Grand Prix du Patrimoine Jeunes Diplômés 2016

Paris II et Dauphine au coude-à-coude

Benoît Baron
Pour la quatorzième édition de notre grand prix jeunes, pas moins de vingt cursus étaient en compétition
Pour la première fois, le jury n’a pu départager deux équipes à l’écrit tandis qu’à l’oral c’est un étudiant de l’université de Lorraine qui l’emporte
S.Tatinclaux, La cérémonie de remise des prix s’est déroulée au Concept Store de BNP Paribas, place de l’Opéra à Paris

Même s’il s’inscrit désormais dans une solide tradition, notre concours mettant en lice les troisièmes cycles en gestion de patrimoine peut réserver de vraies surprises. La qualité des prestations n’en est pas véritablement une, bien que les professionnels très confirmés composant le jury aient noté un bilan moyen particulièrement relevé. En revanche, c’est un événement inédit que l’on retiendra de ce millésime puisque l’épreuve écrite s’est soldée au sommet par une parfaite égalité de points entre deux universités, celles de Panthéon-Assas Paris II et de Paris-Dauphine.

A cette occasion, le master Droit du patrimoine professionnel de cette dernière décroche de surcroît un cinquième titre, confirmant un palmarès exceptionnel.

L’engagement était pourtant important avec vingt grandes écoles et facultés sur la ligne de départ (lire l’encadré sur la liste des participants p. 12). L’occasion de saluer le courage et la ténacité de la centaine d’étudiants s’impliquant dans les épreuves. Et si celles-ci sont  aujourd’hui très souvent intégrées au cursus universitaire, il n’en faut pas moins les conjuguer avec un troisième cycle exigeant et les périodes de stages professionnels.

Devenu un baromètre de la qualité des troisièmes cycles, notre prix mobilise des équipes pendant six mois et, depuis 2005, comporte un volet oral afin d’être le reflet le plus complet possible des exigences des métiers patrimoniaux.

Les trois étapes du concours.

Le Grand Prix Jeunes se décompose en effet en trois volets. Le premier consiste à résoudre à l’écrit et par équipe de cinq au maximum un cas pratique d’ingénierie patrimoniale mis au point depuis toujours par la Compagnie des conseils et experts financiers (CCEF). Son exposé (lire p. 24) a été adressé aux candidats au début du mois de novembre 2015 de manière à leur permettre – ainsi qu’au corps enseignant – de programmer leur charge de travail et de pouvoir restituer leur travail le 25 mars 2016, date limite de remise des copies.

Cette partie théorique permet de décerner notre « Grand Prix de l’Ingénierie ».

La deuxième étape prend la forme d’un examen oral décentralisé sur les différents campus à Paris et en régions afin de présélectionner les étudiants. En s’appuyant sur la situation du client patrimonial exposée dans le cas pratique, l’ensemble des participants a passé dans le courant du premier quadrimestre 2016 un entretien de type découverte afin de préciser les attentes familiales et financières de l’intéressé. Ces auditions mobilisent en tant que jurés une quarantaine de responsables de BNP Paribas Banque Privée et de Cardif, partenaires officiels de la manifestation depuis l’origine.

Les notes individuelles obtenues à cette occasion sont agrégées pour chaque équipe présente à l’écrit et la moyenne en découlant est consolidée avec la notation écrite. L’objectif de ce système croisé de sélection est de déterminer les groupes les plus homogènes à la fois sur les plans technique et commercial.

Enfin, les représentants des six meilleurs groupes ont été invités à se départager individuellement lors d’une finale de l’oral à Paris, qui conduit au podium du « Grand Prix du Conseil ».

GRAND PRIX DE L’INGÉNIERIE

L’épreuve écrite a mis en compétition 20 équipes. Leurs copies sont corrigées, au travers d’un double filtrage, par un jury interprofessionnel issu de la Compagnie des conseils et experts financiers (CCEF – lire l’encadré sur les membres du jury).

Une grille d’appréciation très précise intègre des critères de forme : identification du contexte, présentation du document, clarté de l’exposé, empathie vis-à-vis du client, longueur limitée de l’exposé... Les correcteurs s’attachent aussi, bien sûr, à l’analyse de fond concernant les propositions et préconisations juridiques, fiscales et financières, leur adéquation avec les attentes du client, ainsi qu’à la qualité de l’argumentaire.

Une notation de 0 à 5 pour la cinquantaine de critères de jugement permet d’établir le classement définitif. Il en ressort le palmarès 2016 suivant :

Premier prix ex aequo.

Il est attribué à cinq étudiants du master 2 Droit du patrimoine professionnel de l’université de Paris-Dauphine.

Aldwin BEDIOU

Bérengère DE BOISSIEU

Pierre-Henri DORON

Aurore PINTUREAU

Caroline SCHWAB

Dirigés par Sophie Schiller, ils perpétuent une remarquable lignée, succédant à leurs aînés déjà lauréats en 2005, 2007, 2014 et 2015. A ceci près qu’ils doivent partager la palme avec :

Premier prix ex aequo.

Le master 2 Gestion du patrimoine privé et professionnel de l’université Paris II Panthéon-Assas, dont le directeur des études est Claude Brenner

Déborah EBENSTEIN

Maxime GUERIF

Morgan LEVEQUE

Fanny MAZUREK

Delphine VERNUS

Nous l’avons souligné, cette parité parfaite s’est imposée en raison de l’excellence des copies (18/20 chacune). Le jury a estimé que les deux méritaient d’être distinguées compte tenu de la remarquable technicité de l’une et des qualités pédagogiques de l’autre.

Troisième prix.

La troisième marche est occupée par le master 2 Gestion de patrimoine de l’université de Clermont-Ferrand, sous la responsabilité de Lionel Tixier

Maxime BERARDI

Laurent FAGES

Romain MARAIS

Alexandre MATIB

Cyril MOULIN

GRAND PRIX DU CONSEIL

Concernant la partie orale, 30 étudiants ont été sélectionnés pour la finale à l’issue du parcours de présélection. Ils ont eu à se départager dans les salons du siège de BNP Paribas Banque Privée à Paris, le 27 juin dans l’après-midi. Engagés dès lors dans un chacun pour soi, les finalistes étaient issus des masters 2 des universités de Paris-Dauphine, Paris 2, Clermont-Ferrand, Angers, Caen et de Lorraine.

Face à deux hauts responsables de BNP Paribas Banque Privée et de Cardif (lire l’encadré sur les membres du jury) dans les rôles impartis des clients – un couple d’hôteliers habitant le Luberon –, chacun des étudiants a dû faire la passerelle entre le rendez-vous de présentation noué en présélection et, pour cette reprise de contact, l’argumentation autour des solutions patrimoniales préconisées.

Pour ce faire, ils ont le choix de se projeter dans le costume d’un salarié d’un établissement financier ou dans celui d’un professionnel libéral. Objectif : convaincre en une demi-heure au travers d’un argumentaire serré et d’un échange en situation réelle.

Les éléments pour les juger portent sur leur présentation, leurs connaissances techniques et l’empathie (3 points pour ces critères) ainsi que, avec un fort coefficient (11 points), sur la réactivité commerciale.

Après délibération, le jury a mis en avant les prestations des candidats suivants :

Premier Prix.

Adrien Dumont, du master 2 Négociation et ingénierie patrimoniale de l’université de Lorraine.

Deuxième Prix.

Aldwin Bediou, du master 2 Droit du patrimoine professionnel de l’université Paris-Dauphine.

Troisième Prix.

Caroline Schwab, du master 2 Droit du patrimoine professionnel de l’université Paris-Dauphine.

REMISE DES PRIX

Comme depuis plusieurs années, la cérémonie de remise des prix s’est déroulée, le 27 juin, dans le cadre moderne et parfaitement adapté du Concept Store de BNP Paribas, place de l’Opéra à Paris. Les étudiants ayant affronté la finale de l’oral dans l’après-midi étaient évidemment tous présents, accompagnés de leurs responsables d’études et entourés de plusieurs pairs ainsi que de nombreux membres prestigieux de la communauté patrimoniale (voir les photos en pp. 13 et 14).

Les lauréats ont reçu, outre leurs diplômes du Grand prix, de nombreux cadeaux offerts par les partenaires, un abonnement d’un an à L’Agefi Actifs et un chèque concernant les premiers des deux épreuves.

Hôtesse des lieux, Béatrice Belorgey, directeur de BNP Paribas Banque Privée, s’est dite ravie d’accueillir un événement correspondant à leur cœur de métier : « C’est important car l’expertise en ingénierie patrimoniale est un élément clé dans l’apport à nos clients de plus en plus experts et exigeants. » Elle a encouragé les participants en observant que la banque privée est un métier bénéficiant encore de la croissance en Europe, des relations se nouant effectivement chaque année entre des étudiants repérés au travers de leurs performances et les professionnels présents.

Le président du jury de l’oral, Pascal Lavielle, responsable du département expertises de Cardif, s’est félicité quant à lui que les étudiants aient su mettre à profit un enseignement de qualité. « Ils ont su conjuguer l’aspect commercial, la technique et l’adaptabilité pour exposer clairement leurs stratégies », a-t-il observé.

Enfin, son homologue de l’écrit, l’avocat Silvestre Tandeau de Marsac, après avoir rappelé la vocation interprofessionnelle de la CCEF, a insisté, en se référant au cas pratique proposé en 2016, sur son aspect compliqué car il s’est agi d’un reflet de « la vraie vie » : « On ne tombe pas forcément sur des situations faciles et évidentes, surtout quand vous approchez vos premiers clients. Il ne suffit pas de réagir, mais de réfléchir et de livrer des recommandations qui engagent votre établissement. Vous avez une responsabilité à prendre très au sérieux. » A bon entendeur…