Les petites banques privées suisses gagnent des parts de marché

La collecte nette d'EFG, Sarasin ou Pictet est en nette progression sur 2008, alors qu'UBS et Credit Suisse ont flanché en fin d'année.

Si l’ensemble des activités de banque privée en Suisse a été affecté par la crise, la donne n’est pas la même pour tous. «Les plus petits acteurs ont gagné des parts de marché par rapport aux grandes banques intégrées, moins attractives car plus exposées à la crise», relève un analyste. «Les banques privées suisses ont globalement souffert de la réduction des investissements de leurs clients, mais les plus petites entités se sont le mieux comporté en termes de collecte. Je pense notamment aux banques cantonales. Des sociétés comme Sarasin et EFG International ont également affiché de bons chiffres», renchérit un autre spécialiste. Alors que la collecte nette d’EFG International s’est élevée à 18,2 milliards de francs suisses en 2008, celle de Sarasin s’est établie à 7,2 milliards. «La collecte nette de Sarasin représente 18,8% de ses actifs sous gestion, ce qui se compare favorablement à ses concurrents (-8,1 % pour UBS, +5% pour Credit Suisse et +11% pour Julius Baer)», relève KBW. «Les grandes banques qui constituaient souvent par le passé le premier choix des gros clients sont sous pression», expliquait fin janvier Jacques de Saussure, associé chez Pictet. Ce dernier groupe helvétique a enregistré une collecte nette de 17 milliards l’an passé.Parmi les deux grands du secteur, UBS a effectivement accusé des retraits nets de 58,2 milliards sur le seul quatrième trimestre dans la gestion de fortune, qui faisaient suite à une décollecte de 49,3 milliards le trimestre précédent, portant les retraits sur l’année à 123 milliards. «UBS a pâti de ses problèmes dans la banque d’investissement. Des craintes, qui sont désormais balayées, ont émergé sur le fait que la banque n’allait pas forcément survivre à la crise à l’époque où plusieurs établissements américains ont défailli», indique un analyste, qui souligne que le groupe a fait l’objet de deux augmentations de capital du fait de sa forte exposition au subprime. De son côté, si Credit Suisse a enregistré une collecte nette de 42,2 milliards dans la gestion de fortune, celle du dernier trimestre a été réduite à 2 milliards. «Comparativement à UBS, Credit Suisse bénéficie d’un réseau plus solide et s’est révélé moins exposé à la crise», indique un analyste.