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Une orientation progressive vers les actifs risqués

Selon le dernier baromètre du PRCG de NGAM, les CGP se sont orientés vers les supports actions ces douze derniers mois
Le patrimoine financier des Français reste cependant majoritairement investi en actifs peu risqués
DR, Julien Dauchez, responsable des consultants du Portfolio Research Group, Natixis Global AM

Le Portfolio Research & Consulting Group (PRCG) de Natixis Global Asset Management (NGAM) vient de publier, comme chaque année, le baromètre des conseillers financiers qui mesure la structure des portefeuilles types que les conseillers en gestion de patrimoine français proposent à leurs clients. Et sur un échantillon de 203 portefeuilles types analysés, force est de constater que s’il n’y a pas eu de révolution dans les allocations que les conseillers en investissements financiers préconisent à leurs clients, l’édition de 2017 marque tout de même des évolutions notables par rapport à la précédente.

Vers plus d’actifs risqués.

Certes, la répartition du patrimoine global des ménages français reste toujours très majoritairement constituée d’immobilier (près de 60 % en immobilier direct et SCPI), d’épargne bancaire (comptes à vue, livrets, PEL…) et de fonds en euros d’assurance vie. Finalement, les unités de compte et les titres détenus en direct ne représentent qu’environ 10 % du patrimoine type des investisseurs individuels français à fin juin 2017.
Cependant, bien que cette proportion d’actifs risqués demeure très faible, elle tend à augmenter progressivement. Ainsi, les portefeuilles types équilibrés analysés par le PRCG voient leur proportion de fonds actions passer de 18 % en juin 2016 à 27 % en juin 2017. « Les investisseurs ont d’abord voulu profiter d’un ’effet Trump’ en augmentant leur allocation sur les actions américaines puis ils sont revenus sur les actions européennes à partir du printemps dernier », précise Julien Dauchez, responsable des consultants du Portfolio Research Group chez Natixis Global Asset Management. Dans le même temps, la proportion de fonds en euros est passée de 21 % à 12 %. A noter également que la proportion de gestion alternative a eu tendance à augmenter, passant de 12 % à 13 %. Enfin, une constante demeure entre les deux mesures : la grande proportion des fonds patrimoniaux dans les portefeuilles – une spécificité française – qui reste à 36 %.

Les Français toujours à la traîne.

Si cette hausse de la proportion des actifs risqués « va dans le bon sens », elle reste cependant bien plus faible comparé à celle observée à l’international. « Les investisseurs français sont encore méfiants vis-à-vis des marchés financiers qu’ils considèrent comme opaques, ce qui malheureusement les coupe d’une forme de financement de leurs projets de vie ou de leur retraite », regrette Julien Dauchez. Les 27 % d’actions des portefeuilles équilibrés des conseillers français sont à comparer aux 52 % de leurs homologues américains, aux 57 % observés en Grande-Bretagne ou encore aux 42 % des espagnols (chiffres à fin 2016).
Mais cette photo des allocations en France ne serait pas tout à fait représentative s’il n’était pas tenu compte de la part des actions dans les fonds patrimoniaux. Ainsi, en intégrant les titres détenus indirectement via ces fonds, le PRCG estime qu’il faudrait rajouter 7 points à la proportion d’actions présentes dans les portefeuilles équilibrés français, la portant à 34 %. Sur cette partie de leur épargne financière, les Français restent donc toujours bien en dessous des Anglo-Saxons ou des Espagnols en termes d’exposition aux actions, mais dépassent les Italiens ou les Suisses, qui affichent une part d’actions dans leurs portefeuilles équilibrés de respectivement 21 % et 29 %.

Des performances plus disparates.

Le corolaire de cette légère inflexion vers les actifs risqués est que la dispersion de la performance ajustée du risque augmente d’une année sur l’autre. « Nous constatons cette année qu’en matière de couple rendement par rapport au risque, certains conseillers arrivent mieux à sortir du lot », constate Julien Dauchez. Et à la question de savoir à quoi était due cette disparité, il répond que « sans surprise, les portefeuilles les plus efficients sont ceux qui offrent la diversification la plus grande. Par ailleurs, ces portefeuilles les plus diversifiés sont aussi ceux qui présentent les périodes de recouvrement (c’est-à-dire le délai après lesquels ils effacent une baisse) les plus courtes ».
Selon l’étude de NGAM, la manière dont sont conçus les portefeuilles a donc bien évolué en un an, même si cela « ne doit pas masquer l’ampleur des placements prudents dans la structure patrimoniale des investisseurs individuels français, dont la diversification reste faible par rapport à celle de leurs homologues européens ».