Conseil patrimonial

Les formations obligatoires prévalent

Pour les CGP, le client reste le juge de paix, s’il respecte les règles et les procédures abordées lors des formations obligatoires
Quant aux formations patrimoniales non obligatoires, leur pertinence ne saurait être remise en cause
Virginie Tricoit, en charge de la commission Formation, Chambre nationale des conseils en gestion de patrimoine (CNCGP) – gérante, Eurogest Patrimoine Karen Fiol, membre de la commission Formation, CNCGP - associée, Fortunexpert

Soucieuse de défendre les intérêts de ses adhérents face aux autorités publiques et à leurs partenaires commerciaux, la Chambre nationale des conseils en gestion de patrimoine (CNCGP) considère que le métier repose sur un devoir de conseil  à valeur ajoutée. L’absence de conseil nuirait à la pertinence et à la validité du modèle des CGP - Conseillers en investissement financiers (CIF). L’obligation de conseil est clairement imposée par les textes de loi.

Une intervention délimitée. À ceux qui auraient l’intention de réduire - trop rapidement - l’activité de ces professionnels à une simple démarche commerciale, il convient de rappeler que leur intervention est envisagée dans un cadre règlementaire clairement établi. D’ailleurs, c’est parce qu’il y a lieu de respecter des conditions d’exercice de la profession considérablement revues à la hausse ces dernières années que le vendeur d’hier ne trouve plus sa place dans le schéma réfléchi par le législateur et surveillé par le régulateur. Clairement, en raison des acquis universitaires et/ou d’une expérience basée sur des années de pratique, les CGP-CIF développent au quotidien leur savoir-faire en matière d’approche patrimoniale globale. Pour atteindre cet objectif, il est évidemment nécessaire pour ces conseils de veiller à l’actualisation régulière de leurs connaissances, notamment par le suivi de formations. Est-ce encore sérieusement nécessaire de le rappeler ?

Des formations annuelles obligatoires de 28 heures. Dès lors, cet effort de formation envisagé sur le long terme s’inscrit en plein dans les attributions des associations professionnelles. Ce serait même complètement incohérent de dévaloriser le contenu et l’intérêt de ce type de formations, au seul prétexte qu’elles ont été élaborées par le régulateur, ou encore parce qu’elles sont mises au point sur le terrain à l’initiative de ces mêmes organisations syndicales. D’ailleurs, c’est dans ces conditions qu’un socle commun de formations obligatoires de 28 heures a été élaboré, contre les 43 heures cumulées fixées par la règlementation. Et ceci grâce au regroupement des sujets réglementaires transverses à tous nos statuts qui sont désormais abordés en cinq heures. Il en est ainsi de la lutte contre le blanchiment, des conflits d’intérêt ou encore du traitement des réclamations. Soit 15 heures libérées pour approfondir les échanges clientèles, condition sine qua none pour le suivi dans le temps d’un conseil de qualité et la participation à des formations non obligatoires, mais nécessaires. 

Respecter les règles de la profession et délivrer un conseil patrimonial adapté. Certains organismes de formations ont pu avancer que le « le juge de paix est le client bien plus que la règlementation ». Ce qui est parfaitement valable à condition de préciser une telle affirmation. Plus juste est la position selon laquelle le client représente le juge de paix pour son conseiller, dès lors qu’il intervient dans le cadre d’une règlementation professionnelle parfaitement respectée. C’est le cap que les associations professionnelles représentatives sont tenues de respecter vis-à-vis de leurs adhérents.  D’ailleurs, tout CGP-CIF qui s’investirait dans une démarche au profit de son client sans tenir compte de la règlementation s’exposerait à des sanctions quasi-automatiques. Il n’y a qu’à lire les dernières décisions de la Commission des sanctions de l’AMF pour s’en convaincre. Or, la formation obligatoire est un élément de la règlementation !
 En clair, les formations développées par la Chambre, appuyée exclusivement par des prestataires externes, représentent un gage de bonne pratique pour ses adhérents. Il en va de la défense des intérêts de ses membres.