Un coach financier pour l’épargne salariale

Filib’ tisse des partenariats avec entreprises et acteurs pour autonomiser les salariés sur leur allocation.

Créée en 2019, la plateforme de services d’accompagnement aux épargnants salariés Filib’ a profité à plein de la loi Pacte. La réforme avait renforcé l’information des salariés prévue par le plan d’épargne entreprise : celui-ci doit non plus seulement déterminer les conditions dans lesquelles les bénéficiaires sont informés de l’existence d’un plan et de son contenu, mais également prévoir les conditions de mise en œuvre d’une aide à la décision. C’est précisément ainsi que se présente la start-up de coaching financier, qui considère que ces dispositifs sont «méconnus» et «mal utilisés» par les bénéficiaires.

Une aide à la décision…

Filib’ propose des téléconsultations individuelles avec des experts de l’épargne financière indépendants formés aux caractéristiques du dispositif d’épargne de l’entreprise qui s’appuient sur des outils natifs. «Nous les aidons à choisir le type de gestion qu’ils souhaitent, à calculer un détail fiscal, nous générons un compte rendu en fonction de leurs objectifs et de leur allocation», égrène Nicolas Schimel, cofondateur et président de Filib’. Toute ressemblance avec un métier bien connu de nos lecteurs serait fortuite, il s’agit bien d’aide à la décision au sens de la loi Pacte et non de conseil financier au sens de Mif II. «Nous ne sommes pas un Conseiller en investissement financier (CIF), précise Nicolas Schimel. Expliquer la fiscalité du PEE, l’abondement, le long terme, faire un profil d’investisseur sans préconisations ne relève pas des prérogatives du CIF. C’est une aide sur l’environnement réglementaire mais pas à la sélection d’un fonds.» En clair, Filib’ peut donner la répartition d’une allocation cible par type d’investissement pour définir un profil, mais pas entre différents fonds. L’expert peut discuter avec le salarié de l’intérêt de conserver son allocation actuelle, mais pas lui conseiller un investissement spécifique. A charge pour l’épargnant - après avoir bénéficié des lumières du coach financier - de parcourir la fin du chemin, armé de son tableau récapitulant la corrélation entre rendement et risque, la perte et l’espérance de gain maximum en fonction de ses choix. «On apporte un cheminement, conclusif ou non, pour que la personne transforme sa question en solution, résume Nicolas Schimel. L’idée n’est pas de remplacer le CIF mais de responsabiliser le salarié épargnant et de le rendre plus autonome.»

… Pour des salariés déjà sensibilisés

D’après les chiffres de Filib’, 84 % des salariés déclarent avoir une meilleure visione de leurs avantages post-coaching et 89 % que le service a un impact significatif sur leur expérience collaborateur. Des chiffres qui comportent un biais, puisque les séances nécessitent une prise de rendez-vous façon Doctolib. Elles s’adressent donc à des salariés déjà sensibilisés sur l’intérêt de placer en fonction de leur profils et objectifs. Par ailleurs, le profil ne souffre pas d’adaptativité en fonction du patrimoine de la personne, Filib’ n’ayant pas accès à ces données.

La fintech peut se targuer d’accompagner 200.000 bénéficiaires dans la quarantaine d’entreprise partenaires en direct ou via un assureur partenaire. Un marché qui concerne bien les grandes entreprises plutôt que celles de taille moyenne, où l’épargne salariale peine à se frayer un chemin malgré les incitations de la loi Pacte. «Il y avait auparavant un oligopole de l’épargne salariale avec une poignée d’acteurs identifiées dont deux poids lourds, Amundi et Natixis, indique Nicolas Schimel. Même chose sur l’épargne retraite avec des acteurs différents. Comme l’épargne retraite a rejoint l’épargne salarial depuis la loi Pacte, la taille du marché a doublé, intensifiant la concurrence.» Et les perspectives de développement.