L’OFCE formule ses propositions pour préparer la reprise

Fabrice Anselmi
Une bonne transition des mesures de soutien vers celles de relance doit éviter la dégradation de l’emploi et les faillites, estime l'Observatoire français des conjonctures économiques.

Soutenir l’emploi des jeunes, instaurer un moratoire sur la réforme de l’assurance chômage, indemniser les coûts fixes des entreprises. L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) a formulé, lundi, des propositions plus engageantes que celles prévues à ce stade par le gouvernement pour assurer la «transition» des mesures d’urgence vers la relance. «L’incertitude sanitaire reste grande mais la campagne de vaccination permet maintenant de concevoir une économie sans contraintes sanitaires fortes. Celle-ci sera marquée par des pertes de revenus de certains ménages et entreprises, qui sont cachées par les mesures de soutien», explique Xavier Ragot, président de l’OFCE, en introduction de cette note collective, qui fait écho à certaines propositions du Conseil d'analyse économique (CAE) à  l'été 2020. «La transition des mesures de soutien aux mesures de relance doit éviter la dégradation de l’emploi et les faillites», ajoute-t-il.

Estimant que «l’évolution du chômage est très incertaine et dépendra en premier chef des mesures mises en place en 2021», les auteurs défendent un moratoire sur la réforme de l’assurance chômage tant que le chômage n’est pas revenu à son niveau d’avant-crise (7%), ainsi que le report jusqu’à «la fin de la crise sanitaire» de la baisse du taux de prise en charge du chômage partiel par l’Etat. Cela pourrait représenter un coût de 10 milliards d’euros cette année.

Ils proposent aussi la création d’emplois aidés, pris en charge pour moitié par l’Etat, dans les services à la personne pour les plus de 25 ans ayant perdu leur emploi l’an dernier. Pour cette année, ils tablent sur 500.000 emplois aidés, pour un coût de 4,7 milliards d’euros. Ils défendent également des mesures spécifiques pour les jeunes, avec la création de 200.000 contrats aidés supplémentaires en 2021 pour ceux arrivés sur le marché du travail depuis le début de la crise, et une aide temporaire jusqu’à 560 euros par mois pour les jeunes actifs ayant perdu leur emploi et les jeunes actifs étudiants dont les contrats courts n’ont pas été renouvelés.

Pour soutenir les entreprises, l’OFCE plaide pour une adaptation de l’indemnisation des coûts fixes, qui compenserait les pertes liées à la sous-utilisation du capital productif (incluant aussi les loyers), plutôt que sur la seule perte de chiffre d’affaires, car ce dernier «peut avoir peu de rapport avec les coûts fixes de l’entreprise». Cette aide serait déduite des montants perçus via le fonds de solidarité pour les entrepreneurs individuels, et pourrait ainsi coûter 18 milliards d’euros cette année.