A l’ouest, du nouveau !

L'édito du rédacteur en chef de l'Agefi Actifs, Jean-François Tardiveau, paru dans notre dernière édition papier.

Les nuages d’orages se formant dans un vent d’ouest, il sera bien difficile d’aller à l’encontre du nouveau président des Etats-Unis Donald Trump, pour qui le changement climatique est un canular. Car au moins sur le plan politique, les perturbations qui menacent viennent bien de cette direction.
On n’épiloguera pas sur les annonces spectaculaires de l’homme fort de Washington, comme son autorisation de la construction d’un mur entre le Mexique et les Etats-Unis. On pourra en revanche s’interroger sur les effets à long terme de la politique isolationniste d’une puissance qui n’a pas seulement des relations commerciales – multilatérales ou bilatérales – avec les autres nations mais également des intérêts – notamment en Asie – financiers, économiques et géopolitiques. Pour le moment, les marchés n’en ont cure et sans vision claire sur grand-chose, à commencer par le programme du candidat devenu président, Wall Street joue néanmoins au Monopoly et vient de toucher 20.000… points.

Plus proche de nous – mais toujours venant de l’ouest –, d’autres perturbations pointent, en lien cette fois avec la stratégie des Britanniques pour mener à bien leur Brexit. Sur le papier, même si le Parlement aura son mot à dire, Londres a pris le parti d’une ligne dure et fourbit ses armes vis-à-vis de l’Union européenne pour se placer en position de force dans les négociations. Parmi ses menaces, la Première ministre Theresa May brandit l’arme du « dumping fiscal ». Qu’il s’agisse d’un vrai risque où d’un coup de bluff, la fiscalité est bien l’un des talons d’Achille de l’Europe. Et même si le régime appliqué aux entreprises outre-Manche est déjà avantageux et que la situation économique du pays et son désarrimage ne lui donnent plus une grande marge de manœuvre, Theresa May aura bien su appuyer là où « ça fait mal ». Comprenez, des pays sur le Continent doivent clairement s’atteler à faire sauter les carcans. La France surtout, alors que la dernière étude de l’Insee pointe l’envie des ménages d’épargner plus. Que les épargnants y voient plus clair est aussi un préalable indispensable au retour de la confiance. La confiance, justement, est ce sentiment qui a conduit encore, cette année, des conseillers financiers à passer leur certification pour mieux accompagner leurs clients. Cet examen grandeur nature et sans concessions méritait que nous lui consacrions notre enquête, non sans tirer un grand coup de chapeau  aux lauréats compte tenu des connaissances requises et de la complexité de l’ingénierie patrimoniale. Avec une mention spéciale pour les problématiques fiscales aussi épaisses qu’un brouillard anglais…

jftardiveau@agefi.fr