Marché de l’art

Une plate-forme simplifiant l’investissement financier dans l’art

Art & Finance Services s’apprête à lancer Art Exchange qui permettra d’acheter et vendre des parts indivises d’œuvres d’art.

Le marché de l’art grossit en volume mais reste un écosystème qui ne vit quasi exclusivement que des collectionneurs », constate Pierre Naquin, fondateur d’Art & Finance Services, créée en mai dernier. Si les œuvres d’art présentent un intérêt financier en étant peu corrélées aux autres classes d’actifs, mais aussi fiscal (1), certaines caractéristiques de ce marché sont en revanche dissuasives : un manque de transparence, une faible liquidité et des coûts très élevés. Outre des frais de logistique comme le stockage, les transactions s’avèrent très onéreuses puisque, dans le cadre d’une enchère, 10 % de commissions sont prélevées au vendeur et 25 % à l’acheteur pour une même œuvre.

Dans l’optique de démocratiser l’investissement financier dans l’art, Pierre Naquin, entouré d’associés, de collaborateurs et de prestataires, s’est donc attelé depuis plus d’un an à concevoir une plate-forme fonctionnant selon un modèle boursier. Celle-ci devrait être lancée dans les prochains jours avec une dizaine d’œuvres d’art. La société vise ensuite à proposer 5 à 10 œuvres par mois, uniquement des œuvres majeures de qualité internationale - authentifiées et certifiées - sur une période allant de l’époque moderne (commençant en 1870) au contemporain et estimées au minimum à 100.000 euros.

Indivision.

« Pour diviser la propriété d’une œuvre d’art et faciliter les investissements, nous avions le choix entre la création d’un fonds pour chaque œuvre et l’indivision. Avec l’appui du cabinet d’avocats Reinhart Marville Torre, nous avons opté pour l’indivision car elle permet d’être propriétaire en direct du bien, de conserver le statut d’œuvre d’art, et ainsi de bénéficier de sa fiscalité avantageuse », explique Pierre Naquin. A noter que les indivisaires s’engagent à céder leurs parts à celui qui détient 80 % des parts d’une œuvre et lance une offre publique pour en devenir totalement propriétaire. « Afin d’améliorer la liquidité et de toucher à la fois les petits et les gros porteurs, nous diviserons la propriété des œuvres en parts fines. Ainsi, une œuvre évaluée à un million d’euros pourra être divisée en 20.000 parts de 50 euros », précise-t-il.

En pratique, les investisseurs ouvriront un compte - tenu par BNP Paribas Services - puis passeront librement leurs ordres de vente et d’achat sur la plate-forme www.aexchange.net. Chaque jour de semaine, un fixing aura lieu à 18h pour apparier les ordres et les exécuter, ceci moyennant une commission réduite à 0,5 % sur le montant de la transaction prélevée à la fois sur le vendeur et l’acheteur. Art & Finance Services a en effet choisi de prendre à sa charge la totalité des frais de logistique dont le stockage, la gestion, et de promotion des œuvres.

Transparence.

L’activité d’Art Exchange n’est régulée par aucune autorité - seules les enchères publiques sont régulées par le Conseil des ventes volontaires de meubles - mais elle est soumise au droit de la propriété. La société a néanmoins choisi de s’imposer les mêmes règles de transparence que sur les marchés financiers.

Outre la plate-forme de courtage, Art Exchange compte donc fournir une information détaillée sur les œuvres d’art afin de permettre aux investisseurs de prendre des décisions réfléchies. « A la différence d’Artprice qui est une base de données regroupant les résultats de ventes aux enchères et traitant ensuite l’information d’une manière macroéconomique - en dégageant des tendances -, Art Exchange fournira des informations beaucoup plus factuelles sur les œuvres d’art, les artistes et la vie du marché de l’art. Le contenu du site sera ainsi enrichi quotidiennement avec plus de 30 dépêches », précise Pierre Naquin.

(1) Exonération d’ISF : article 885 I du Code général des impôts (CGI) ; traitement des plus-values de cession : articles 150 VI et 150 VJ du CGI ; déduction du prix d’acquisition pour les sociétés redevables de l’IS : articles 238 bis et 238 bis AB du CGI.