Grand Prix du Patrimoine Jeunes Diplômés 2015

L’IAE Gustave Eiffel et Paris-Dauphine se distinguent

C’est la treizième fois que les troisièmes cycles de l’enseignement supérieur en gestion de patrimoine sont appelés à relever le défi
Aux résultats d’épreuves ayant révélé des notes particulièrement élevées en moyenne, trois cursus dominent un palmarès inédit
Photos : S.Tatinclaux, La cérémonie de remise des prix s’est déroulée dans l’ambiance moderne et technologique du Concept Store de BNP Paribas, place de l’Opéra.

Il est des lignées qui se forment peu à peu. En remportant cette année l’écrit pour la deuxième fois (voir l’édition 2009), Paris XII-Créteil rejoint l’élite de nos palmarès dans ce Grand Prix du Patrimoine Jeunes Diplômés organisé depuis 2003 : Caen (deux fois en 2003 et 2008), Nantes (en 2006 et 2012) et surtout Paris-Dauphine quadruple vainqueur (pour son master 2 Droit du patrimoine professionnel en 2005, 2007, 2014 et 2015). Mais au-delà, il faut noter la permanence et le courage de tous ces cursus en gestion de patrimoine qui, année après année, vainqueurs ou pas, tiennent à honorer leurs couleurs avec courage et ténacité. Il faut conjuguer la dernière ligne droite des études supérieures avec les stages professionnels et la charge de travail en équipe propre à notre examen.

En tenant compte de la venue, pour cette treizième édition, de l’université de Rouen, ils ont été 18 à vouloir concourir (lire l’encadré sur la liste des participants). Tous les acteurs ont des raisons de se féliciter de cette mobilisation : les enseignants, qui peuvent se jauger à leurs pairs et faire évoluer leurs formations ; les étudiants dans leur ensemble se mettant sur les rails des toutes prochaines réalités de la vie active et même obtenant, pour les meilleurs d’entre eux, des contacts précieux ; nos partenaires pouvant ainsi repérer la fine fleur de l’enseignement spécialisé ; et nous-mêmes tentant de convaincre de futurs lecteurs fidèles.

Devenu un baromètre de la qualité des troisièmes cycles, notre prix mobilise à l’écrit une centaine d’étudiants pendant six mois et, depuis 2005, comporte un volet oral afin d’être le reflet le plus complet possible des exigences des métiers patrimoniaux.

Un écrit et un oral décentralisés aboutissant à une finale.

Le Grand Prix Jeunes se décompose en trois phases. La première consiste à résoudre à l’écrit et par équipe de cinq au maximum un cas pratique d’ingénierie patrimoniale concocté depuis l’origine par la Compagnie des conseils et experts financiers (CCEF) dont la caractéristique est d’être pluriprofessionnelle et donc d’ouvrir un horizon large sur les métiers patrimoniaux. Son exposé (lire p. 24) a été adressé aux candidats à la mi-octobre 2014 de manière à leur permettre – ainsi qu’au corps enseignant – de programmer leur planning de travail et de pouvoir restituer leurs connaissances le 27 mars 2015, date limite de remise des copies.

Cette partie théorique permet de décerner notre « Grand Prix de l’Ingénierie ».

La deuxième étape prend la forme d’un examen oral décentralisé sur les différents campus à Paris et en régions afin de présélectionner les étudiants. En s’appuyant sur la situation du client patrimonial exposée dans le cas pratique, l’ensemble des candidats a passé dans le courant du premier quadrimestre 2015 un entretien de type découverte clientèle afin de préciser les attentes familiales et financières des intéressés, en l’occurrence la famille Mimosa. Ces auditions mobilisent en tant que jurés une quarantaine de responsables de BNP Paribas Banque Privée et de Cardif, partenaires historiques de la manifestation.

Les notes individuelles obtenues à cette occasion sont agrégées pour chaque équipe et la moyenne en découlant est consolidée avec la notation écrite. L’objectif de ce système croisé de sélection est de déterminer les groupes les plus homogènes à la fois sur les plans technique et commercial.

Au terme de ces étapes, les représentants des cinq meilleurs groupes ont été invités à se départager individuellement lors d’une finale de l’oral à Paris, qui conduit au podium du « Grand Prix du Conseil ».

GRAND PRIX DE L’INGÉNIERIE

L’épreuve écrite a mis en compétition, après quelques défections, 18 équipes. Leurs copies sont corrigées, au travers d’un double filtrage, par le jury interprofessionnel issu de la Compagnie des conseils et experts financiers (CCEF – lire l’encadré sur les membres du jury).

Une grille d’appréciation très précise intègre des critères de forme : identification du contexte, présentation du document, clarté de l’exposé, empathie vis-à-vis du client, longueur limitée de l’exposé... Les correcteurs s’attachent aussi, bien sûr, à l’analyse de fond concernant les propositions et préconisations juridiques, fiscales et financières, leur adéquation avec les attentes du client, ainsi qu’à la qualité de l’argumentaire.

Une notation de 0 à 5 pour la cinquantaine de critères retenus permet d’établir le classement définitif. Il en est ressorti pour cette édition 2015 le palmarès suivant :

Premier prix.

Il a été attribué à l’équipe du master 2 Gestion de Patrimoine de Paris XII Créteil - IAE Gustave Eiffel composé de :

- Emilie Cedeyn

- Teldja Ficat

- Kévin Lajus

- Mehdi Lalouani

- Yann Dedouche

Dirigé par Arnaud Thauvron , ce master a déjà été honoré en 2009. La copie des lauréats est à lire en page 22.

Deuxième prix.

Ce sont les cinq étudiants du master 2 Gestion de patrimoine de l’Esemap Angers, dirigés par Bruno Séjourné, qui occupent la deuxième marche du podium :

- William Bleuze

- Justine Fassot

- Eric Gevia

- Jeremy Le Bozec

- Bénédicte Mikolajczyk

Troisième prix.

Il revient au master 2 Négociation et ingénierie patrimoniale de l’université de Lorraine, dont la responsable des études est Muriel Michel-Clupot :

- Mathilde Alliotte

- Marie Boutry

- Joseph Dureux

- Florian Marques

- Afafe Rafiki

Il est à noter que ces trois équipes ont dominé un millésime particulièrement remarquable puisque sept cursus ont obtenu des notes égales ou supérieures à 14/20 et que parmi les 18 postulants, tous ont obtenu une note égale ou supérieure à la moyenne.

GRAND PRIX DU CONSEIL

Pour la finale de l’épreuve orale, 24 étudiants ont été sélectionnés à l’issue du parcours de présélection. Ils ont eu à se départager dans les salons du siège de BNP Paribas Banque Privée à Paris, le 29 juin dans l’après-midi. Les finalistes agissant désormais à titre purement individuel étaient issus des masters 2 des universités de Paris-Créteil, Angers, Rouen, Paris-Dauphine (master Gestion de patrimoine) et Aix-Marseille-Cetfi.

Face à deux professionnels chevronnés de BNP Paribas Banque Privée et de Cardif (lire l’encadré sur les membres du jury) dans les rôles impartis des clients – Monsieur et Madame Mimosa –, chacun des étudiants a dû faire établir la passerelle entre le rendez-vous de présentation noué en présélections régionales et, pour cette reprise de contact, ses préconisations concrètes.

Pour ce rendez-vous décisif, ils ont le choix d’enfiler le costume d’un salarié d’un établissement financier ou celui d’un professionnel libéral. Objectif : convaincre en une demi-heure au travers d’un argumentaire serré et d’un échange en situation réelle.

Les éléments pour les juger portent sur leur présentation, leurs connaissances techniques et l’empathie (3 points pour ces critères) ainsi que, avec un fort coefficient (11 points), sur la réactivité commerciale, élément essentiel des professionnels en activité. Après délibération, le jury a mis sous les projecteurs les prestations des candidats suivants :

Premier prix.

François Levavasseur, du master 2 Gestion de patrimoine de Paris-Dauphine

Deuxième prix.

Kevin Lajus du master 2 Gestion de patrimoine de l’IAE Gustave Eiffel

Troisième prix.

Philippe Rolin du master 2 Gestion de patrimoine de Paris-Dauphine

REMISE DES PRIX

La cérémonie de remise des prix a eu lieu le 29 juin dans un  lieu parfaitement adapté à la célébration d’une jeunesse conquérante : le Concept Store de BNP Paris, place de l’Opéra, mêlant technologies digitales et architecture d’intérieur très moderne. Face à leurs futurs pairs de toutes les sensibilités du conseil patrimonial, les lauréats ont reçu des cadeaux de prestige de la part des partenaires du Grand Prix, un abonnement d’un an à L’Agefi Actifs pour tous les finalistes, un chèque pour les vainqueurs des deux épreuves et, bien sûr, leur diplôme de reconnaissance.

Au cours de cet événement permettant aussi et surtout aux jeunes de nouer des relations fructueuses pour leur avenir professionnel, Béatrice Belorgey, directeur de BNP Paribas Banque Privée, s’est félicitée du partenariat noué dès 2003 avec le concours initié par L’Agefi Actifs. « Nous attachons énormément d’importance à l’accompagnement des jeunes, un concept que nous ne cessons de déployer. Par cette épreuve, nous vérifions la capacité de mise en pratique des savoirs acquis tout au long des études et c’est vers beaucoup d’entre vous que se dessine l’avenir d’un grand réseau comme le nôtre. »

Jean-Christophe Boccon-Gibod, directeur du développement commercial de Cardif, qui venait de présider au sort de la finale de l’oral, a mis en avant  les critères de choix du jury : « Nous avons été attentifs aux éléments tenant à la réactivité commerciale. Certains parmi vous arrivent à capter l’atmosphère et à prendre des informations tout en se présentant. Savoir créer du lien est primordial. A l’issue de longs débats pour départager les universités, nous avons retenu les candidats qui ont réussi à sortir de leur rendez-vous en parvenant à organiser une prochaine rencontre. Envisager l’étape suivante est primordial dans un métier commercial, en plus de l’approche juridique et financière qu’il nécessite. »

En dernier lieu, Silvestre Tandeau de Marsac, avocat ayant la haute main sur le palmarès de l’écrit, a promu l’interprofessionnalité défendue par la CCEF : « Le prix est remis à une équipe car apprendre à travailler ensemble est essentiel. Il faut appréhender un cas comme celui des Mimosa en faisant appel à des savoirs très variés. Votre métier est au cœur de disciplines différentes et complexes. » Et mettant en exergue les évolutions liées au digital, il a observé que « pour ne pas être doublé par les robots, il faut évoluer et ne pas être moutonnier. Finalement, il faut garder à l’esprit cette phrase de Virgile ’on se lasse de tout excepté d’apprendre’ ».