Distribution

Une ambition à plusieurs niveaux

Stéphane Vidal, le président du groupe Primonial, a pris les commandes de l’Association professionnelle des entreprises de conseil en investissement (Apeci)
L’association entend valoriser la position des CIF auprès des autorités
DR

En quelques jours seulement, à la fin du mois de novembre 2017, le groupe Primonial a connu une double actualité. D’abord et surtout grâce à l’union scellée avec La Finan­cière de l’Echiquier, qui devrait amener cette société à gérer plus de 10 milliards d’euros d’actifs. Autre annonce, Stéphane Vidal, le président du groupe Primonial, a pris les rênes de l’Association professionnelle des entreprises de conseil en investissement (Apeci) pour les trois prochaines années. Une nouvelle qui ne passe pas inaperçue et qui a de quoi interpeller les observateurs. Dès lors que l’association entretient et entend développer des échanges avec les pouvoirs publics, seront-ce les vues des membres de l’association qui seront évoquées ou plutôt les prétentions de Primonial ?

Mot à dire. La question mérite d’être posée tant la société, qui fait preuve d’un dynamisme certain depuis des années, a atteint la dimension d’un ­acteur avec qui il faut compter en matière de distribution de produits d’épargne et d’investissement. Pour preuve, d’après les deux derniers rapports de l’Auto­rité des marchés financiers (AMF), en qualité de conseil en investissement financier-conseil en gestion de patrimoine (CIF-CGP) le groupe a totalisé, à lui seul, 24% du chiffre d’affaires CIF des CGP en 2015. Une part qu’il a portée à 33% en 2016.

Défense. Pourtant, Stéphane Vidal se défend d’une telle mise sous coupe. Il annonce : « Je considère que l’Apeci est représentative, au regard de la qualité des sociétés représentées et des volumes d’activité cumulés sur l’immobilier direct, qui dépassent 1,5 milliard d’euros par an. » Pour l’heure, la priorité va à la gestion des échéances réglementaires. « Cette année, nous souhaitons mettre sur pied des rendez-vous réguliers avec les autorités de régulation. Il s’agira de faire valoir une vision globale du marché de la distribution en apportant, en quelque sorte, une caution professionnelle. » En interne, il est aussi question d’organiser des rencontres mensuelles en y associant des cabinets de conseil. A l’image de Periclès Consulting, qui est intervenu sur la question de l’uniformisation de la réglementation Priip aux assureurs.

Prises de position. L’association n’hésitera plus à publier des communiqués en son nom. Il en va, par exemple, de sa prise de position à l’encontre de l’article 68 de la loi de finances visant à plafonner la rémunération des intermédiaires dans le cadre de la loi Pinel. « Réguler la marge d’un seul maillon de la chaîne, dans le cas présent la distribution, conduirait inexorablement à un transfert de cette marge au profit des autres acteurs non régulés de la chaîne. Pour l’association, l’article en question sera donc sans effet sur les prix de vente, mais conduira juste à une redistribution des marges. »

Le rapport aux associations. Par son action, l’Apeci ne cache pas son intention de s’immiscer dans des revendications jusque-là dévolues aux associations professionnelles. Doit-on y voir une remise en question de leur action ? Clairement non, assure le responsable. « Il n’est pas question de remplacer les associations professionnelles dédiées aux CGP. Notre volonté est plutôt de faire circuler les idées et les propositions de nos membres. Nous sommes d’ailleurs bien calés avec les présidents des principales associations sur ce point et nous pourrions très bien imaginer faire cause commune sur certains sujets », annonce Stéphane Vidal. Pour le reste, l’Apeci entend demeurer en dehors des sujets typiquement à la main des associations, à l’image de la question de l’accession des CIF haut de bilan au statut de CIF.


 Le conseil d’administration élu pour représenter les membres et guider les travaux de l’association

- MEYER AZOGUI, président de Cyrus Conseil
- DANIEL COLLIGNON, directeur général de Spirica
- ANTOINE DELON, président de Linxea
- BERNARD LEBRAS, président du directoire de Suravenir
- BRUNO NARCHAL, président de Crystal Finance
- THIERRY SÉVOUMIANS, directeur général de La Française AM
- KARINE SZENBERG, directrice générale de Schroders
- STÉPHANE VIDAL, président de Primonial
- PAUL YOUNÈS, directeur général de l’Union financière de France