Conseil

Selenis encourage banquiers et assureurs à se réinventer

Olivier Arroua, cofondateur du cabinet, présente l’innovation comme le moyen efficace de restaurer les marges - Lancé par deux anciens consultants d’Eurogroup, Selenis a su s’imposer dans un milieu dominé par les majors.

Aux côtés des mastodontes du conseil que sont McKinsey, Ernst & Young ou encore Deloitte, difficile pour les consultants qui s’installent de trouver une place. Certains arrivent parfaitement à se faufiler parmi ces grands noms - chez qui très souvent ils ont fait escale en amont - et à gagner la confiance de clients de renom.

Mais avant d’être un incontournable, le chemin de croix peut être long. Mieux vaut ne pas se disperser mais se faire connaître pour une compétence particulière dans un secteur bien déterminé. Discrets sur leurs clients et leurs études, ces cabinets unipersonnels ou de petite taille sont très souvent peu prolixes quant à leur manière de procéder et carrément silencieux sur la facturation de leurs missions et sur leur chiffre d’affaires.

Olivier Arroua, cofondateur avec Marie Sallé de Selenis, entreprise de conseil spécialisée dans le domaine de la banque, de l’assurance et de la protection sociale, nous livre ses modalités d’intervention et notamment les différentes étapes nécessaires à la création d’un nouveau produit d’assurance (lire l’encadré).

Etape d’intégration réussie.

Selenis compte, depuis sa création il y a près de cinq ans, entre 30 et 40 clients tels que Groupama-GAN, Audiens, la CNP, la Banque Postale ou encore le Groupe Prévoir, et réalise à ce jour, avec l’aide de quatre collaborateurs, quatre à cinq missions en parallèle d’une durée moyenne de six à huit mois. L’activité se porte visiblement bien puisque Olivier Arroua annonce une marge nette autour de 20 % pour un chiffre d’affaires prévisionnel pour la fin de l’année 2010 de 1,2 million d’euros (contre 270.000 euros en 2006 et 770.000 euros en 2009) et anticipe à 3-5 ans de dégager des revenus de l’ordre de 3 millions d’euros en s’entourant d’une équipe d’une quinzaine de consultants.

Spécialisé sur des problématiques métier, de développement ou de création de produits, le cabinet s’alloue toutefois, en cas de besoin, les services d’experts de l’actuariat, du droit des contrats ou encore des systèmes d’information. Outre son activité de conseil, Olivier Arroua enseigne à l’ESC Montpellier ainsi qu’à l’Université Paris Dauphine. C’est lors d’une conférence récente organisée en partenariat avec cette dernière sur le thème « Assureurs, banquiers, comment développer votre performance opérationnelle ? » que le professionnel s’est attaché à la manière dont les établissements financiers vont devoir modifier leurs comportements afin de rétablir leurs marges (lire l’avis d’expert).

Le coût d’une mission de conseil.

Après avoir déterminé la nature et la durée de la mission, Olivier Arroua et ses équipes rédigent une proposition présentant son projet et décomposant la démarche qu’ils comptent mettre en place pour répondre aux problématiques rencontrées par l’entreprise cliente. A chaque étape correspond un résultat escompté et à ce dernier une charge mesurée en jour/hommes. L’addition des différentes phases aboutit à un budget global à multiplier par un taux journalier qui est soit moyen, soit déterminé en fonction du profil de consultant.

Une mission de six mois peut selon les cas mobiliser une charge de 90 jours/homme, ce qui équivaut à environ un intervenant à mi-temps, ou de 540 jours/homme, soit cette fois trois consultants à temps plein (éventuellement réparties sur quatre ou cinq personnes). Ainsi, pour la création d’un nouveau produit d’assurance, par exemple, Olivier Arroua identifie sept degrés d’intervention (lire l’encadré), soit potentiellement 200 jours-homme. Sur une base de 1.200 euros HT par jour, le coût de la mission s’élève à 240.000 euros.