Nalo affiche de fortes ambitions pour 2021

Pauline Armandet
Boostée par la crise du Covid, la fintech a publié les chiffres de sa croissance. Outre l'assurance vie, elle veut proposer de nouveaux produits cette année.
Guillaume Piard, CFA, fondateur & CEO @ Nalo

Le timing est bien choisi. A l’heure où un rapport accuse les robo-advisors européens de manquer de transparence, Nalo a décidé de parler. La fintech française annonce avoir atteint 150 millions d’euros d’encours sous gestion fin 2020, contre 30 millions en 2019. Elle table sur 170 millions pour 2021.

A ce jour, Nalo affiche 110 millions d’euros de collecte d’assurance-vie et table sur 20 millions de collecte sur le mois de janvier. «Nous sommes le 3e partenaire de Generali en termes de collecte, juste derrière Boursorama banque et ING direct», se targue Guillaume Piard. Tous partenaires confondus, Nalo serait le cinquième distributeur de l’assureur. «Nous sommes dans un mouchoir de poche avec la concurrence alors qu’il y a trois ans on collectait 6 millions d’euros», ajoute-t-il.

Le robo-advisor revendique 6.700 clients et en prévoit 7.600 d'ici fin janvier. 30% de ses nouveaux clients arriveraient grâce au bouche-à-oreille. La fintech a par ailleurs donné des indications sur ses clients : en trois ans, les versements automatiques ont progressé de 50%. Désormais, 76% des clients de Nalo font des versements programmés automatiques mensuels. Par ailleurs, un client sur deux a déjà fait un versement complémentaire manuel. Une habitude considérée comme «assez rare» pour un partenaire aussi jeune de Generali.

L’encours moyen par client se situerait autour de 22.000 euros, contre environ 35.000 euros en 2018. «Ce chiffre a baissé avec notre croissance exponentielle», admet son dirigeant, précisant un doublement de l’encours moyen en terme de cohorte par souscription.

PER dans les cartons

La fintech propose à ce jour seulement de l'assurance vie à ses clients, sous la forme du multi-projet. En trois ans, ses clients sont d'ailleurs passés de 1 à 1,6 projet de vie géré par la plateforme. «Le fait de transformer notre stock clients, c’est un signe que le multi-projet commence à être adopté et que cette façon d’investir commence à être sollicitée par nos clients», se targue son patron.

Cette année, la fintech réfléchit à lancer d’autres produits, à l’instar du PER déjà mis en place par Yomoni. «Nous avons dans les cartons l'idée de proposer un PER. On préfère prendre notre temps pour trouver les bonnes solutions. Nous aimons bien le PER car il y a une première fenêtre ouverte sur les compartiments», a déclaré son dirigeant. Si elle devait lancer un tel produit, elle irait «beaucoup plus loin» que la proposition actuelle du gouvernement. «On exploitera ces poches mais on les mettra en cohérence avec le multi-projets Nalo. Cela sera de la haute couture en matière d’usage», précise son dirigeant.

La fintech compte également améliorer son offre ISR, choisie par 40% de ses clients depuis son lancement en 2017. La fintech devrait basculer cette allocation vers une allocation par défaut au cours de l’année. «L’allocation ISR n’a pas à pâlir par rapport à d’autres performances», estime Guillaume Piard.

1.000 contrats d'assurance vie en attente de transfert

Enfin, la fintech désire «redonner» du pouvoir à l’épargnant. L’entrée en vigueur de la loi Pacte laisserait «trop de place à l’interprétation» sur la question de la transférabilité des contrats. «Les grands perdants de ce jeu de dupe sont les assureurs. Il faudrait une transférabilité totale pour une concurrence saine», considère Guillaume Piard, qui précise avoir 1.000 contrats en attente de transfert.

Lancé en 2016, Nalo a réalisé une première levée de fonds de 2 millions d’euros en 2018 auprès de 69 business angels, complétée par 4 millions en 2020 apportés par 133 business angels. La fintech de 14 salariés, compte recruter 10 personnes supplémentaires.

La semaine dernière, son concurrent Yomoni, a annoncé avoir atteint 320 millions d’euros d’encours sous gestion à fin décembre 2020, en hausse de près de 80%, et viser 500 millions en 2021. La fintech affiche également une collecte nette de 120 millions d’euros, en hausse de 76% depuis fin 2019. Le robo-advisor est passé de 15.000 à 25.600 clients en 2020.