Un pour tous et tous pour un, mais le temps presse

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Nos vœux sont exaucés, en tout cas partiellement, ça bouge ! Après un été sans aucun panache du côté des annonces, c’est la Banque centrale européenne qui a osé donner le ton, c’est-à-dire en fait répondre aux attentes de dépassement d’elle-même que beaucoup espéraient, surtout face au comportement décomplexé de sa grande cousine américaine.

Elle a même été au-delà des espérances, seulement voilà : les taux d’intérêt sont au rez-de-chaussée, la plupart des budgets gouvernementaux au sous-sol et le moral des acteurs de l’économie au fond du puits. Tout magicien qu’il soit, Mario Draghi n’aura plus guère de poudre monétaire dans ses manches pour lustrer la croissance à l’avenir. C’est désormais aux gouvernements d’initier les réformes autant que faire se peut, aux banques de remplir leur rôle d’intermédiation et aux entreprises de créer le terreau de l’investissement et de l’emploi. Un pour tous et tous pour un, mais le temps presse !

Du côté de l’Exécutif français, les cartes, reconnaissons-le, sont rebattues à la vitesse grand Valls. Il ne lui suffisait pas de porter le dithyrambe aux chefs d’entreprises à l’université du Medef. L’initiative est venue d’un plan logement sur le mode : « quand le bâtiment va… ». Tout allait très mal, il est vrai, avec un déficit de mises en chantier préoccupant et des transactions dans l’existant en dégringolade. A titre d’anecdote, un professionnel de l’immobilier nous a narré sa version de la loi Duflot : « Pour vendre un 11,78 m2 dans le 15e arrondissement de Paris, il nous faut réunir 2,9 kg de documentations techniques, ni plus ni moins qu’un mois de perte d’efficacité économique… » Or, le plan de relance se concentre sur l’immobilier neuf, laissant toujours l’ancien dans la peine.

On attend désormais des précisions sur le pacte de responsabilité. Concernant les professions réglementées, la parenthèse Montebourg fermée ne clôt pas le dossier puisque le nouveau titulaire de l’économie, Emmanuel Macron, le maîtrise sur le bout des doigts, ayant été rapporteur de la commission Attali en 2007. Le bras de fer engagé entre Bercy et les notaires en dit long.

Ce que l’on attend aussi, c’est le respect de l’épargnant. Les Français sont toujours fourmis en chef dans ce domaine, mais comment faire autrement quand il n’y a que la précaution et l’inquiétude du lendemain qui servent de guide ?