Meyon lance son application en gestion de patrimoine

La fintech française ambitionne de drainer la clientèle bancaire avec une recette qui combine algorithme de recommandation et CGP.
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Un robo-advisor de plus ? Pour Vincent Couroyer, président de Magnacarta Patrimoine, la solution apportée par Meyon - dont le CGP est partenaire - constitue «la réponse à la vieille querelle entre les nouveaux acteurs spécialisés dans le digital et les anciens qui fondent tout sur la relation humaine». La fintech française a lancé le 22 septembre une application qui combine recommandations d'investissement algorithmique et CGP de chair et d'os. 

Quatre produits d'investissement

Le parcours de souscription est automatisé par défaut et peut-être réalisé en quelques minutes. «Le rapport de mission et le rapport de suivi annuel - point de compte, état des performances - sont entièrement automatisés», indique Ludovic Farnault, son directeur général. L'investisseur moins à l'aise pourra cependant toujours demander à être épaulé par l'un des 6 CGP dédiés à la plateforme.

Une fois le profil de risque établi, l'agorithme soumet l'un ou plusieurs des quatre types d'investissement proposés par la plateforme : un contrat d'assurance vie en mandat d'arbitrage en partenariat avec Spirica, la SCPI Neo de Novaxia, un compte sur livret de MyMoneyBank ou un investissement en Girardin géré par Inter Invest si un besoin d'optimisation fiscale est détecté.

Les portefeuilles présents en assurance vie sont arbitrés de façon automatique mais construits par Meyon sous forme de mandats d'arbitrage, qui peut demander à Spirica de référencer de nouveaux supports si besoin. 

Trois niveaux d'offre

Trois niveaux d'offre sont proposés : 

- une offre «gratuite» - Meyon se rémunérant en rétrocessions - à partir de 1.000 euros d'investissement. 

- une offre premium, payante et accessible à partir de 50.000 euros d'investissement. Ici, le conseiller est dédié et l'investisseur a accès à l'agence physique de Meyon sur Paris. A partir de ce plateau, le conseiller peut faire des recommandations d'investissement sans être tenu par l'offre socle de Meyon. A la rémunération par rétrocessions s'ajoute le prix de l'abonnement. 

- une offre «ultime», payante et accessible à partir de 500.000 euros d'investissement. A l'abonnement et aux rétrocommissions peuvent ici s'ajouter des honoraires. Elle donne accès à un binôme de conseillers et à un service d'ingénérie patrimoniale. «Sur la partie conseil en investissement financier, nous travaillons beaucoup aux success fees», fait savoir Ludovic Farnault. 

Quand on demande à Ludovic Farnault comment il compte se démarquer des autres robo-advisor déjà présents sur le marché qui proposent aussi du conseil, il fait valoir une offre plus complète que ses concurrents. «Nous proposerons certainement l'accès à un PER et des produits structurés rapidement, ajoute-t-il. Le but n’est pas d’aller chercher les clients des CGP ou de Yomoni, mais ceux des banques.»

La roadmap de Meyon prévoit d'ailleurs, dans un futur incertain, l'accès à des moyens de paiement et à du crédit. D'ici là, la fintech prévoit un point d'étape en mars 2023 avec 1.000 clients et une première levée de fonds et une V2 de la plateforme en mars 2024 avec l'intégration de nouveaux produits en fonction des retours clients.