Grand Prix du Patrimoine Experts Certifiés 2016

Un millésime atypique et des podiums très resserrés

Le partenariat avec l'association des Conseils en gestion de patrimoine certifiés permet de délivrer le palmarès de notre Grand prix pour la douzième fois
On retiendra pour cette édition un relatif faible nombre de candidats, la forte présence d'un assureur et un taux de réussite plus faible que d'habitude
Photos : S.Tatinclaux, La lauréate 2016, Hélène Saint German, en présence du président de l’association CGPC, Raymond Leban

Ce Grand Prix du Patrimoine Experts Certifiés se fonde sur une double conviction : le meilleur service adressé à une clientèle haut de gamme passe par une approche patrimoniale globale dont l’interprofessionnalité est, bien souvent, le meilleur garant. C’est pourquoi, depuis maintenant douze ans, L’Agefi Actifs a établi un partenariat avec l’association des Conseils en gestion de patrimoine certifiés (CGPC) qui est la seule instance en France à proposer un examen national reposant sur ces deux axes majeurs.

Rappelons que la CGPC est l’un des 26 membres du mouvement du « Certified financial planning » d’origine américaine, qui essaime à travers le monde près de 160.000 conseillers adhérant à une charte bien spécifique (lire l’encadré sur la certification en chiffre). L’émanation française date de 1998 et répond aux exigences de l’approche globale, visant au premier chef au respect et à la satisfaction du client.

Sur ces bases, l’examen servant de base au palmarès du Grand prix évolue et s’enrichit régulièrement pour répondre à l’air du temps.

Certification, normalisation et diplôme.

Les candidats engagés sur cette voie doivent pendant plusieurs mois accepter bien des sacrifices pour allier vie familiale, quotidien professionnel et, inévitablement, reprise des études. A la clé, ils reçoivent potentiellement une triple récompense. La première consiste bien sûr en l’obtention de la certification garante de leur niveau de compétences transversales.

Depuis désormais six ans, si le nouveau certifié s’y engage, il a de plus une porte ouverte sur la normalisation ISO 22222 dédiée à la gestion de patrimoine, celle-ci impliquant une formation continue plus poussée et régulière. Sur les quelque 2.500 certifiés à ce jour, dont 1.751 restent en activité, ils sont  précisément 1.053 à avoir accepté cet engagement moyennant un indéniable « plus » en termes d’image.

Et, bien sûr, au travers de notre partenariat, les meilleurs candidats obtiennent depuis désormais douze ans la consécration liée aux diplômes attribués lors du Grand Prix du Patrimoine.

Les assureurs prédominent.

Comme lors de la précédente édition, cette promotion se situe quantitativement en dessous de la moyenne constatée au fil du temps en nombre de candidats. 187 se sont engagés aux épreuves lors des deux sessions en mars et en septembre. Ils représentent très majoritairement, et c’est là une constante, les compagnies d’assurances. Le monde bancaire continue à privilégier des filières internes. Quant aux autres représentants du conseil patrimonial, ils sont issus de sociétés de gestion de portefeuille, défendent les couleurs du conseil indépendant ou celles du droit et du chiffre.

Cinq épreuves écrites.

Ces postulants se sont vu proposer cinq épreuves théoriques dans le centre d’examen de Paris pour la partie écrite et, en plus, à Marseille, Lyon, Bordeaux et Rennes pour les oraux :

1- Environnement juridique du patrimoine

2- Environnement fiscal du patrimoine

3- Environnement économique et financier du patrimoine

4- Prévoyance-Retraite-Assurance vie

Ces unités de valeur techniques comportent 100 questions à choix multiples. Elles sont d’une durée de deux heures et sont affectées d’un coefficient 1,5.

5- La cinquième et dernière composante intitulée « Synthèse et diagnostic patrimonial global » dure quatre heures et détaille un cas d’ingénierie patrimoniale, portant cette année sur un profil de créateur d’entreprise choisissant de réorienter sa carrière. Elle donne lieu à des questions ouvertes contribuant à hauteur d’un coefficient 2 en raison de l’analyse transversale exigée sur les registres juridiques, fiscaux et financiers (lire la copie du lauréat en p. 15).

Le détail des épreuves et l’accès aux annales sont disponibles sur le site www.cgpc.fr.

La dimension commerciale mesurée à l’oral.

L’examen s’est enrichi depuis quatre ans d’une épreuve orale, les organisateurs ayant souhaité ajouter une dimension essentielle dans la pratique des métiers du conseil : l’appréhension de la situation et le contact auprès d’un prospect-client. A raison de trois par jury, praticiens et universitaires simulent la rencontre avec ce dernier, dans le prolongement de l’épreuve de synthèse. Cet oral compte pour un coefficient 1.

Enrichissements.

A l’instar de l’oral devenu indispensable, l’examen de certification va poursuivre sa mutation correspondant aux exigences du métier (lire l’entretien avec Raymond Leban, p.12). Dès la prochaine session, l’unité de valeur « Prévoyance-Retraite-Assurance vie » va être ré-intitulée « Protection de la personne et de son patrimoine ». Et surtout, des notions juridiques et fiscales internationales vont être introduites dans les quatre épreuves techniques, de même qu’une épreuve supplémentaire sera exigée sur un thème majeur : « Déontologie et Réglementation ».

Un palmarès 2016 dense.

Le jury chargé du choix des sujets et des corrections est placé depuis l’origine sous la responsabilité du professeur Raymond Leban, président du jury de l’examen national, directeur du Cnam et désormais président de CGPC.

Sachant que l’obtention, par unités de valeur ou globale pour les candidats ayant passé l’ensemble de l’examen, exige une note au moins égale à 12 sur 20, c’est sur le fondement de leurs délibérations qu’ont été sélectionnées les meilleures copies, et qu’a donc été déterminé le palmarès du Grand Prix du Patrimoine Experts Certifiés.

Sur l’ensemble de la promotion, le taux de réussite a été sensiblement inférieur à ce qui est habituellement constaté avec 44,4 % des candidats reçus. Mais au travers des trois certifications spécialisées lancées l’an passé, des succès complémentaires ont été enregistrés au titre du « Conseil  financier » (28 certifiés), du « Conseil en protection sociale » (19) et du « Conseil en investissement immobilier » (5).

Concernant le classement général, le palmarès se révèle très serré. Les trois meilleurs de chaque unité de valeur se sont vu attribuer des prix spéciaux, mais à plusieurs reprises ont été validées des égalités de points. Quant aux lauréats du Grand prix général correspondant aux plus fortes moyennes d’ensemble, ils ont dû également être départagés sur le fil (lire les encadrés).

Remise des prix.

C’est la Maison des arts et métiers de l’avenue d’Iéna à Paris qui a de nouveau accueilli la soirée de remise des prix, le 26 janvier. Dans ce cadre imposant, une centaine de praticiens du conseil patrimonial sont venus saluer les vainqueurs de la nouvelle promotion. Les diplômes du Grand prix leur ont été remis par les responsables des fidèles partenaires de l’événement : Allianz, Le Conservateur, GAN Patrimoine et Harvest.

Raymond Leban a ouvert la cérémonie en félicitant les récipiendaires pour la somme d’efforts consentis. Il a mis en exergue les évolutions à venir pour parfaire encore la certification (lire p.12) : « Nous continuerons de tout faire pour améliorer le conseil en direction du consommateur-épargnant, ce qui est le cœur de notre mission. » Un message relayé à distance par un intervenant de prestige, Noël May, président du Financial Planning Standards Boards (FPBS), qui a tenu à congratuler l’ensemble des lauréats via une vidéo enregistrée aux Etats-Unis.

Le directeur du réseau Allianz Expertise et Conseil, Didier Etard, n’a pu qu’exprimer un immense satisfecit, les candidats maison ayant réalisé une véritable razzia dans ce palmarès : « Engagés depuis l’origine, nous avons désormais plus de 850 certifiés et nous sommes fiers pour eux et pour nous. C’est un effort réciproque qui est ainsi récompensé. »

Autre soutien de longue date, Brice Pineau, coprésident de Harvest, s’est plus à évoquer son activité dans les logiciels dédiés depuis 27 ans en la mettant en perspective de la mode des fintechs et autres robo-advisors, soulignant de son point de vue « l’accompagnement des professionnels par des équipes spécialisées du groupe, versées elles aussi dans la fonction de conseil, une fonction qui perdurera à n’en pas douter… »

Parlant au nom du Conservateur, Thibault Cossenet, directeur de la gestion financière, a insisté de son côté, évoquant certains pans de la certification, sur « les exigences induites par la finance » et, à son tour, sur « le rôle éminent du conseil s’agissant particulièrement de la protection sociale ».

Enfin, la représentante de GAN Patrimoine, Sophie Britis, responsable de la formation et des outils commerciaux, a, par la bouche de Confucius, exprimé un joli clin d’œil à la promotion 2016 dans son devenir : « Il ne faut pas chercher la connaissance par les réponses, mais comprendre les questions »…