Société de Bourse

Portzamparc modifie la structure de son actionnariat

L’intégration d’un nouveau partenaire au capital de la société, à l’étude depuis un an, vient de se concrétiser au 1er février 2009 Cette nouvelle configuration permet de satisfaire les ambitions nationales de Portzamparc tout en lui assurant un avenir pérenne.

La signature d’un accord est venue bouleverser la structure actionnariale de la société de Bourse nantaise Portzamparc, aujourd’hui entreprise d’investissement, en introduisant un nouvel acteur à son capital, la filiale de BNP Paribas B*capital. Cette configuration réduit fortement la participation de la Banque Populaire (BP) Atlantique, majoritaire au capital depuis 20 ans (voir l'organigramme).

Présence historique en région. Longtemps charge d’agent de change, Portzamparc endosse le statut de société de Bourse en 1989. Afin de conforter son assise financière et satisfaire à différentes exigences réglementaires, elle s’associe la même année à la Banque Populaire Atlantique - par le biais d’une augmentation de capital - qui devient dès lors l’actionnaire de référence de Portzamparc. Le partenariat s’accentue en 2005 lors du rapprochement de leurs deux sociétés de gestion respectives - Atlantique Gestion et LFI Gestion - en une même entité du nom de Portzamparc Gestion - détenue à 75 % par la BP Atlantique et à 25 % par Portzamparc. Cette structure permet notamment d’offrir à la clientèle privée de la banque des services de gestion de valeurs mobilières. « Tout en conservant un pied dans sa région d’origine, Portzamparc s’est peu à peu affirmé comme un acteur national », explique son dirigeant, Philippe de Portzampac. C’est ainsi qu’un premier bureau a vu le jour à Paris en 1992. Deux autres ont suivi à Marseille (2000) et à Lille (2007).

Portzamparc a développé au fil du temps « une double activité de conseil et d’intermédiaire auprès des particuliers, mais aussi auprès des entreprises qu’elle introduit en Bourse et dont elle assure l’animation et la gestion des valeurs ». L’entreprise a notamment développé depuis environ six ans une activité de conseil patrimonial.

                                                                                 

Un développement national. Ce n’est pas sans une once de nostalgie que la BP Atlantique laisse son partenaire historique prendre son envol en se retirant de Portzamparc Gestion et en abandonnant 41,3 % (sur 64,9 %)  de sa participation dans Portzamparc au nouvel actionnaire, à présent majoritaire avec 51 % du capital - Natixis Securities a soldé ses 9,7 % à cette occasion. Cependant, « la nécessité d’une meilleure cohérence entre l’actionnariat strictement régional et la poursuite d’une activité nationale a abouti à ce nouvel équilibre », explique le dirigeant de la société de Bourse. Un constat que partage Stéphanie Paix, directeur général de la Banque Populaire Atlantique et « une très belle occasion de développer une entreprise, une marque et un partenaire auxquels nous tenons », explique-t-elle. En changeant d’actionnaire de référence, Philippe de Portzamparc confirme ses ambitions de développement sur l’ensemble du territoire et se dote de ressources nouvelles pour initier des opérations de croissance externe. Des opportunités sont déjà à l’étude. Synergies escomptées. « Portzamparc doit se préparer au rebond », explique son dirigeant. Eu égard aux contraintes réglementaires et à la crise financière, Philippe de Portzamparc souhaite par le biais de ce rapprochement améliorer le produit net bancaire de l’entreprise - en baisse cette année de 15 % - et réaliser des économies d’échelle « afin de maintenir sa pérennité ». Pour y parvenir, le professionnel compte s’appuyer sur B*capital pour assurer le back-office et une partie des fonctions supports afin de diminuer ses coûts fixes et « concentrer ses moyens sur l’action commerciale, le conseil et ses expertises ». De son côté, au-delà d’un « nouveau centre de gravité régional », B*capital bénéficiera de l’expertise de Portzamparc sur les small et midcaps ainsi qu’en ingénierie financière auprès des entreprises. Cependant, Philippe Nahum, directeur général de B*capital, admet qu’en dépit de la proximité et de la complémentarité de leurs activités (lire l'encadré), les deux entités ne sont pas « encore prêtes à construire une offre commune», tout en confirmant par ailleurs le renouvellement du partenariat commercial entre la BP Atlantique et Portzamparc pour huit ans.