Notation

Morningstar importe sa notation qualitative en Europe

Présente sur ce créneau depuis le début des années 2000 aux Etats-Unis, la société de notation réplique ce service en Europe L’organisme n’est pas rémunéré par les sociétés de gestion et reste libre de décider quels fonds seront notés.

Dans les deux cas, il s’agit de notation mais la notation qualitative présentée par Morningstar aujourd’hui n’a pas grand-chose à voir avec ses célèbres « étoiles ». Pour bien marquer la différence avec ses notes quantitatives, l’organisme a d’ailleurs préféré matérialiser la note qualitative non seulement par des pictogrammes, mais aussi par des adjectifs, de « élite » à « déficient » (voir illustration), plutôt que par un chiffre ou une lettre, comme il le fait aux Etats-Unis (L’Agefi Actifs n°354, p. 14).

A terme, Morningstar a l'intention d'analyser 3.000 fonds en Europe et en Asie avec cette technique, en plus des 2.000 examinés aujourd’hui aux Etats-Unis. Pour chaque fonds, la note est accompagnée d’un rapport complet de plusieurs pages pour justifier l’appréciation donnée à l’OPCVM.

« L’objectif est d’élever le débat au-delà de ‘bon fonds/mauvais fonds’ pour aider les investisseurs et leurs conseillers à comprendre comment un fonds peut s’intégrer dans un portefeuille global », précise la société.

Cinq piliers.

Pour assoir sa note, Morningstar se base sur cinq critères : l’équipe de gestion, la qualité de la société, le processus d’investissement, la performance et les frais. L’agence dispose de 28 analystes en Europe et en Asie et de 53 analystes basés aux Etats-Unis. L’organisme décide, en fonction de « l’intérêt des investisseurs », quels fonds seront notés. « Les analystes de Morningstar choisissent de couvrir un fonds selon la taille des actifs, la pertinence de l’objectif de gestion pour l’investisseur ainsi que la prise en compte de la demande du marché. Ceci afin de s’assurer que les fonds couverts intéressent le plus grand nombre d’investisseurs », explique-t-il.

Aujourd’hui, ils sont une petite trentaine en Europe, dont certains bien connus comme Centifolia (qui bénéficie de la note « élite »), Moneta Micro entreprises (avec la note « supérieur ») ou Tocqueville Dividende (« standard »). Les notes pourront être accessibles sur les différents outils institutionnels de Morningstar, mais aussi sur les sites internet gratuits destinés aux particuliers.

« Etant donné le climat financier international, le besoin des investisseurs et des conseillers en investissements d’avoir accès à une recherche objective, impartiale, assise sur un processus entièrement transparent, n’a jamais été aussi important », note Christopher Traulsen, directeur de la recherche chez Morningstar Europe et Asie dans un communiqué.

Enfin, et bien que ce dernier point puisse laisser perplexe quant au modèle économique de ce service, Morningstar, contrairement à Standard and Poor’s qui propose aussi une note qualitative des fonds, ne perçoit aucune rémunération des sociétés de gestion.

Pour aller plus loin

Liste des fonds notés avec leurs rapports de gestion sur www.morningstar.fr