Dans les coulisses / Intelligence économique

Les indépendants invités à intégrer cette dimension à leur quotidien

Eric Gaillat, le président de Calao Finance, compte sur ses interventions dans plusieurs villes de France dans le cadre de formations validantes pour attirer l’attention des CGPI sur la notion d'intelligence économique.

Sensibilisé à l’intelligence économique en tant qu’auditeur de l’Institut des hautes études de défense nationale, Eric Gaillat, le président de la société de gestion de capital investissement Calao Finance (L’Agefi Actifs n°424, p. 3), va tenter, lors de rencontres en régions organisées en partenariat avec Cardif, si ce n’est de convertir les CGPI en fins inspecteurs à la pointe de l’information, tout du moins de capter leur attention sur l’importance du sujet et sur ses principes de base. Un chargé de mission régional à l’intelligence économique représentant de l’Etat interviendra en fin de formation.

Cause capitale des hautes sphères de la Nation visant à accompagner les entreprises dans leurs mutations économiques et à les soutenir dans leur recherche de compétitivité, l’intelligence économique fait partie intégrante de la politique publique. Affaire d’Etat ? Pas seulement. Avec l’avènement d’internet, savoir trouver, trier, hiérarchiser, analyser, partager l’information, mais aussi la protéger ou la diffuser pour mieux anticiper et se développer, est devenu un élément de gestion d’entreprise à ne pas négliger chez les grands comme chez les petits.

Une remise en cause permanente.

Evidemment, le mot fait un peu peur, d’autant plus que l’intelligence économique est une préoccupation gouvernementale. Il ne s’agit pas ici de jouer les renseignements généraux avec des informations top secrètes, mais seulement, en tant que professionnel, de se poser les bonnes questions et de se remettre en cause constamment. Trouver la bonne information souvent noyée au milieu d’une multitude d’autres données n’est pas facile, mais n’est pas non plus insurmontable.

Vérifier celui qui la distribue, c’est commencer à intégrer l’intelligence économique dans ses réflexions. Ce média, ce site internet, cette documentation, ce vendeur est-il/elle fiable ? Identifier la bonne information, la cerner et l’utiliser, c’est aussi établir une stratégie, se positionner sur un marché, communiquer à l’extérieur, gérer sa réputation, veiller à ne pas être distancé ou chercher à dépasser la concurrence ; en somme, c’est être attentif à l’environnement qui entoure toute activité. C’est rester en alerte pour ne pas perdre le fil de l’information aujourd’hui aussi volatile que sait l’être la finance, aussi versatile que peut l’être un client. Enseignée par Eric Gaillat, « l’intelligence économique est avant tout affaire de réflexes, de bon sens et de clairvoyance ».

A chacun sa démarche.

S’il existe des outils professionnels payants, comme le tableau de bord commercialisé par Netvibes (Premium for One) qui permet d’agréger en temps réel une grande partie de l’actualité disponible sur le web, de la trier par thématiques, de l’archiver ou encore de l’analyser grâce à des algorithmes perfectionnés, il est également possible de trouver des outils gratuits destinés à la veille économique, comme Newzie, ou de se constituer, à son niveau, un système de classement.

La démarche permet à l’indépendant de surveiller les entreprises dans lesquelles les fonds détenus par ses clients investissent et d’éviter les erreurs commises par le passé telles que les escroqueries liées à la loi Tepa ou à l’immobilier de défiscalisation.

Chacun verra si le jeu en vaut la chandelle, notamment au regard du temps passé ou du coût engendré par l’investissement. Si la mise en œuvre peut être fastidieuse à un niveau individuel, rien n’empêche de traiter la problématique à l’échelon d’un groupement par exemple (certains font déjà de l’intelligence économique sans le savoir) ou, pourquoi pas, d’une association.