Société de gestion

Sanso en ordre de marche

Née en 2017 du regroupement d’Amaïka AM, de Cedrus AM et de 360Hixance AM, la société gère 700 millions d’euros
Forte de cette taille critique, et sans abandonner les institutionnels, elle veut se développer sur le créneau de la gestion privée
David Kalfon

La consolidation dans la gestion d’actifs est devenue inéluctable. Alors qu’il y a encore une dizaine d’années une société de gestion qui gérait 300 millions d’euros pouvait s’en contenter sans forcément chercher à se développer, ce n’est plus vrai aujourd’hui. Avec la mise en place de la directive MIF 2, le développement de la concurrence de la gestion passive et la pression de plus en plus vive sur les frais pour les clients institutionnels mais aussi pour les clients privés, les gestionnaires se sont engagés aujourd’hui dans une course à une taille critique de plus en plus élevée. A moins d’être sur des niches très spécifiques, les sociétés doivent maintenant dépasser les 500 millions d’euros sous gestion pour espérer pouvoir commercialiser leurs produits à une clientèle diversifiée. Et lorsque aucun institutionnel n’est adossé à leur capital, la solution la plus naturelle est celle du regroupement. C’est en tout cas la voie qu’a choisi Sanso IS pour atteindre un nouveau stade dans son développement.

Un historique de regroupements. La société est ainsi le fruit du rapprochement d’Amaïka AM, créée en 2011 par David Kalfon, de Cedrus AM, cocréée en 2012 par Benoît Magnier (avec le soutien du pôle d’incubation de la Française AM), et de 360Hixance, une société elle-même issue du rapprochement en novembre 2013 de 360 AM (créée en 2007) et de Hixance asset managers (créée en 2008). Si toutes ces structures avaient à l’origine comme point commun leur caractère entrepreneurial, 360Hixance et Cedrus AM appartenaient, depuis 2013 pour la première et 2015 pour la seconde, au groupe financier OTCex. Au moment du rapprochement de toutes ces structures en juin dernier, Sanso IS, dont OTCex détient 42 % du capital social (le solde étant détenu par David Kalfon, Benoît Magnier et des actionnaires family office) et la majorité des droits de vote, gérait environ 600 millions d’euros, dont 250 issus d’Amaïka AM, 150 venant de Cedrus AM et 200 de 360Hixance. Aujourd’hui, Sanso IS revendique plus de 700 millions d’euros d’encours.

Complémentarité. Mais se regrouper ne fait pas tout. Encore faut-il que les entités qui s’unissent trouvent des synergies ou des complémentarités. Dans ce cas concret, les sociétés apparaissent assez complémentaires. « Amaïka AM a été créée, à l’origine, pour pallier le manque de services qu’offraient les gestionnaires d’actifs aux conseillers en gestion de patrimoine. Sa clientèle était donc majoritairement constituée de clients privés », explique David Kalfon, président de Sanso IS. Et s’il en était de même pour 360 Hixance, Cedrus AM, de son côté, s’adressait exclusivement à une clientèle institutionnelle. Finalement, Senso IS dispose aujourd’hui d’une répartition équilibrée entre institutionnels et clients privés. Même complémentarité du côté du mode de gestion : Cédrus AM ne faisait que de la multigestion, 360Hixance principalement de la gestion en direct et Amaïka gérait la moitié de ses actifs en multigestion, l’autre en gestion directe. Une répartition à 50 % en titres vifs et 50 % en multigestion qu’a conservée Sanso IS aujourd’hui.

Solutions. La société veut maintenant accélérer son développement. Elle dispose pour cela d’une équipe de quatre commerciaux pour une clientèle de conseillers en gestion de patrimoine, de gérants privés et d’institutionnels. Elle est présente à Paris, dispose d’un bureau à Marseille et explore actuellement le marché suisse avec une personne à Genève. Outre sa gamme d’OPCVM, elle veut mettre en avant les « solutions », c’est-à-dire les produits répondant à des besoins très précis d’investisseurs institutionnels ou distributeurs. « Nous avons conçu par exemple, pour un investisseur institutionnel, le fonds Sanso carbone initiative trends, qui a pour objectif de faire la performance du MSCI Monde, mais avec une emprunte carbone significativement plus faible. Nous proposons aussi des fonds sur mesure pour des cabinets de conseillers en gestion de patrimoine et des family office », explique David Kalfon. Enfin, toujours dans cette optique de se différencier des grands gérants, le gestionnaire veut aussi développer la gestion privée dans sa structure. Il espère bien franchir maintenant le prochain pallier et rejoindre le club des sociétés entrepreneuriales qui gèrent plus d’un milliard d’euros.