Statistiques

Stabilité patrimoniale

L'Insee publie une étude sur les revenus et le patrimoine des ménages à partir de données datant de 2015
Cette radiographie confirme les efforts entrepris par les ménages les plus aisés pour se diversifier
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Les 10 % de ménages les mieux dotés en patrimoine (en France hors Mayotte) concentrent près de la moitié du patrimoine brut de l’ensemble des ménages (47 %) : c'est un des enseignements de l'étude de l'Insee publiée le 5 juin 2018 portant sur des données 2015. Leur patrimoine financier est encore plus concentré puisque cette population cible des CGP en possède 68 %.  

Disparités de patrimoineCependant, les disparités restent importantes entre ces ménages privilégiés. Au‑dessus du dernier décile de revenus, ils détiennent en moyenne 1,25 million d’euros de patrimoine brut, mais les 10 % des ménages les moins bien favorisés parmi eux possèdent en moyenne 615.500 euros, contre 4,1 millions pour les 1 % des ménages les mieux dotés. Le patrimoine de ces derniers est constitué à 29 % seulement de biens immobiliers, alors que cette composante est dominante à 70 %, pour les ménages dont le patrimoine est compris entre 128.500 et 463.800. 

Pluralité de revenus. Ces ménages savent mieux diversifier leurs sources de revenus. Ils choisissent davantage les produits financiers (35 % de leur masse de patrimoine détenue). Par exemple, s'agissant des valeurs mobilières : 92 % d'entre eux en déclarent pour un montant moyen de 36.470 euros, alors que sur l'ensemble de la population, 49 % des ménages en possèdent pour un montant moyen de 1.620 euros. Ils sont aussi 24 % à détenir des entreprises, un taux deux fois plus élevé que pour les autres catégories de population. Au total, ces 1 % de personnes aux plus hauts revenus perçoivent en moyenne 176.990 euros par unité de consommation, avant paiement des impôts directs et perception des prestations sociales, soit sept fois plus que l’ensemble de la population. Là encore, « une très grande dispersion » est observée avec des rémunérations pouvant aller de 106.210 euros par UC à près de 200 fois plus pour cette catégorie.  

Baisse des revenus déclarés. Ils gagnent un peu moins de 7 % de la masse totale des revenus. Pour autant, si la part de leur revenu déclaré a augmenté de 2004 à 2007 (passant de 6,3 à 6,9 %), puis s’est stabilisée autour de 7 %, elle a reculé à partir de 2013 (6,4 %). Cette diminution « peut s’expliquer par des taux d’intérêt faibles sur les placements financiers sur cette période », note Julie Labarthe, chef de division à l’Insee, tout en précisant que les sources utilisées ont été modifiées depuis 2012 (1). La baisse

Les 10 % de ménages les mieux dotés en patrimoine (en France hors Mayotte) concentrent près de la moitié du patrimoine brut de l’ensemble des ménages (47 %) : c'est l’un des enseignements de l'étude de l'Insee publiée le 5 juin 2018 portant sur des données 2015. Leur patrimoine financier est encore plus concentré puisque cette population cible des CGP en possède 68 %.

Disparités de patrimoine. Cependant, les disparités restent importantes entre ces ménages privilégiés. Au-dessus du dernier décile de revenus, ils détiennent en moyenne 1,25 million d’euros de patrimoine brut, mais les 10 % des ménages les moins bien favorisés parmi eux possèdent en moyenne 615.500 euros, contre 4,1 millions pour les 1 % des ménages les mieux dotés.
Le patrimoine de ces derniers est constitué à 29 % seulement de biens immobiliers, alors que cette composante est dominante à 70 % pour les ménages dont le patrimoine est compris entre 128.500 et 463.800 euros.

Pluralité de revenus. Ces ménages savent mieux diversifier leurs sources de revenus. Ils choisissent davantage les produits financiers (35 % de leur masse patrimoniale). Par exemple, s'agissant des valeurs mobilières, 92 % d'entre eux en déclarent pour un montant moyen de 36.470 euros, alors que sur l'ensemble de la population, 49 % des ménages en possèdent en moyenne 1.620 euros. Ils sont aussi 24 % à détenir des entreprises, un taux deux fois plus élevé que pour les autres catégories de population. Au total, ces 1 % de personnes aux plus hauts revenus perçoivent en moyenne 176.990 euros par unité de consommation, avant paiement des impôts directs et perception des prestations sociales, soit sept fois plus que l’ensemble de la population. Là encore, « une très grande dispersion » est observée avec des rémunérations pouvant aller de 106.210 euros par UC à près de 200 fois plus pour cette catégorie.

Baisse des revenus déclarés. Ils gagnent un peu moins de 7 % de la masse totale des revenus. Pour autant, si la part de leur revenu déclaré a augmenté de 2004 à 2007 (passant de 6,3 à 6,9 %), puis s’est stabilisée autour de 7 %, elle a reculé à partir de 2013 (6,4 %). Cette diminution «peut s’expliquer par des taux d’intérêt faibles sur les placements financiers sur cette période», note Julie Labarthe, chef de division à l’Insee, tout en précisant que les sources utilisées ont été modifiées depuis 2012 (1).
La baisse des rémunérations issues du patrimoine atteint 30 % pour
les très hauts revenus sur cette dernière période.

Analyse sociologique. Cette mise en perspective de l’évolution des revenus des ménages les plus aisés est nouvelle, précise Julie Labarthe, tout comme l’analyse sociologique des populations. Ainsi, les salariés vivant dans les ménages à très hauts revenus sont largement surreprésentés au sein des activités financières et d’assurance (30 % contre 3 % de l’ensemble des salariés), des activités juridiques, comptables, de gestion, d’architecture, d’ingénierie, de contrôle et d’analyses techniques (12 % contre 4 %) et des activités pour la santé humaine (12 % contre 6 %).

Stabilité de l’échantillon.
«En revanche, ce qui ne change pas par rapport aux précédentes études, c’est la relative stabilité de l’échantillon représenté  », souligne la chef de division, puisque « plus des trois quarts des personnes ayant un très haut revenu en 2014 faisaient déjà partie des 1% des populations aisées en 2013». Le référent fiscal de ces ménages est en moyenne plus âgé : 59 ans contre 54 ans pour l’ensemble de la population. Par voie de conséquence, 37 % d'entre eux n’ont pas d’enfant à charge au sein du foyer. Autres caractéristiques : 86 % sont propriétaires de leur résidence principale, et 66 % habitent en Île-de-France, cette région générant un tiers du PIB français.

Contribution à l'IR. Enfin, les très hauts revenus contribuent davantage aux prélèvements directs que le reste de la population en montant mais aussi en proportion de leur revenu. Ils acquittent in fine 25 % du total de l’impôt sur les revenus en 2015, contre 35 % pour les 90 % les plus modestes.

 

(1)
Elles intègrent désormais des données sociales et l’imputation de revenus financiers, pas obligatoirement transmis au fisc, comme les placements sur livret ou l’assurance vie.

des rémunérations issues du patrimoine atteint 30 % pour les très hauts revenus sur cette dernière période.  

Analyse sociologique. Cette mise en perspective de l’évolution des revenus des ménages les plus aisés est nouvelle, précise Julie Labarthe, tout comme l’analyse sociologique des populations. Ainsi, les salariés vivant dans les ménages à très hauts revenus sont largement surreprésentés au sein des activités financières et d’assurance (30 % contre 3 % de l’ensemble des salariés), des activités juridiques, comptables, de gestion, d’architecture, d’ingénierie, de contrôle et d’analyses techniques (12 % contre 4 %) et des activités pour la santé humaine (12 % contre 6 %). 

Stabilité de l’échantillon. « En revanche, ce qui ne change pas par rapport aux précédentes études, c’est la relative stabilité de l’échantillon représenté », souligne la chef de division, puisque « plus des trois quarts des personnes ayant un très haut revenu en 2014 faisaient déjà partie des 1 % des populations aisés en 2013 ». Le référent fiscal de ces ménages est en moyenne plus âgé : 59 ans contre 54 ans pour l’ensemble de la population. Par voie de conséquence, 37 % d'entre eux n’ont pas d’enfant à charge au sein du foyer. Autres caractéristiques : 86 % sont propriétaires de leur résidence principale, et 66 % habitent en Île-de-France, cette région générant un tiers du PIB français. 

Contribution à l'IR. Enfin, les très hauts revenus contribuent davantage aux prélèvements directs que le reste de la population en montant mais aussi en proportion de leur revenu. Ils acquittent in fine 25 % du total de l’impôt sur les revenus en 2015, contre 35 % pour les 90 % les plus modestes.

(1) Elles intègrent désormais des données sociales et l’imputation de revenus financiers, pas obligatoirement transmis au fisc comme les placements sur livret ou l’assurance-vie.