Gestion privée

Tiepolo veut développer sa gestion pour compte de tiers

La société de gestion gère toujours majoritairement pour ses clients privés
Elle compte aujourd’hui sur une clientèle tierce, grands distributeurs et institutionnels
DR, Dominique Villeroy de Galhau, cofondateur et directeur général, et Jean-Marie Féron, partenaire indépendant chargé de la commercialisation de la gestion collective, La Financière Tiepolo

Le modèle fonctionne. Un nouveau palier vient d’être franchi par La Financière Tiepolo qui, au bout de dix ans d’existence, a dépassé le milliard d’euros d’encours sous gestion. Sans bousculer ses codes, elle estime qu’elle a atteint aujourd’hui la taille critique lui permettant d’aller chercher de nouveaux clients distributeurs ou institutionnels.

Modèle classique.

Détenue à 100 % par ses associés fondateurs, la société de gestion a grandi en développant sa propre clientèle (environ 1.800 familles ou foyers fiscaux), parfois en accueillant chez elle des banquiers privés issus d’autres structures. Ainsi, Benoît de Moulins, anciennement chez Edmond de Rothschild puis chez Pictet, et, tout récemment, Bertrand Gauthier, auparavant chez Neuflize, ont rejoint la société cette année.

Alors que de nombreuses sociétés de gestion privée ou de banques privées adoptent aujourd’hui un modèle où les banquiers privés s’occupent de la relation client mais ne gèrent pas les fonds, Tiépolo reste attaché à un schéma plus traditionnel. « C’est un modèle très précis qui est proposé à nos clients et auquel ils sont de plus en plus attachés. Ils veulent que les gérants privés avec qui ils sont en contact gèrent aussi leurs portefeuilles », précise Dominique Villeroy de Galhau, cofondateur et directeur général de la société. Cela explique pourquoi la majorité des encours de Tiepolo est constituée de mandats, à 75 % sur des titres vifs.

Spécialisation.

Même si les banquiers sont aussi gérants, cela n’empêche pas que, depuis sa création, la société s’est concentrée sur deux thématiques particulières, que l’on retrouve dans plusieurs des quatre OPCVM qu’elle gère : les valeurs de rendement et les valeurs familiales. « Depuis longtemps, nous estimons que les valeurs offrant un rendement soutenable, en croissance, dont l’endettement est maîtrisé et qui génèrent des flux de trésorerie utilisés pour investir et rémunérer l’actionnaire ont un avantage sur les autres sur le long terme », explique Dominique Villeroy de Galhau. De la même manière, « les valeurs possédées ou dirigées principalement par des actionnaires familiaux et qui présentent des approches patrimoniales sur le long terme sont toujours créatrices de valeur sur la durée », continue le professionnel.

Même si les fonds phares sur ces deux stratégies – Tiepolo Rendement, comme son nom l’indique, sur les valeurs de rendement, et Tiepolo Valeur, sur les valeurs françaises familiales – ne totalisent chacun qu’une centaine de millions d’euros d’encours, ils disposent aujourd’hui d’un historique de performance permettant au gestionnaire de les commercialiser un peu plus activement que cela n’a été le cas jusqu’alors.

Ouverture.

Aujourd’hui, le gestionnaire estime qu’il est temps d’élargir son champ de clients traditionnels. Si quelques institutionnels ou distributeurs investissent dans les fonds de Tiepolo ou les intègrent dans leur offre (le gestionnaire est d’ailleurs référencé dans certains contrats d’assurance vie), ces cibles de clientèle n’ont pas encore été clairement démarchées. Pour cela, la société a fait appel à Jean-Marie Féron qui était, jusqu’à il y a peu, directeur général délégué de Barclays Wealth Managers France et qui aujourd’hui officie en tant que partenaire externe indépendant chargé de la commercialisation de la gestion collective de La Financière Tiepolo. Il va concentrer ses efforts, dans les prochains mois, en premier lieu sur les banques privées, les family offices, les multigérants et les sélectionneurs de fonds.

Par ailleurs, Jean-Marie Féron contactera les institutionnels comme les caisses de retraite indépendantes, les mutuelles ou encore les organismes sans but lucratif pour leur proposer la gamme d’OPCVM de Tiepolo. « Aujourd’hui, les spécificités de la gamme de Tiépolo sont bien identifiées par les investisseurs et correspondent au besoin de diversification de certains institutionnels ou distributeurs », estime Jean-Marie Féron.