L’innovation, dans une économie développée, est le seul moteur puissant de croissance organique pérenne

L’Agefi Actifs. - Déstabilisés par la crise, les établissements financiers cherchent à nouveau à restaurer leurs marges. Quelles solutions sont-ils en mesure de mettre en place : baisser les charges ou briguer de nouvelles sources de revenus ?

Olivier Arroua. -Couper dans les dépenses reste le modèle favori des dirigeants, notamment lorsqu’ils prennent en main une entreprise, mais ce n’est pas une solution durable. De même que fusion n’est pas forcément synonyme de synergies et de réduction de charges. L’histoire montre d’ailleurs que dans 70 % des cas, les rapprochements détruisent de la valeur. A moyen et long terme, les acteurs qui survivent sont ceux qui savent se différencier et chercher des relais de croissance ailleurs que dans l’apparence d’économies d’échelle. Tout regroupement sur le sol français serait aujourd’hui, de mon point de vue, totalement contre-productif par exemple.

Les établissements financiers doivent donc investir et innover sur leur cœur de métier - la pression réglementaire, actionnariale et de l’opinion publique leur imposent de revenir aux fondamentaux. L’innovation, dans une économie développée, est le seul moteur puissant de croissance organique pérenne. C’est prendre le risque de faire les choses différemment, imaginer de nouveaux produits et services tels que des cartes bancaires multiservices, des crédits hypothécaires, des produits d’assurance hybrides, une combinaison d’expertise, de réseaux et de capitaux pour soutenir le développement des PME… et accepter de perdre, parfois.

Et les pays émergents…

- C’est un relais de croissance externe très important. Certains ont très bien réussi leur intégration internationale en investissant dans des zones à fort potentiel, d’autres beaucoup moins. Car il ne s’agit pas d’exporter un modèle qui fonctionne en niant ce qui existe déjà mais plutôt de faire cohabiter dans un vaste ensemble des groupes aux cultures et usages différents. Attention à ne pas se positionner comme un sauveur, il faut accepter d’apprendre et pas seulement se contenter d’imposer un savoir-faire. Dépasser les frontières, c’est aussi l’occasion d’importer des techniques sur le sol français.