Tous différents mais tous ensemble

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Nous avons vécu une rencontre de la France avec elle-même, un moment inoubliable. Cette rencontre s’est évidemment déroulée le dimanche 11 janvier sur les pavés parisiens, les artères de toutes les villes de France et les places de nos villages. Un hommage ému et vibrant à la fois en mémoire de nos confrères de Charlie Hebdo assumant leur liberté, des policiers assumant leur devoir, des concitoyens de confession juive assumant le simple fait d’être eux-mêmes, tous assassinés dans l’ignominie, la barbarie  et la plus révoltante lâcheté. Cette communion, cet élan de dignité et de fierté fait partie du patrimoine d’un  peuple, celui qui inspire le respect lorsque comme un seul homme, il s’exprime par millions aux yeux de l’Histoire et du reste du monde. Nous avions, dès le jour de la tuerie, le 7 janvier, exprimé notre profonde solidarité vis-à-vis des proches sur notre site. Aujourd’hui, dans ces colonnes, nous tenons à le répéter : « Nous sommes Charlie ».

Il est bien entendu difficile de revenir à l’ordre commun des choses mais à notre niveau, et non sans un peu de fierté aussi, nous initions le 30 janvier pour la troisième fois un rassemblement de haute tenue : les Rencontres interprofessionnelles du Patrimoine. Elles ont été bâties sur la foi d’une conviction qui accompagne la vie de ce journal depuis son origine, conviction selon laquelle les croisements d’expertises et d’expériences fondent le meilleur du conseil patrimonial. L’adhésion de beaucoup d’entre vous en 2013 nous a confortés avant que, lors de la deuxième édition, cette approche trouve des racines au travers de la parution annoncée d’un décret sur les structures capitalistiques communes entre les professions du chiffre et du droit (les SPFPL).

En cet An III des Rencontres interprofessionnelles, c’est à un véritable feu d’artifice d’initiatives venant des pouvoirs publics et visant à la convergence que l’on a assisté. La principale prend corps dans le projet de loi Macron en plein processus parlementaire au moment où paraît ce numéro. Nous en détaillons le dispositif (lire pp. 8 à 11), lui qui veut faire bouger les lignes des professions réglementées dans le sens de l’ouverture avec les fortes oppositions que l’on sait. Quels qu’en soient le degré et la forme et pour vous avoir rassemblés également à Strasbourg, Lyon, Nantes et Marseille ces derniers mois, notre conviction ne peut que se renforcer : l’interprofessionnalité progresse inéluctablement.