Natixis IM et H2O AM actent enfin leur divorce

Jean-Loup Thiébaut
Un accord avait été trouvé en janvier 2021, mais les échanges avec les autorités réglementaires ont retardé la finalisation de cet accord.
Bruno Crastes, fondateur de H2O AM

Natixis Investment Managers et H2O Asset Management viennent d'annoncer ce 25 mars la finalisation de leur accord de dénouement de leur partenariat. Cela met fin à un an et demi d'incertitudes, la filiale du groupe BPCE ayant annoncé cette séparation en novembre 2020.

Natixis IM a rendu ce jour 26,61% de son capital à H2O AM, et rendra, d'ici quatre à six ans, les 23,4% restants. Cela a permis à de nouveaux collaborateurs du cofondateur de H2O AM Bruno Crastes d'entrer au capital, faisant grimper le nombre d'employés actionnaires à 40, soit plus de la moitié de l'effectif. D'autres collaborateurs se sont, eux, renforcés. La part de capital des deux fondateurs reste inchangée.

H2O AM va, dans le même temps, mettre en place des conseils de surveillance composés d’une majorité de membres indépendants. Leur composition n'a pas été communiquée. Natixis IM n'aura toutefois aucun administrateur au sein de H2O AM. La société de gestion a également indiqué qu'elle avait fait évolué son organisation renforçant sa gouvernance dans toutes les fonctions (gestion, opérations, contrôle des risques et conformité), avec l'aide d'un cabinet de conseil, et renforcé ses réserves financières.  

Enfin, cet accord entérine la réinternalisation des activités de distribution au sein de H2O AM, entamée en 2021.

Ce divorce fait suite à l'affaire Windhorst, qui a explosé en juin 2019, à la suite d'un article du Financial Times. Celle-ci a terni l'image de H2O AM, et par ricochet celle de son actionnaire majoritaire Natixis IM. La multiboutique de Natixis avait décidé, en novembre 2020, de se séparer capitalistiquement et commercialement de sa pépite. Un accord avait été trouvé en janvier 2021, mais les avocats représentant les porteurs de parts des fonds du gestionnaire et les conseillers en gestion de patrimoine n'avaient pas tardé à manifester leur inquiétude. Les échanges avec les autorités réglementaires ont également retardé la finalisation de cet accord.