Avocats

Un nouveau cabinet pour les intermédiaires

Morgane Hanvic et Cécile Taillepied ont créé leur cabinet d’avocats spécialisé dans le conseil aux intermédiaires
Elles considèrent la règlementation comme un atout pour les professionnels qui souhaitent se démarquer
Morgane Hanvic et Cécile Taillepied, co-fondatrices et avocates du cabinet Lexance Avocats

Avocates depuis une dizaine d’années et spécialisées dans les domaines de l’intermédiation et du droit des assurances, Morgane Hanvic et Cécile Taillepied ont créé en septembre 2018 leur propre cabinet, dénommé Lexance Avocats, à Paris à proximité de la gare Saint-Lazare. Elles interviennent aussi en droit de la construction et en droit immobilier. Agées respectivement de 38 et 37 ans, elles représentent « la jeune génération » des avocats, « dynamiques », avec un « dialogue décontracté ». Morgane Hanvic met également en avant le fait qu’elle est titulaire d’un MBA Assurances et Gestion de patrimoine à l’Ecole supérieure de gestion de Paris, ce qui lui permet de mieux appréhender les produits vendus par les CGP.

Evolution du métier. « Le métier de conseiller en gestion de patrimoine est de plus en plus réglementé. Il faut arriver à continuer à faire du chiffre tout en étant compliant. Nous sommes là pour aider nos clients à remplir ces exigences de conformité en les délestant de ce poids réglementaire », explique Morgane Hanvic. Leur accompagnement va de la rédaction d’actes pur (convention de co-courtage, mandat,…) à la mise en place de bonnes pratiques pour prévenir un contrôle des autorités, en passant par un travail d’audit. Pour autant, « la réglementation ne doit pas être considérée comme un frein, mais plutôt comme un atout », défend Morgane Hanvic, c’est-à-dire « un moyen de se valoriser pour les professionnels et de mieux protéger le consommateur ».

Devoir de conseil. Les obligations réglementaires se sont surtout précisées avec MIF2 et DDA. Et les avocates soulignent que certains acteurs « découvrent » souvent l’ampleur de la réglementation a posteriori. Ainsi, alors que DDA est entrée en application au 1er octobre, les deux jeunes femmes reçoivent encore « beaucoup de demandes de la part des acteurs de la place sur les nouveaux frais qui vont s’appliquer, pour revoir les politiques de rémunération ou encore les conventions de co-courtage ». Au plan contentieux, les principales difficultés concernent le manquement au devoir d’information et de conseil et le non-paiement de commissions. « Il y a une recrudescence des recours car les clients sont de plus en plus informés sur leurs droits » et n’hésitent plus à mettre en cause la personne qui leur a conseillé le produit.

Règlement à l’amiable. Les deux professionnelles ont aussi été formées pour pouvoir assister leurs clients en médiation. En effet, depuis 2015, des procédures de résolution amiable des litiges doivent être entreprises avant chaque procès (article 56 du Code de procédure civile). Et la médiation, qui ne peut être engagée que si les deux parties sont d’accord ou à la demande du juge, « fonctionne plutôt bien », selon Cécile Taillepied. Ainsi, dans leur cabinet, environ la moitié des affaires se règlent à l’amiable, dont 10 à 15 % via une médiation. L’arbitrage concerne en revanche les dossiers d’une importance financière certaine, et uniquement si une clause d’arbitrage figure dans le contrat. Les deux avocates donnent aussi des formations sur des sujets divers (lutte anti-blanchiment, DDA, MIF2,…) pour un organisme de formation spécialisé, et pour des sociétés qui en font la demande en interne.