Une ancienne affaire de blanchiment éclabousse le nouveau patron d’UBS

Franck Joselin
La justice néerlandaise a ouvert une enquête sur Ralph Hamers sur des fait supposés commis lorsqu’il était encore chez ING.

UBS se serait bien passé de cette publicité. Ralph Hamers aura à peine eu le temps de prendre ses marques à son poste de directeur général de la banque, fonctions endossées officiellement le 1er novembre 2020, qu'une première contrariété se présente. Il vient d’être rattrapé par une affaire judiciaire datant de 2018 et qui semblait pourtant réglée.

Un tribunal néerlandais a en effet rouvert une enquête sur son rôle dans un scandale de blanchiment d'argent survenu chez ING, son ancien employeur, pour qui il a travaillé plus de 30 ans.

A l’origine, ING, qui avait été accusé de ne pas avoir assez contrôlé ses clients, permettant ainsi potentiellement des opérations de blanchiment, avait passé un accord avec la justice néerlandaise. La banque avait versé 775 millions d’euros en 2018 pour régler l’affaire à l’amiable. Cependant, un tribunal néerlandais de La Haye, sans remettre en cause l’accord passé entre la justice et ING, a décidé de poursuivre l'enquête sur Ralph Hamers.

«UBS prend acte de la décision du tribunal néerlandais d'ordonner au procureur de la République d'ouvrir une enquête sur Ralph Hamers en sa qualité d'ancien directeur général d'ING, relative à la conformité d'ING en matière de lutte contre le blanchiment d'argent», a déclaré la banque suisse, tout en assurant avoir «pleinement confiance» dans la capacité de son directeur général à diriger le groupe suisse. La banque a par ailleurs assuré que ces faits étaient connus par le conseil d’administration et avaient été pris en considération lorsque Ralph Hamers avait rejoint le groupe. La Finma, le régulateur suisse, a également indiqué n'avoir rien trouvé à dire lors de l'examen de la candidature du directeur général d'UBS.

Ces faits étaient peut-être connus, mais il n’est pas certain que la banque ait évalué à sa juste mesure le risque de réouverture du dossier.

Au mois de mars 2021, UBS aura déjà à gérer le procès en appel de sa condamnation par la justice française en 2019 à une amende de 3,7 milliards d’euros pour démarchage bancaire illicite et de blanchiment de fraude fiscale. L’enquête concernant son nouveau directeur général pour des faits de même nature, même s’ils ont été commis dans une autre structure, risque de ne pas aider à redorer l’image de la banque. Hier, le cours de bourse de la banque n’a quasiment pas bougé, affichant une progression de 0,16% à 12,89 francs suisses (12 euros).