Un coup de balai est à prévoir au conseil d’administration de Credit Suisse

Plusieurs actionnaires voteront contre la réélection de certains administrateurs. António Horta-Osório, qui deviendra président, devra faire avec.
(Bloomberg)

Les actionnaires de Credit Suisse veulent faire tomber des têtes. Et pas seulement celles de seconds couteaux. Après les affaires Greensill et Archegos qui ont touché la banque, son assemblée générale, qui se tiendra le vendredi 30 avril, devrait voir certaines des résolutions de la banque retoquées.

Le gérant américain affilié de Natixis Harris Associate, qui détient plus de 10% de Credit Suisse, a indiqué qu’il voterait contre la réélection d’Andreas Gottschling, président du comité des risques de la banque depuis 2018. Dans une interview au Financial Times, David Herro, vice-président de Harris Associate, a estimé non seulement qu’il fallait voter contre le maintien d’Andreas Gottschling, mais a aussi déclaré être «surpris qu’à la lumière des récents événements, il n’ait pas encore démissionné». Idem pour la fondation Ethos, qui regroupe plus de 200 institutionnels qui détiennent entre 3 et 5% du capital de Credit Suisse.

NBIM veut sortir le comité des risques

Le fonds souverain norvégien NBIM géré par la Banque centrale de Norvège (Norges Bank) a dévoilé sur son site que lui aussi voterait contre la confirmation d’Andreas Gottschling dans son rôle. Mi-avril, la société de conseil en votes Glass Lewis s’était positionnée en défaveur de la réélection d’Andreas Gottschling.

La Norges Bank va encore plus loin car elle s’opposera aussi à la réélection au conseil d’administration de tous les membres du comité des risques, à savoir Michael Klein, Shan Li, Seraina Macia, Richard Meddings, et Severin Schwan.

Départ d’Urs Rohner

L’avenir d’Urs Rohner, le président de Credit Suisse est quant à lui déjà scellé puisque celui-ci laissera dans trois jours la place à António Horta-Osório, l’ancien directeur de Lloyds. Ce ne sont cependant pas les affaires qui ont forcé le controversé Urs Rohner à démissionner, mais l’échéance de son mandat. Les administrateurs de la banque doivent en effet quitter leur fonction – à laquelle ils sont reconduits par un vote en assemblée générale tous les ans – au bout de douze ans. Ils peuvent, le cas échéant se voir prolongés de trois ans, mais dans ce cas précis, le président encore en place n’a pas sollicité de délai supplémentaire.

Ces dernières semaines, plusieurs fusibles de la banque ont déjà sauté. En mars, des responsable de la gestion d'actifs avaient été mis à pied. Puis, mi-avril, la chaîne de responsabilité est montée d’un cran avec l’éviction de Lara Warner, la directrice des risques, et Brian Chin, le directeur de la banque d’investissement. Le départ d’un ou plusieurs administrateurs devrait maintenant calmer les actionnaires.