Les Français ont une vision paradoxale de leurs banques

Un sondage montre que les particuliers sont à la fois demandeurs de davantage de digital mais aussi d’une plus grande implication de leurs conseillers.

L'Agefi Quotidien

La situation est pour le moins étrange. Dans un sondage, mené auprès de 3.500 particuliers et publié par la toute nouvelle néobanque française Moneway, il ressort que les personnes interrogées sont très majoritairement connectées et utilisent avant tout leurs smartphones pour interagir avec leur banque (65%). Ils s’y connectent plusieurs fois par jour, pour 29% d’entre eux, et au moins une fois par jour, pour 39%. Mais ils sont aussi 81% à considérer que leurs conseillers ne sont pas assez force de proposition. Donc, à en croire cette étude, les Français veulent être à la fois indépendants, en utilisant les nouvelles technologies, mais, pour 67% d’entre eux, ils estiment ne pas être assez accompagnés par les conseillers dans leurs projets.

Ce sondage met aussi en exergue le fait que plus de 81% des personnes interrogées estiment que les conseillers ne sont pas assez «force de proposition». Et cette proportion est encore plus importante chez les jeunes, qui sont 90% (pour les moins de 18 ans) et 84% (pour les 19-29 ans) à le penser.
Les banques traditionnelles se sont pas si mal placées

Ces chiffres sont, certes, impressionnants, mais ne reflètent qu’imparfaitement les relations qu’ont les Français avec leurs banquiers. Car tout aussi insatisfaits soient-ils des services offerts, ils sont 56% à avoir de bonnes relations avec leur banquier, et cette proportion atteint 62% pour la tranche des 30-39 ans. Finalement, ils sont 72% à ne pas envisager de changer de banque cette année (78% pour les 40-49 ans).

Alors certes, beaucoup de particuliers sont attirés par les banques en ligne ou les néobanques (64% au global), et la population jeune en particulier (78% des moins de 18 ans et 71% des 19-29 ans), mais une faible proportion est prête à sauter le pas.

Finalement, cette enquête révèle que si les plus jeunes sont davantage enclins à tenter l’aventure de la néobanque ou de la banque en ligne, cela est beaucoup moins vrai pour les populations plus âgées, et donc plus rémunératrices pour les banques. Il en ressort aussi que si les services digitaux sont indispensables pour les clients, les banques traditionnelles se sont pas si mal placées sur ce point, car, toujours selon ce sondage, les particuliers ne sont que 35% à estimer que leur banque ne leur offre pas assez de services technologiques, et que les conseillers bancaires ont aussi leur rôle à jouer. La bataille de la banque digitale est loin d’être gagnée.