont toujours en cours pour souscrire à ces engagements et mieux les faire connaître aux « consommateurs » finaux. C’est bien sûr l’un des objectifs de notre partenariat fidèle avec l’association CGPC, traduit cette année par une promotion particulièrement volontariste.

De la certification au diplôme.

Ceux qui s’y engagent doivent, pendant plusieurs mois, conjuguer vie familiale, parcours professionnel et révisions intenses. Pour ceux qui réussissent, la récompense est triple. La première consiste bien sûr en l’obtention de la certification au travers du seul examen national existant dans l’univers patrimonial. Elle se double depuis maintenant cinq ans, si le nouveau certifié s’y engage, de l’accès à la normalisation ISO 22222 dédiée à la gestion de patrimoine, celle-ci impliquant une formation continue plus poussée et régulière. Sur les quelque 2.500 certifiés à ce jour, ils sont environ un millier à avoir accepté cet engagement qui représente évidemment un atout en termes d’image.

Et le « plus » vient, depuis désormais onze années, de la reconnaissance de prestige liée aux diplômes distribués aux meilleurs postulants lors du Grand Prix du Patrimoine.

181 candidats pour la promotion 2015.

Ce n’est pas une promotion à retenir particulièrement sur le plan quantitatif. Ils on été 181 à s’investir lors des épreuves écrites des 17 et 18 septembre 2014, alors qu’on en dénombrait 212 l’année précédente. Comme à l’accoutumée, ils représentent une large prédominance de sociétés d’assurances. Les banques, quant à elles, et notamment les grands réseaux, restent majoritairement à convaincre, les autres partants étant représentatifs des sociétés de gestion de portefeuille, des conseillers indépendants et du l’univers du droit et du chiffre.

Cinq épreuves écrites...

Tous ont dû affronter cinq épreuves théoriques dans les centres d’examen de Paris, Lyon, Aix, Bordeaux et Le Mans :

1- Environnement juridique du patrimoine

2- Environnement fiscal du patrimoine

3- Environnement économique et financier du patrimoine

4- Prévoyance-Retraite-Assurance vie

Ces unités de valeur techniques comportent 100 questions à choix multiples. Elles sont d’une durée de deux heures et sont affectées d’un coefficient 1,5.

Il existe en outre un dernier compartiment décisif – Synthèse et diagnostic patrimonial global – qui dure quatre heures. Il porte sur un cas d’ingénierie patrimoniale et donne lieu à des questions ouvertes, le tout contribuant à hauteur d’un coefficient 2 (lire la copie du lauréat en p. 24) en raison des qualités d’analyse transversale exigées sur les registres juridiques, fiscaux et financiers.

Le détail des épreuves et l’accès aux annales sont disponibles sur le site www.cgpc.fr.

… et un oral à dimension commerciale.

Depuis trois ans,  l’examen s’est enrichi d’une épreuve orale. Les organisateurs ont en effet souhaité ajouter une dimension essentielle dans la pratique des métiers du conseil : l’appréhension de la situation et le contact auprès d’un prospect-client. A raison de trois par jury, praticiens et universitaires simulent la rencontre avec ce dernier, dans le prolongement de l’épreuve de synthèse.

Cet oral compte pour un coefficient 1. Il s’est déroulé les 29 et 30 septembre 2014.

Des évolutions à prévoir.

A partir de la prochaine session en septembre 2015, il est à noter que trois évolutions importantes vont intervenir dans le souci permanent d’intensifier la profondeur de l’approche patrimoniale globale :

- L’unité de valeur « Prévoyance-Retraite-Assurance vie » va être renommée « Protection de la personne et de son patrimoine ».

- Les notions juridiques et fiscales internationales vont être introduites dans les quatre épreuves techniques.

- Enfin, une épreuve supplémentaire sera exigée sur un thème majeur : « Déontologie et Réglementation ».

Le palmarès.

Le jury chargé du choix des sujets et des corrections est placé sous la responsabilité du professeur Raymond Leban, président du jury de l’examen national, directeur du Cnam.

Sachant que l’obtention, par unités de valeur ou globale pour les candidats ayant passé l’ensemble de l’examen, exige une note au moins égale à 12 sur 20, c’est sur le fondement de leurs délibérations qu’ont été sélectionnées les meilleures copies, et donc qu’a été déterminé le palmarès du Grand Prix du Patrimoine Experts Certifiés.

Sur l’ensemble de la promotion, le taux de réussite a été hors normes avec 84 % des candidats reçus. Par ailleurs, concernant les trois certifications spécialisées en lice pour la première fois (lire l’entretien avec le président de CGPC Formation p. 13), 40 certifiés supplémentaires ont été admis au titre du « Conseil en investissements financiers » et du « Conseil en protection sociale », avec un taux de réussite moyen de 63 %.

S’agissant de l’examen général, les trois meilleurs de chaque unité de valeur se sont vu attribuer des prix spéciaux, incluant parfois des égalités de points, tandis que les diplômes couronnant le Grand prix général, particulièrement serré cette année, ont été décernés aux trois plus fortes moyennes d’ensemble (lire les encadrés).

Remise des prix.

Comme l’an passé, la cérémonie de remise des prix, qui a eu lieu le 21 janvier dernier, s’est déroulée à la Maison des Arts et Métiers, avenue d’Iéna à Paris. Trois grands partenaires historiques – Allianz, GAN Patrimoine et Harvest – ont récompensé les lauréats devant une salle de plus de cent personnes. La manifestation a aussi bénéficié du soutien du Conservateur.

Le président de CGPC, Hervé de La Tour d’Artaise, a souligné pour 2015 un taux de réussite supérieur à celui des années précédentes : « Comme le niveau d’exigence n’a pas changé, cela signifie que les candidats sont mieux préparés et mieux formés, ce qui pour nous est un élément positif. »

Concernant l’actualité de l’association, Hervé de La Tour d’Artaise est revenu sur le fait que Paris sera en 2015 la capitale mondiale du Conseil patrimonial en rappelant que CGPC est la branche française du Financial Planning Standard Board (FPSB), dont la croissance des effectifs certifiés provient aujourd’hui des pays émergents.

« Cette année, nous recevrons les 25 autres organisations qui composent la famille FPSB. Nous aurons pendant quatre jours des réunions de partage de nos expériences. Le Conseil patrimonial s’inscrit aujourd’hui dans une dimension internationale que les conseillers constatent tous les jours », a conclu le président de CGPC.

Didier Etard, directeur d’Allianz Expertise et Conseil, n’a pu que se féliciter des résultats de ce millésime 2015 pour son groupe en expliquant que les conseillers d’Allianz évoluent sur les métiers du patrimoine et de la protection sociale. Avec plus de 860 diplômés depuis l’origine du partenariat, en 1998, Didier Etard a vanté les très belles performances du réseau Allianz FinanceConseil avec notamment une hausse de la prime moyenne sur les contrats d’assurance vie individuelle de 80 % en cinq ans. « Le lien avec la formation est évident et qui sème les talents récolte la croissance », a-t-il lancé à l’assistance.

Alain Dijon, directeur commercial France de GAN Patrimoine, a abondé dans ce sens en expliquant que son réseau était entré depuis deux ans dans un processus de transformation l’ayant amené à revoir son fonctionnement et sa gamme de produits. « Aujourd’hui, les métiers de la prévoyance, de la retraite et de l’immobilier prennent une place de plus en plus importante dans l’activité de nos conseillers, une telle avancée ne pouvant se faire sans un programme de formation », selon le responsable.

Enfin, le directeur commercial d’Harvest, Jean-Philippe Robin, s’est dit heureux de remettre le prix « Synthèse, diagnostic et conseil patrimonial global car l’approche globale avec notre logiciel BIG Expert et l’outil d’agrégation de comptes O2S appartient à notre histoire. Une histoire qui évolue puisque la société accompagne à présent les utilisateurs de ces solutions dans leur stratégie digitale », a-t-il précisé.