Grand Prix Patrimoine Experts Certifiés 2017

Un taux de réussite à son meilleur niveau

La nouvelle édition du Grand Prix du Patrimoine Experts Certifiés, fruit d'un partenariat depuis treize ans entre l'association des Conseils en Gestion de Patrimoine Certifiés et L'Agefi Actifs, vient de rendre son verdict
A la clé, des confirmations, comme la prédominance de lauréats issus du monde de l'assurance, et une surprise liée au rétablissement spectaculaire du taux de réussite des postulants
Dimitry Jouan

Les enveloppes ont été décachetées et les noms sont désormais connus.

Au Cercle Interallié à Paris où s’est tenue la cérémonie de remise des trophées de la treizième édition du Grand Prix du Patrimoine Experts Certifiés, vingt-quatre postulants – dont des ex-aequo – parvenus aux trois premières places dans les six unités de valeurs liées à l’obtention de la certification, ont été récompensés.

Il s’agissait de saluer la qualité de leur travail dans des matières traitant du conseil en gestion de patrimoine au sens large du terme. Autrement dit, ouvert à l’interprofessionnalité chère à L’Agefi Actifs et qui justifie la longévité du partenariat conclu avec l’association des Conseils en gestion de patrimoine (CGPC).

En point d’orgue de la soirée, en présence des partenaires de l’événement – Allianz Expertise et Conseil, Maaf Vie, CNP Assurances et Manymore –, les trois professionnels qui ont formé le podium du Meilleur expert certifié (ex-classement général) 2017, établi à partir de la qualité du travail d’ensemble réalisé au sein des différentes unités de valeurs (UV), ont été à leur tour primés.

L'assurance en tête.

Que retenir de cette édition ? Tout d’abord une confirmation : à l’exception d’une candidate indépendante arrivée en deuxième position au classement général, tous les professionnels ayant pris place sur les différents podiums évoluent dans le monde de l’assurance (voir le classement).

Comme l’an dernier, Allianz Expertise et Conseil s’est particulièrement illustrée en plaçant pas moins de quatorze membres de son équipe aux trois premières marches des différents palmarès, dont un trio sur le podium de l’UV Synthèse-Diagnostic et conseil patrimonial global.

CNP Assurances n’a pas vraiment démérité non plus qui, outre la première place du Meilleur expert certifié occupé par un des siens, occupe la tête de deux unités de valeurs et des places d’honneur dans d’autres épreuves.

Maaf Vie, pour sa part, est citée deux fois, dont une au palmarès général, à la troisième marche.

Le constat de l’omniprésence des assureurs ne constitue pas une surprise à proprement parler dans la mesure où les banques font surtout le choix de jouer la carte de leur filière interne, ce que le classement de l’an dernier mettait aussi en évidence.

Les salariés des réseaux de plus en plus nombreux.

Autre point important : après cette nouvelle édition, il ressort que les salariés des réseaux d’assurances, mutuelles, banques également, ainsi que des sociétés de gestion, continuent de former l’essentiel des bataillons de certifiés. Ils représentent 77 % de l’ensemble, le solde étant composé d’indépendants, de libéraux ou de professionnels exerçant en sociétés.

Ces chiffres confirment une tendance bien amorcée. A titre d’exemple, l’an passé, les salariés des réseaux représentaient 74 % des certifiés – contre 26 % pour les indépendants. Et il y a deux ans, ces proportions étaient de respectivement 72 % et 28 %.

Pour le Grand Prix Patrimoine Experts Certifiés 2017, 176 candidats s’étaient inscrits l’année dernière. Par rapport à 2015, la baisse est de l’ordre de 6 % avec 187 participants et, comparé à 2014, le recul est de l’ordre de 17 % avec 212 postulants recensés... En revanche, le taux de réussite de cette année a évolué de façon inverse ! Il s’élève à 74 % au terme des deux sessions organisées sur l’année, contre 43 % et 70 % pour les deux grands prix précédents.

Une année remarquable.

Le millésime 2016 s’affiche donc très satisfaisant avec, dans le détail, une première session qui s’est déroulée en mars dernier et qui a généré un taux de réussite de 80,70 % – soit, sur 57 candidats, 46 qui ont réussi l’examen – tandis que lors de la session de septembre, le taux de réussite a été un peu moins élevé, mais tout à fait remarquable puisque légèrement supérieur à 70 % (70,59 %) – soit sur 119 candidats, 84 ayant réussi l’examen.

Enfin, en ce qui concerne les 65 candidats présents sur les trois certifications spécialisées, la CGPC a recensé 15 candidats ayant obtenu le CFC (Conseil financier certifié CGPC), soit un taux de réussite de 60 %. 33 candidats ont obtenu le CPS (Conseil en protection sociale certifié CGPC), soit un taux de réussite de 68,80 %. Enfin, deux candidats ont obtenu le CII (Conseil en investissement immobilier certifié CGPC), soit un taux de réussite de 100 %.

Des changements plus proches de la réalité métier.

Au-delà des chiffres, le taux de réussite général de ce Grand Prix 2017 a de quoi séduire. D’abord parce que la barre imposée pour l’obtention d'une unité de valeur d’une façon globale est élevée. Pour les candidats ayant passé l’ensemble de l’examen, une note moyenne supérieure ou égale à 12 sur 20 est en effet exigée et n'est qu’un préalable à l’étude du jury pour constituer le palmarès du Grand Prix de l’année.

Mais ce n’est pas tout : la technicité des matières abordées, les compétences exigées donnent l’impression d’être montées d’un cran du fait de l’introduction des changements annoncés l’an dernier.

Dans les épreuves techniques des cinq premières UV, des notions juridiques et fiscales internationales ont été effectivement introduites. Quant à l’UV6, elle a été sensiblement revue dans sa partie orale. Les années précédentes, elle se déroulait sous forme de question sur un point précis comme le sujet de l’épargne salariale pour un chef d’entreprise, ou de la clause bénéficiaire démembrée. « Aujourd’hui, cet examen se veut plus proche de la réalité métier puisque les candidats reçoivent un bilan patrimonial qu’ils doivent étudier pendant trente minutes avant de se placer face au jury en situation professionnelle, c’est-à-dire une situation face à un client », explique Raymond Leban.

Les critères d’évaluation ont également été modifiés. La présentation – personnelle ou métier –, la valeur ajoutée et les domaines de compétences ont été mieux pris en compte. « La présentation de l’entreprise n’est pas utile, a repris Raymond Leban, tandis qu’il était nécessaire de valoriser la présentation du métier, notamment le rôle de conseiller en gestion du patrimoine, indépendant ou non, et surtout, la valeur ajoutée pour le client via les domaines de compétences du professionnel. »

De la même façon, la démarche qui revient à s’interroger sur la façon dont vont travailler les CGP ou CGPI avec leurs clients a gagné en importance, ainsi que la qualité du questionnement client. « Elle doit s’apprécier en fonction de la situation de ce dernier », a insisté le président de la CGPC. Il s’agit surtout de poser les interrogations nécessaires à la détermination des objectifs et aux fondements de la solution. « Comment proposer par exemple un Perp si le sujet de la position client par rapport à l’aliénation du capital n’a pas été posé », a-t-il ajouté.

Le dimensionnement et la priorisation des besoins,  la synthèse des contraintes et des opportunités du diagnostic pour bien évaluer les moyens patrimoniaux dont disposent le client et le CGP ont également pris de l’importance.

Toujours en matière de nouveautés, on notera par ailleurs que l’UV4 Prévoyance-retraite-assurance vie a été rebaptisée Protection de la personne et de son patrimoine, tandis qu’une épreuve Déontologie et Réglementation a fait son apparition. De fait, les épreuves du Grand Prix ratissent large en portant sur l’environnement juridique du patrimoine (UV1), l’environnement fiscal du patrimoine (UV2), l’environnement économique et financier (UV3), la protection de la personne et de son patrimoine (UV4) et la réglementation et déontologie (UV5). A cet ensemble s’ajoutait une synthèse-diagnostic et conseil patrimonial global formant l’UV6.

En pratique, les cinq premières épreuves comportent 100 questions à choix multiples et sont affectées chacune d’un coefficient 1,5. Quant à la dernière unité de valeur qui porte sur un cas d’ingénierie patrimoniale, elle contribue à hauteur d’un coefficient porté à 2.

Reste à connaître les motivations des différents lauréats, à qui L’Agefi Actifs a tendu le micro au cours de la soirée pour recueillir leurs premières impressions. Sans s’être donné le mot, tous ont affiché une belle homogénéité dans leurs réponses.

Au-delà de la connaissance pure,  la certification souhaitée par leurs employeurs et voulu par eux-mêmes est une véritable reconnaissance auprès de leur clientèle. En cela, elle est de nature à accroître la confiance entre le professionnel et le client. « Et ce sentiment est essentiel dans nos métiers car notre rôle est aussi celui d’un accompagnement au long cours », a précisé l’un des récompensés. Une confiance qui se bâtit sur la connaissance donc, en élargissant cette dernière, en peaufinant un savoir, au carrefour de différentes approches, juridiques, économiques, fiscales, etc.

Cela dit, d’un intérêt évident, la certification n’en est pas moins une entreprise de longue haleine, de remise en cause et de sacrifices de tous ordres pour de nombreux candidats, comme beaucoup l’ont reconnu. Voilà qui en renforce la valeur et explique la grande satisfaction des récompensés, dont les efforts ont conduit à une belle reconnaissance dans le monde de l’ingénierie patrimoniale.