Un acteur crypto italien orienté gamification débarque en France

Young Platform, qui revendique un million d'utilisateurs en Italie, cible un public jeune à qui il distribue gratuitement son token pour l'amener sur sa plateforme d'exchange.
(Pexels - Rodnae Productions)

Une autre façon d'aborder les cryptomonnaies. La start-up italienne Young Platform, fondée en 2018 par six étudiants turinois, veut exporter son modèle tourné vers la gamification en France. 

Avec son million d'utilisateurs et son volume de transactions de 200 millions d'euros fin 2021, Young Platform est convaincu d'avoir les atouts nécessaires pour adresser le marché français. «L'intérêt pour ces thématiques est 40% plus fort qu'en Italie, mais le marché français est très BtoB et n'adresse pas notre cible» avance Ambroise Helaine, responsable international France de Young Platform.  

Un plan en trois étapes

Cette cible, ce sont les 18-25 ans que Young Platform veut draguer grâce à un processus en trois étapes sur son ecosystème d'applications : 

- l'application Young Platform Step, permet d'inonder ses utilisateurs de son utility token, le YNG. Ils peuvent en obtenir grâce à des quizz sur les cryptoactifs ou tout simplement en marchant après avoir connecté leur podomètre à l'application. Une fois à l'aise, les utilisateurs peuvent s'essayer fictivement à la volatilité des marchés en tentant des prédictions sur l'évolution d'une cryptomonnaie. Si celle-ci s'avère bonne, ils sont là encore récompensés en YNG. Une façon de mettre le pied à l'étrier et de comprendre les concepts clés des cryptomonnaies sans risque.

- Young Platform est la plateforme d'exchange de la fintech, qui recense une quarantaine de cryptomonnaies qu'il est possible de vendre ou de convertir en YNG. Le cours de YNG - déployée sur la plateforme d'exchange depuis un peu plus d'une semaine - suit actuellement une tendance baissière mais anticipée, d'après Ambroise Helaine. «Le YNG a été introduit il y a 4 ans, les premiers utilisateurs de l'application veulent réaliser leurs investissements, affirme-t-il. C'est par ailleurs une période de volatilité du marché qui répercute une volatilité induite mais sans niveaux excessifs par rapport à d’autres cryptomonnaies comme l’Ethereum, qui a perdu les deux tiers de sa valeur. Nous surperformons toujours le marché.»

- Young Platforme Pro est l'option professionnalisante de la fintech, qui donne accès à un plus grand panel de cryptommonnaies et à des outils qui opèrent la transition des positions long termes au trading intraday.

Grâce à ce tryptique, Young Platforme veut faire tomber progressivement les réticences de son jeune public cible en peine d'éducation financière. «Les cryptoactifs sont encore un domaine réservé à une communauté restreinte, estime Ambroise Helaine. Le fossé, pour faciliter l'adoption, n'est pas technologique mais éducationnel car les concepts sont complexes et développés par un petit nombre de personnes qui disposent de cette capacité technique.»

Une levée de fonds pour favoriser le déploiement en France

Après une première levée de fonds seed en juin 2021 de 3,5 millions d'euros, la start-up a réalisé sa deuxième en série A de 16 millions d'euros, qui sera investie à 25% dans son déploiement en France. La société de gestion italienne Azimut a été le plus gros contributeur en apportant 11 millions d'euros. Si la France est la priorité actuelle de Young Platform, la fintech envisage déjà de s'étendre dans d'autres pays. Elle compte sur l'assise de ses investisseurs institutionnels pour renforcer sa solidité face aux acteurs qui se lancent sur la simple promesse d'utilité d'un token.

Young Plateform revendique pour le moment 100.000 bêta-testeurs en France. La partie exchange n'est pas encore disponible puisque la fintech est en train de s'enregistrer en tant que prestataire de services sur actifs numériques (Psan) auprès de l'AMF. Un processus obligatoire mais aussi une manière de préparer l'après au regard du rayonnement des standards de l'AMF dans les autres pays européens. 

La start-up n'a pas rencontré les difficultés d'accès aux services bancaires dont font habituellement part les Psan qui s'implantent en France. Elle a en effet eu recours aux services de la banque Delubac & Cie, qui s'est elle-même récemment enregistrée en tant que Psan.