Banque Privée

Neuflize OBC reprend une posture offensive

La filiale française d’ABN Amro vient de fusionner sa banque privée avec sa banque d’entreprise. Elle a par ailleurs regroupé ses six filiales de gestion d’actifs en deux pôles : l’un dédié au groupe, l’autre aux tiers distributeurs.

Revirement le 3 octobre 2008. Après plusieurs mois de tribulations, ABN Amro, acquis un an plus tôt par RBS, Fortis et Santander, repassait dans le giron de l’Etat néerlandais et Neuflize OBC, sa filiale française, avec. « Jouissant d’une liberté retrouvée », d’après les propos de Philippe Vayssettes, son président, Neuflize OBC a entrepris une importante réorganisation en 2009 « afin de renouer avec la croissance » dès cette année.

Rattraper le temps perdu.

Avec 30 milliards d’euros d’encours gérés (22 milliards d’euros pour la clientèle de la banque et 8 milliards d’euros via la distribution externe), Neuflize OBC compte parmi les grands établissements financiers de la Place. Mais l’incertitude qui a prévalu ces dernières années a stoppé net tout développement.

La réorganisation à trois ans que vient d’engager la filiale française correspond à de grandes ambitions : Philippe Vayssettes, satisfait de la solidité et de la confiance de son nouvel actionnaire, entend augmenter ses encours gérés de 4 milliards d’euros en 2010, dont une collecte de 2,4 milliards d’euros auprès de sa seule clientèle, contre 200 millions d’euros l’année précédente. Un vœu uniquement justifié par une conviction forte dans la refonte de son organisation autour de deux projets : la fusion de la banque privée et de la banque d’entreprise d’une part, et la rationalisation de ses six filiales de gestion d’actifs en deux pôles d’autre part.

Fusion de Banque de Neuflize OBC et de Neuflize OBC Entreprises.

Les centres de gestion patrimoniale, au nombre de 7 à Paris - rassemblés avenue Hoche - et de 11 en province, réunissent désormais les 120 banquiers privés et banquiers d’entreprise sous une même structure juridique depuis novembre. En affectant aux professionnels des locaux et un responsable uniques, Philippe Vayssettes entend éradiquer le principal obstacle commun à toutes les banques : satisfaire le résultat d’exploitation de deux entités distinctes qui entraîne des problèmes de rémunération et limite le plus souvent la coopération au strict nécessaire.

Opérationnelle depuis juillet 2009, la nouvelle stratégie consiste à mettre en face du client autant que possible un seul interlocuteur qui gère la relation globale et s’appuie sur les expertises satellites parisiennes de Neuflize en termes d’ingénierie patrimoniale et financière, d’immobilier, d’art ou de gestion d’actifs.

Pour une meilleure lisibilité.

Afin de rationaliser les coûts et d’absorber la baisse des marges dans le secteur, les six entités de gestion d’actifs de Neuflize OBC viennent d’être regroupées autour de deux pôles : Neuflize OBC Investissements, d’abord, assurera la gestion de la filiale française et celle d’ABN Amro. Elle réunira Neuflize OBC Asset Management (NOAM), la filiale de multi-gestion Asset Allocation Advisors (AAA) et sa recherche en gestion quantitative ainsi que la gestion de la banque.

Neuflize Private Assets (NPA), ensuite, regroupera Fontenay Gestion et anciennement Neuflize Private Assets, sociétés de gestion spécialisées respectivement sur les actions françaises et sur la performance absolue. « Cette nouvelle structure a vocation à assurer la partie la plus importante de son développement - à hauteur de 80 % - à l’extérieur du groupe, auprès d’autres banques et d’indépendants », explique Philippe Vayssettes, visant cette année une collecte hors clientèle de la banque de 1,4 milliard d’euros, contre 400 millions d’euros en 2009. Neuflize Private Assets continuera toutefois à proposer à la clientèle de la banque ses OPCVM et mandats

de gestion.