Événement

Un colloque sur la fin de vie du majeur protégé

De l’hospitalisation au règlement de la succession, quelles difficultés la personne fragilisée rencontre-t-elle à la fin de sa vie
L’aspect patrimonial, médical et sociologique sera étudié le 10 avril prochain lors d’un colloque du cabinet La Curatélaire
Olivier Chomono, directeur associé, La Curatélaire
Olivier Chomono, directeur associé, La Curatélaire

L’Agefi Actifs. - En tant que conseiller en gestion de patrimoine, pourquoi organisez-vous un colloque sur la fin de vie des majeurs protégés ?

Olivier Chomono. - La Curatélaire (1) est un cabinet de conseil associatif consacré à la protection du patrimoine de la personne vulnérable. Parmi les personnes fragilisées par le grand âge, la maladie ou le handicap, les majeurs en tutelle ou en curatelle représentent en  France une population de près de 900.000 individus.

La gestion du patrimoine d’autrui est un exercice délicat lorsque la personne n’est pas en mesure d’exprimer sa volonté. Pourtant, la bonne allocation des actifs patrimoniaux est essentielle à la réalisation d’un projet de vie, qu’il s’agisse de solutions de maintien à domicile, de séjour dans un établissement adapté, du financement de soins ou de la concrétisation d’un projet personnel.

La gestion des situations de vulnérabilité est bien souvent une question d’anticipation. Ce colloque interprofessionnel (2), présidé par le professeur Nathalie Peterka, traite de l’approche spécifique de la fin de vie des majeurs protégés sous un angle sociologique, médical et juridique, depuis l’hospitalisation jusqu’au règlement de la succession. Nous allons tenter ensemble de mieux comprendre les difficultés que peut rencontrer la personne fragilisée en fin de vie afin que chaque professionnel puisse adapter  son conseil et ses comportements en conséquence.

Quels sujets allez-vous aborder ?

- Notre colloque est organisé autour de six tables rondes qui traitent chronologiquement des sujets à partir des derniers moments de la vie jusqu’aux conséquences patrimoniales du décès du majeur protégé.

Nous abordons les sujets du financement de la dépendance, de l’utilisation des contrats d’épargne handicap et de rente survie, de la restructuration du mode de détention du patrimoine, des techniques de transmission, du recours à la philanthropie, de l’organisation et du financement des obsèques, et de la bonne utilisation du mandat de protection future.

Nous nous intéressons enfin au sort des stratégies patrimoniales engagées et aux  pouvoirs et domaines d’intervention du tuteur à l’extinction de la mesure de protection juridique.

A quels professionnels la manifestation s’adresse-t-elle ?

- Notre colloque accueille 200 professionnels du secteur médical, social, juridique et financier.

La première profession intéressée est celle des mandataires judiciaires à la protection des majeurs qui fait régulièrement appel aux conseillers en gestion de patrimoine (CGP) spécialisés pour identifier les stratégies et produits de placement adaptés aux personnes en tutelle ou en curatelle. Les notaires, les avocats, les family officers et les CGP sont les premiers conseillers des familles lorsqu’elles assument la protection d’un de leurs membres. Le droit des incapacités est une matière à multiples facettes qui nécessite l’acquisition de compétences juridiques élargies face à la diversité des situations rencontrées. La réunion de professions médicales, sociales, juridiques et financières autour d’un même thème permet à chaque praticien d’enrichir son approche dans l’intérêt de la personne vulnérable et de ses proches.

 

(1) Lire le dossier de L’Agefi Actifs n° 604, p. 14 avec l’entretien d’Olivier Chomono : « Nous sommes des spécialistes travaillant en interprofessionnalité » (sur www.agefiactifs.com).

(2) www.la-curatelaire.org.