Banque privée

Résoudre le casse-tête de l’expatriation

Mirabaud propose une solution de « multibooking » permettant aux clients d’ouvrir et de gérer des comptes à l’étranger
Les avoirs peuvent être déposés partout où la banque dispose d’une succursale, mais le client garde son conseiller habituel
DR, Raphaël Spahr, directeur général, Mirabaud France

Si aujourd’hui le monde est devenu connecté et beaucoup plus rapide et plus simple qu’il y a quelques années, certaines démarches relèvent encore parfois du parcours du combattant. « Ouvrir un compte bancaire dans son pays ne pose aucun problème, y déposer ses avoirs non plus. Mais depuis son pays d’origine, organiser l’ouverture d’un compte à l’étranger et trouver un interlocuteur de confiance qui pourra gérer son patrimoine se révèle extrêmement complexe », constate Raphaël Spahr, directeur général de Mirabaud France.

Les obstacles sont en effet nombreux : la barrière de la langue, les écueils juridiques ou encore les problèmes liés au choix du banquier ou aux tarifications. C’est pour toutes ces raisons que la banque a lancé tout récemment en France son service « multibooking », donnant la possibilité aux clients privés haut de gamme de déposer leurs actifs dans tous les lieux où la banque dispose d’une succursale (France, Suisse, Luxembourg, Espagne, Canada, Dubaï et Royaume-Uni dans les mois qui viennent), tout en conservant les liens avec le banquier de son pays d’origine. Concrètement, un client de Mirabaud en France pourra ouvrir un compte en Espagne, par exemple, sur lequel ses actifs seront déposés et, où que se trouve ce dernier, son compte restera géré par son banquier habituel depuis la France.

Mobilité.

Ce service pourrait, selon la banque, concerner un grand nombre de ses clients fortunés – il est réservé aux particuliers disposant d’un patrimoine financier de l’ordre, au minimum, du million d’euros – car ces derniers sont devenus très mobiles et n’hésitent pas à partir s’installer pour des raisons professionnelles, la plupart des cas momentanément, dans un autre pays que le leur. « Dans 90 % des cas, les gens qui s’expatrient finissent par revenir vivre dans leur pays d’origine. Il est donc logique que leur stratégie patrimoniale à long terme soit élaborée dans leur pays d’origine par leur banquier habituel », estime Raphaël Spahr.

Les crises à répétition et leurs conséquences politiques et fiscales sur les Etats européens ont par ailleurs fait prendre conscience à certains clients de la banque de la nécessité de diversifier géographiquement leur patrimoine. « Ce peut être pour se protéger contre le défaut de contreparties (banque dépositaire, assurance vie...), pour pallier les incertitudes fiscales de leur pays d’origine ou encore pour se prémunir contre les conséquences du défaut d’un Etat », explique Raphaël Spahr.

Un alignement d’intérêts.

L’ouverture d’un compte à l’étranger peut aussi permettre aux clients de la banque de bénéficier d’environnements législatifs plus favorables à certaines classes d’actifs. « Il est plus simple dans certains pays que dans d’autres d’investir sur des produits complexes tels que les hedge funds. Le statut de l’assurance vie présente par ailleurs des différences importantes selon les pays. C’est en particulier le cas entre la France et le Luxembourg », constate Raphaël Spahr.

Mais ce que la banque met aussi en avant avec cette organisation, c’est la continuité de l’alignement d’intérêts entre le client et son banquier. « Dans les banques traditionnelles disposant d’implantations à l’étranger, note Raphaël Spahr,  les activités sont généralement organisées par pays, chacun ayant son propre compte de résultat. Les incitations des banquiers peuvent être parfois différentes selon les pays où ils officient. Pour notre part, nous sommes organisés différemment. Nos banquiers suivent et conseillent leurs clients, indépendamment du lieu où sont déposés les avoirs de ces derniers. »