SGAM et CAAM se posent en précurseurs dans la gestion d’actifs

En rapprochant leurs activités, les deux groupes misent sur les économies d’échelle au sein d’un secteur malmené par la crise.

L’union fait la force. En rapprochant leur pôle de gestion d’actifs, une opération inédite pour deux banques concurrentes d’envergure, le Crédit Agricole et la Société Générale se classeront en deuxième position derrière Axa sur le secteur français et en neuvième place au niveau mondial. «La consolidation va se développer dans la gestion d’actifs. Ce partenariat constitue le meilleur moyen de faire face à la crise», a relevé Frédéric Oudéa, directeur général de la Société Générale, à l’occasion d’une conférence de presse. «Beaucoup d’acteurs de taille moyenne s’interrogent sur leur positionnement», a souligné Georges Pauget, directeur général de Crédit Agricole SA.  Le partenariat «constitue une solution intéressante et efficace dans un contexte de crise de refinancement», estiment les analystes de CM-CIC. Pour la société Multiratings, la moitié des sociétés de gestion vont ainsi devoir se restructurer ou disparaître. Le Crédit Agricole prend la main en détenant 70% de la nouvelle entité, qui sera dirigée par Yves Perrier, président de CAAM, et pourrait être introduite en Bourse à horizon cinq ans. Quelque 120 millions d’euros de synergies de coûts avant impôts en année pleine sont attendus dans les trois ans. «Alors que les coûts de gestion sont de 20 points de base pour un gestionnaire classique et de 14 pb pour CAAM, nous visons 10 pb», a relevé Georges Pauget. Le coefficient d’exploitation (de 53% pour le pôle combiné) devrait à terme être inférieur à 50% en misant sur le rapprochement des plates-formes locales et la rationalisation des plates-formes électroniques. Il faudra attendre mars pour en connaître davantage sur les conséquences sociales du mariage. Avec 638 milliards d’euros d’encours (460 millions issus de CAAM et 178 de SGAM), la clientèle du nouveau groupe sera à 30% composée d’institutionnels et à 70% de particuliers. Pour ces derniers, «les gammes de produits seront adaptées à chaque réseau - Crédit du Nord, Société Générale, Crédit Agricole et LCL - et quatre filiales seront créées», a indiqué Georges Pauget. «Nous sommes ouverts dans le futur à d’autres partenaires», a ajouté Frédéric Oudéa. En termes de valorisation, sur la base d’un résultat brut annualisé de 900 millions d’euros et d’un multiple de l’ordre de 9 à 10 fois le bénéfice net, le nouvel ensemble pèserait quelque 5,5 milliards d’euros.