Revue de presse internationale

SUISSE

Le poids des robo-advisors reste encore très modeste

Le Temps, 20/02/2017

Ils font beaucoup parler d’eux malgré une présence encore extrêmement modeste sur le marché de la gestion de fortune. Les robo-advisors font l’objet de l’attention grandissante de la part des médias et des professionnels de la gestion de fortune. Si l’on s’en tient aux robo-advisors dans leur acception limitée de gestionnaire automatique, on constate leur forte croissance, mais pour une part encore infinitésimale de l’ensemble du marché, souligne Le Temps. Ainsi, selon la société Chappuis Halder, fin 2015, ces algorithmes géraient à peine une vingtaine de milliards de dollars, pour l’essentiel auprès des leaders américains comme Betterment ou Wealthfront, suivis de très loin par d’autres acteurs à l’étranger, contre 74.000 milliards pour l’ensemble des fonds sous gestion. Les très faibles volumes sous gestion impliquent ainsi une grande difficulté à dépasser le seuil de rentabilité.

Cela dit, et malgré les imperfections des modèles utilisés, Akimou Ossé, analyste quantitatif et associé gérant de la société QuantPlus, estime qu’il faut aussi prendre en compte les frais de gestion « qui sont nettement moins élevés chez les prestataires les plus agressifs et qui peuvent donc avoir un impact significatif sur le résultat final ». Par exemple, si l’on prend une estimation très conservatrice des frais prélevés dans la gestion privée en Suisse ou à Genève, qui s’échelonne entre 1 % et 2 % par an de la masse sous gestion, ils sont à comparer au 0,35 %-0,5 % demandé par Betterment, au 0,25 % de Wealthfront, au 0,36 %-0,57 % de Schwab ou encore Vanguard, avec 0,4 %. « Si l’on sait que la plupart de ces systèmes utilisent des ETF, au faible coût de gestion, l’investisseur peut épargner de 2 à 4 % de frais par an, conclut Akimou Ossé. Ce facteur est d’autant plus important si l’on tient compte du fait que la plupart des gérants actifs peinent à battre le marché de façon consistante. Toutefois, cette nouvelle industrie est encore trop jeune pour savoir sur quoi elle débouchera et qui tirera son épingle du jeu. »

ROYAUME-UNI

Londres veut réformer la gouvernance des fonds

Financial Times FM, 20/02/2017

Dans le cadre du remaniement du secteur de la gestion d’actifs proposé par le régulateur britannique en novembre dernier, la Financial Conduct Authority (FCA) prévoit de réorganiser la manière dont les fonds sont gouvernés, rapporte le Financial Times Fund Management. Il est proposé d’introduire des conseils d’administration pour les fonds du même style que ceux qui existent aux Etats-Unis. Les conseils d’administration des mutual funds aux Etats-Unis ont beaucoup plus de pouvoir que leurs homologues européens. Actuellement, au Royaume-Uni, les responsabilités en matière de gouvernance des fonds sont du ressort des employés d’une société de gestion et il n’est pas obligatoire qu’ils soient indépendants. Cela signifie que leur loyauté est souvent partagée entre la société de gestion qui les emploie et les devoirs envers les investisseurs du fonds. En général, les employés favorisent la société de gestion. Les conseils de gouvernance aux Etats-Unis, en revanche, sont composés d’une majorité d’administrateurs indépendants et ces professionnels ont un véritable pouvoir sur les gérants qu’ils supervisent.

EUROPE

L’Europe agrandit les mailles du filet des paradis fiscaux

L’Agefi, 22/02/2017

Jersey et Guernesey, les Bermudes, les Iles Caïmans, l’Ile de Man et Monaco, qui tous pratiquent un taux d’imposition des sociétés nul ou proche de zéro, ne figureront pas nécessairement sur la liste européenne des paradis fiscaux en préparation, indique L’Agefi. « L’absence de régime d’imposition des sociétés ou l’application d’un taux d’imposition nominal des sociétés nul ou presque nul ne constitue pas à elle seule un motif suffisant pour conclure qu’un pays ou territoire ne satisfait pas aux exigences du critère 2.2 », qui interdit de faciliter les structures offshore sur son territoire, indique un document confidentiel validé par les ministres des Finances européens mardi à Bruxelles. Plusieurs ministres ont même assuré pendant la réunion qu’« une imposition à taux nul est encore une imposition », selon un proche des discussions. Les Européens, qui avaient engagé les travaux tambour battant en 2016 après la publication des Panama Papers en annonçant la publication d’une liste pour la fin 2017, s’engagent à présent avec prudence dans la phase de screening des pays tiers. Plutôt que de publier une liste noire qui stigmatiserait certains pays, ils préféreraient obtenir l’engagement de ces pays à coopérer et à modifier leur législation le cas échéant.

ETATS-UNIS

Les gérants de hedge funds milliardaires sur le déclin

The New York Times, 19/02/2017

Le gérant de hedge fund milliardaire était une espèce relativement nouvelle mais dont la population a fortement augmenté ces dernières années. Cette période de vaches grasses est peut-être en train de se clore, estime le New York Times. En effet, l’an dernier, quatre milliardaires gérants de hedge funds sont sortis de la liste établie par Forbes des 400 Américains les plus riches. Il s’agit de William A. Ackman de Pershing Square Capital Management, David Einhorn de Greenlight Capital, Marc Lasry de Avenue Capital Group et Nelson Peltz, de Trian Fund Management.

Le nombre de milliardaires alternatifs présents dans le palmarès de Forbes est ainsi passé de 32 en 2015 à 28 en 2016, disposant d’une fortune cumulée de 162,5 milliards de dollars contre 169 milliards en 2015. Cette évolution est à mettre en parallèle avec un moindre dynamisme commercial chez les gérants alternatifs qui ont liquidé 782 fonds sur les neuf premiers mois de 2016, selon les statistiques de HFR. Le nombre de créations de hedge funds a parallèlement diminué et leur nombre total est retombé sous la barre des 10.000, à 9.925, selon HFR, après avoir culminé à 10.142 en 2014.

Par ailleurs, avec les mauvaises ou médiocres performances enregistrées par le secteur ces dernières années, les investisseurs ont remis en cause la structure des frais appliquée par les hedge funds, le fameux « 2-20 » (2 % de frais de gestion annuels et 20 % de la performance supérieure à un seuil de déclenchement spécifié). La commission ressort en moyenne à 1,49 % au troisième trimestre 2016 contre 1,58 % en 2010, selon HFR. La commission de surperformance s’inscrit de son côté à 17,5 % en moyenne en 2016, contre 19,3 % en 2008.

INDE

Credit Suisse renforce sa banque privée en Inde

Newsmanagers, 27/02/2017

Credit Suisse a annoncé que Balakrishnan Kunnambath, responsable du département Private Banking Market pour les indiens non résidents d’Asie-Pacifique et dans le sous-continent indien, supervisera désormais l’activité de banque privée en Inde en plus de ses responsabilités actuelles. Il est rattaché à Alex Wade, responsable de l’Asie développée et émergente pour la banque privée en Asie-Pacifique. Balakrishnan Kunnambath a rejoint Credit Suisse en novembre 2015 en provenance de DBS Private Bank où il était responsable de l’activité auprès des indiens non résidents d’Asie-Pacifique et du Moyen-Orient (...).

ETATS-UNIS

ETF Managers Group lance un ETF stupéfiant

Newsmanagers, 23/02/2017

ETF Managers Group a récemment déposé un dossier auprès de la Securities & Exchange Commission (SEC) pour le lancement d’un ETF dédié au cannabis thérapeutique et au secteur du chanvre industriel. Le fonds Emerging AgroSphere ETF serait ainsi le premier de son espèce dans l’univers des ETF.

Le document de présentation indique que l’indice sous-jacent sera composé de sociétés engagées dans la recherche sur le cannabidiol et les dérivés du cannabis ainsi que de sociétés qui produisent ou vendent des dérivés du chanvre industriel. L’indice peut aussi intégrer des sociétés impliquées dans la chaîne d’approvisionnement des deux catégories de sociétés évoquées plus haut. L’ETF sera coté sur Nyse Arca. Le niveau des frais n’a pas encore été précisé.

MONDE

La faiblesse de l’innovation pourrait menacer la croissance des sociétés de gestion

Newsmanagers, 21/02/2017

Le secteur de la gestion d’actifs n’a jamais été aussi optimiste quant à son avenir. Tel est le principal enseignement de l’enquête annuelle du cabinet PwC réalisée auprès de 185 directeurs généraux de sociétés de gestion d’actifs et de fortune répartis dans 45 pays à travers le monde. De fait, 92 % des sondés se disent confiants ou très confiants quant aux perspectives de croissance du secteur au cours des douze prochains mois, un résultat bien plus élevé que la moyenne de l’ensemble du secteur des services financiers (86 %). Preuve que la confiance des dirigeants est au beau fixe, les deux tiers des dirigeants interrogés (64 %) envisagent de procéder à des recrutements.

Pas question pour autant de tomber dans l’euphorie. « La confiance est élevée mais le secteur montre des signes d’une certaine lenteur à innover et à s’adapter, en particulier sur le terrain des technologies », souligne Barry Benjamin, global asset and wealth management leader chez PwC. 65 % des dirigeants interrogés estiment ainsi que la technologie va affecter ou réorganiser la concurrence dans leur marché au cours des cinq prochaines années, montre l’étude de PwC. Un essor de la technologie qui est même considéré comme une menace pour la croissance de leurs activités. Pourtant, 10 % seulement des dirigeants de sociétés de gestion envisagent de renforcer leurs capacités numériques, contre 23 % pour l’ensemble du secteur des services financiers. De la même manière, seules 27 % des personnes interrogées envisagent de collaborer avec des start-up, preuve d’une réticence à innover. A titre de comparaison, 31 % des dirigeants du secteur bancaire et 37 % des dirigeants du secteur de l’assurance envisagent de travailler avec des start-up, notamment avec des fintechs, afin de développer de nouveaux produits et de nouveaux modèles économiques.

Concernant les technologies, 71 % des dirigeants des sociétés de gestion avancent que la disponibilité des compétences clés constitue leur principale préoccupation. Suivent la rapidité des changements technologiques (66 %), le changement de comportements des clients (64 %), le manque de confiance (61 %) et, enfin, les cybermenaces (59 %).