Une éventuelle alliance entre SGAM et CAAM se justifierait par les coûts

La pertinence d'un mariage entre pôles de gestion d'actifs dans l'univers bancaire en France fait toujours débat.

Depuis des mois, la rumeur agite le monde de la gestion d’actifs: Société Générale Asset Management (SGAM) et Crédit Agricole Asset Management (CAAM) préparent leur rapprochement. Une idée que La Tribune est venue accréditer hier en révélant que les deux groupes réfléchissent à la mise en commun de leurs activités de gestion classique, hors gestion alternative, dans une joint-venture. Les deux banques ne font pas de commentaires, mais la question aurait bien été abordée lors du conseil d’administration de la Société Générale qui s’est tenu mardi, selon une source interne. Un tel schéma serait une première en France, où les banques ont toujours estimé que la valeur de l’activité résidait dans les liens entre leur usine de gestion interne et leur réseau de distribution. Le constat est d’autant plus vrai si l’on considère que l’activité d’épargne, et donc de gestion, tirera la croissance des banques dans l’Hexagone ces prochaines années, au détriment du crédit. Pour ces raisons, de nombreux professionnels s’interrogent sur la pertinence d’un mariage, dans l’univers bancaire, entre pôles de gestion d’actifs. Mais la crise peut faire bouger les lignes. Au quatrième trimestre 2008, SGAM a encore souffert de dépréciations, notamment dans la gestion alternative, et de décollecte (lire ci-dessus). Dans un entretien à L’Agefi, mi-décembre, Frédéric Oudéa, le directeur de la Société Générale, estimait même que structurellement, la crise affectait davantage les métiers de gestion d’actifs que ceux de banque d’investissement. La banque verte et la Société Générale n’abandonneraient pas leurs activités de production mais en mutualiseraient leurs coûts, comme elles l’ont fait dans le courtage en s’alliant à 50/50 avec la création de Newedge, qui fête sa première année d’existence. «Une réduction des coûts combinée de 20% paraît envisageable en première approche soit environ 350 millions d’euros à partager entre les deux groupes», soulignent Jean Sassus et Steven Gould, analystes chez Raymond James. Les activités les mieux margées resteraient au sein de chaque groupe. «Compte tenu des marges d’arbitrage sur les produits structurés, il est difficile d’envisager une mise en commun de ces activités», expliquent les experts de Raymond James.