Un courtier en ligne low cost arrive en France

Le néerlandais Degiro ouvre en France une plate-forme de trading en ligne très complète destinée aux particuliers avec un positionnement agressif sur les prix

A l’origine destinée aux institutionnels lors de sa création en 2008 par cinq anciens collaborateurs de Bink, puis ouverte en 2013 aux investisseurs particuliers, la plate-forme néerlandaise de trading Degiro arrive en France et a bien l’intention de bouleverser le paysage hexagonal – puis européen - des brokers en ligne. Pour cela, la société mise sur un positionnement tarifaire très agressif sur la plupart des marchés internationaux, sur les actions mais aussi les contrats futures, les CFD, certaines obligations ou encore les ETF.

Degiro n’hésite d’ailleurs pas à se qualifier de « free » des courtiers en ligne, en référence à l’opérateur internet français. « Nous avons décidé d’appliquer la tarification institutionnelle aux clients particuliers, et ce sans aucun minimum d’investissement », explique Gijs Nagel, le directeur de Degiro. Même si la mise à disposition des informations de cotation en direct sur les différentes places internationales a un coût pour le courtier, ce dernier tient à ce que  toute personne puisse essayer le service avec le moins de contraintes possible. Il compte ainsi capter les investisseurs particuliers « actifs » pourtant déjà très courtisés par les brokers en ligne installés.

Mais l’argument du prix semble porter ses fruits car moins d’un an après son lancement sur la cible des particuliers, le coutier déclare être devenu le deuxième opérateur sur ce segment de clientèle aux Pays-Bas. « La réglementation nous permet d’être présents partout en Europe depuis notre lieu de résidence, aux Pays-Bas. C’est ce qui a rendu possible notre développement d’abord en Belgique, puis aujourd’hui en France et dans d’autres pays d’Europe », continue Gijs Nagel. Ainsi, cinq personnes - sur un total d’une centaine que compte la structure – seront chargées de répondre aux demandes des clients français. Mais le positionnement de Degiro est clair : « Nous ne proposons aucun conseil, nous sommes juste une plate-forme de passage d’ordre », précise son directeur général. La structure n’est d’ailleurs pas teneur de compte et les liquidités sont déposées dans un fonds monétaire – utilisable avec la même flexibilité qu’un compte espèce ordinaire – géré par une filiale d’ABN Amro.

Degiro espère réussir à s’implanter en France même si le nombre d’investisseur individuel actifs reste faible (environ 460.000, selon une étude réalisée en 2013 par Investment Trends). Il estime d’ailleurs qu’à partir de 2.000 investisseurs actifs sur sa plate-forme française, celle-ci pourrait être rentable – même si son objectif est d’arriver au moins à vingt-cinq fois ce chiffre, soit 50.000 à 100.000 clients d’ici 2015. Dans un second temps seulement, si elle réussit à s’implanter en Europe continentale, la société examinera le marché britannique, beaucoup plus important que la France, mais aussi beaucoup plus concurrentiel.