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L’IGP revendique sa transversalité

L’Institut de gestion de patrimoine de Paris-Dauphine s’ouvre à de nouvelles matières
Il souhaite élargir les débouchés de ses étudiants, notamment vers les professions réglementées
DR, Frédéric Gonand, directeur, IGP et Amélie de Bryas, directrice adjointe, IGP

Début 2016, l’Institut de gestion de patrimoine (IGP) de l’Université de Paris-Dauphine – qui existe depuis une vingtaine d’années – s’est doté d’une nouvelle direction. Frédéric Gonand, professeur associé à Paris-Dauphine et Amélie de Bryas, avocate et docteur en droit, ont pris les fonctions de directeur et de directrice adjointe. « Nous ne sommes pas un master de droit, mais 40 % de nos enseignements relèvent du droit et de la fiscalité patrimoniale. Nous ne sommes pas un master de finances mais 40 % de nos enseignements le sont. En outre, nous sommes une formation universitaire attachée au développement des qualités commerciales de nos candidats », explique Frédéric Gonand, qui définit ainsi le projet pédagogique.

Une déclinaison en trois piliers. L’IGP est la marque sous laquelle l’Université de Paris-Dauphine décline une série de formations en gestion de patrimoine, rassemblées en trois piliers. A commencer par la formation initiale, avec une licence qui regroupe environ 25 étudiants, un master 1 (M1) de 35 étudiants et un master 2 (M2) de 39 étudiants. Le M1 et M2 s’effectuent en apprentissage, avec trois jours par semaine passés en entreprise. « Nous ne signons, sauf rare exception, que des conventions qui précisent explicitement que nos étudiants assistent à des rendez-vous avec les clients », soulignent Frédéric Gonand et Amélie de Bryas. Deuxième pilier de l’IGP, une formation continue organisée au travers d’un master 2. « Cette année, les étudiants ont entre 28 et 50 ans, ce sont des profils de banquiers ou de notaires ou d’experts-comptables qui souhaitent ajouter une corde à leur arc et obtenir la compétence juridique appropriée », précise le binôme. Le troisième pilier concerne la formation intra-entreprise. « Des entreprises nous demandent de mettre en place une formation dédiée à leurs employés. Nous délivrons des certificats universitaires, un diplôme ’maison’. Nous pouvons également proposer l’obtention d’un diplôme universitaire ». L’IGP forme 30 personnes dans chacune des trois entreprises clientes, soit une centaine de conseillers en gestion de patrimoine formée à l’institut chaque année.

L’importance des « savoir-être ». Si l’IGP revendique la transversalité des enseignements, aussi importante en droit que dans les matières économiques, l’institut soigne également la mentalité professionnelle du candidat, un objectif qui se concrétise notamment par le fait que la scolarité, en master, s’effectue en apprentissage ou en contrat de professionnalisation. En outre, fait original, la nouvelle direction de l’IGP a souhaité mettre en place des pratiques pédagogiques innovantes qui favorisent les « savoir-être » des étudiants, appelés à conseiller une clientèle haut de gamme, dans une démarche plébiscitée par les entreprises : « Cela se traduit par des cours de théâtre, ou encore un cours d’étiquette professionnelle, avec une sortie à l’opéra et un après-midi dans une galerie d’art, le but étant pour les étudiants de se familiariser avec les codes sociaux de leurs clients », illustre Frédéric Gonand. A noter que d’autres cours ont fait leur apparition ces dernières années : les successions internationales, le crédit patrimonial ou encore le marché de l’art.

Ouverture vers l’international et les technologies. L’international est en effet l’un des axes de développement de l’IGP qui compte créer un réseau de professionnels référents au Luxembourg, « un pays clé pour la profession en Europe, et plus encore avec le retrait de l’Union européenne décidé par le Grande-Bretagne ». Par ailleurs, l’IGP souhaite multiplier les enseignements utilisant les nouvelles technologies numériques, tels que les MOOC ou encore les SPOC (Small Private Online Course). Enfin, Frédéric Gonand et Amélie de Bryas disent leur intention d’élargir les débouchés des étudiants : « Actuellement essentiellement focalisés sur les métiers de la banque privée, nous souhaitons ouvrir l’accès de nos étudiants à un placement auprès des assureurs en prévoyance ou encore des professions règlementées tels que les avocats, les notaires et les experts-comptables »