OFI AM et Aviva IF en route pour une fusion délicate

Réjane Reibaud (avec Thibaud Vadjoux)
La future entité de gestion du groupe Aéma prendra le nom d'OFI Invest, a appris NewsManagers. La Macif, principal actionnaire d'OFI AM, devrait racheter les parts de la Matmut.

Attendue depuis des mois, la fusion entre OFI AM et Aviva Investors France doit entrer en vigueur le 1er janvier prochain. Les détails en seront annoncés ce lundi dans un contexte d’attentisme de la part des salariés. L’opération entre dans la droite ligne du rachat (annoncé début 2021) par le groupe Aéma (issu de la fusion entre Aésio et la Macif) de l’assureur Aviva France, devenu depuis Abeilles Assurances. Si le rapprochement des deux entités de gestion faisait peu de doute, le projet a été officialisé en mai dernier. D’après les informations de NewsManagers, la Macif, actuel actionnaire principal d’OFI AM (60,9%), doit racheter les parts de Matmut (25,8%) dans OFI AM. L’entité de tête en gestion sera baptisée OFI Invest. La demande d’enregistrement du nom a été déposée en mars dernier. Le terme Invest est censé rappelé celui de Aviva « Investor ».

« Dans le contexte de hausse rapide des taux, le rapprochement des deux gérants est une bonne nouvelle, avec une gestion obligataire qui sera plus dynamique», se réjouit une source au fait du dossier. « L’Afer, l’association d’épargnant adossée à l’ex Aviva, devrait aussi sortir gagnante de ce rapprochement avec un gérant plus important ».

Même si Aviva Investors France (AIF) est plus gros que OFI AM, c’est Jean-Pierre Grimaud, l’actuel patron d’OFI (filiale de l’acquéreur), qui doit en prendre la tête. Emmanuel Babinet, le président du directoire de AIF, aurait « accepté de partager le pouvoir ». Il fera en effet partie d’un trio amené à entourer Jean-Pierre Grimaud, à savoir les deux "OFI" Eric Bertrand, à la tête de la gestion, et Guillaume Poli, à la tête du développement. Emmanuel Babinet serait en charge de toutes les autres fonctions transverses.

Doublons et concessions

Ce partage de pouvoir au plus haut niveau est à l’image de ce qui se passe au niveau de certains autres postes. « Adrien Couret (patron de la Macif, ndlr) a promis que tout le monde serait casé dans le groupe et aucun plan social ne sera déclenché, mais pour tous les postes où il y a des doublons, il y a forcément des négociations et des concessions à faire », explique une source en interne. Des dizaines de démissions ont eu lieu ces derniers mois, « mais il faut dire aussi que les chasseurs de tête s’en donnent à cœur joie pour appeler les salariés », relativise un représentant syndical. Chez AIF, en outre, les employés ont trouvé le temps particulièrement long, la vente étant connue depuis août 2020 lorsque la direction monde d’Aviva a annoncé la cession de sa filiale française parmi d’autres. Seuls une dizaine de cas de salariés serait plus difficile comme par exemple dans les divisions des ressources humaines ou de l’informatique.

Les deux sites actuels de bureaux (Rue Roquépine pour AIF et rue Vernier dans le 17e pour OFI) seraient conservés, mais avec des aménagements d’équipes. La gestion traditionnelle se retrouverait dans les locaux d’OFI et celle d’actifs réels dans les locaux rue Roquépine (sous la marque OFI Real Assets). Des sources internes évoquent aussi un regroupement futur dans un nouvel immeuble qu’est en train de faire construire la Macif à Issy-les- Moulineaux, mais pas avant 2025. Le flex-office devrait aussi être mis en place.
Cinquième gérant français

Cette opération créerait quoi qu’il en soit le cinquième acteur français de la gestion d’actifs avec près de 200 milliards sous gestion (110 pour AIF et un peu plus de 75 pour OFI). Toutes filiales confondues (Zencap, Infravia, etc), il rassemblerait près de 400 salariés. Avec Egamo (groupe VYV) , OFI Invest devient l’un des deux principaux gestionnaires d’actifs du monde mutualiste.