Les family offices sont restés prudents en 2020

Le baromètre annuel OpinionWay pour l’AFFO démontre que les familles ont préféré stabiliser leurs investissements et demeurer prudentes en 2020.

Stabilisation. C’est le maitre mot du baromètre annuel de l’Association française du family office (AFFO) publié jeudi 22 avril. L’enquête réalisée auprès des mono et multi-family offices ainsi qu’auprès des partenaires de l’AFFO en début d’année porte sur 2020 et l’impact de la crise. Elle montre que l’investissement des familles en France et à l’étranger s’est stabilisé. Le bas niveau des taux d’intérêt et la politique des banques centrales sont en tête des événements jugés marquant pour 71 % des sondés. Evidemment, la pandémie a beaucoup influencé le choix d’investissement des familles, et constitue l’événement impactant cité en premier lieu par les interrogés.

D’autres changements ont également pesé dans les choix des familles, comme la forte valorisation des actifs non cotés, les enjeux climatiques ou les tensions politiques dans le monde. Dans une moindre mesure, les sondés ont également cité le Brexit, les tensions sociales et la montée de l’insécurité en France, ainsi que la montée des populismes dans certaines régions du monde. La propension à investir dans des startups reste élevée et stable, 79 % des sondés mentionnant que les familles qu’ils accompagnent y investissent.

Le private equity toujours en tête

Côté classe d’actifs, six d’entre elles représentent toujours plus des trois quarts (79 %) des investissements des familles. Dans le détail le portefeuille moyen se constitue à :

- 20 % pour le private equity (10 %, -3 points, pour l’investissement en direct, et 10 %, +2 points, pour l’investissement via des fonds),

- 20 % d’actions cotées (+3 points),  

- 18 % pour l’immobilier d’investissement dont 2 % pour la pierre papier,

- 12 % pour la trésorerie,

- 11% pour l’assurance-vie multi-support (-2 points).

Les autres classes d’actifs sont moins présentes dans les choix d’investissement comme la dette cotée, les autres actifs tangibles, la dette non cotée, la philanthropie, les fonds alternatifs et l’art.

Quelle évolution pour 2021 ?

L’enquête montre également qu’en 2021, certains produits devraient être davantage représentés dans les classes d’actifs des familles, notamment les investissements dans les actions cotées, 53 % des sondés tablent sur une augmentation de leur allocation sur cette classe d’actifs, en hausse de 30 points par rapport au précédent baromètre. Les investissements dans les actifs tangibles comme les forêts ou les vignobles devraient aussi s'accroître (+11 points) comme la philanthropie, la dette non cotée (+6 points) et l’art (+7 points). Le private equity, en direct ou via des fonds, la trésorerie, incluant le fonds en euros, et la pierre papier devraient être en revanche moins représentés en 2021.

Quant aux préoccupations des familles face à l’avenir, elles concernent notamment la gestion des allocations financières d’actifs face à l’évolution des marchés et l’adaptation aux changements d’environnement générés par la pandémie.

Des familles plus prudentes et responsables

Si les familles présentent toujours majoritairement un profil d’investisseur équilibré (56 %) cherchant à allier performance et risque modéré, elles sont plus prudentes que les années précédentes et semblent souhaiter avant tout préserver leur capital en limitant les risques. Cependant, les profils dynamiques voient leur part doubler par rapport à l’étude précédente, tandis que les profils offensifs, acceptant les risques les plus élevés, sont moins fréquents. 

L’enquête démontre également que les familles sont de plus en plus sensibles à l’investissement socialement responsable (71 %, +10 points), et la protection de leur famille (95 %, +5 points). Elles se montrent en revanche moins attentives au risque d’image, la perception des autres risques restant globalement stable, qu’il s’agisse des risques liés à la gouvernance, à certains investissements face à l’ubérisation de l’économie ou à la protection des données.

Enfin, le baromètre démontre que les critères les plus importants pour une famille dans le choix d’un multi-family office demeurent la relation personnelle avec le dirigeant et son équipe ainsi que son indépendance, des qualités humaines jugées essentielles. Les autres critères cités sont le réseau de partenaires mais aussi la capacité à accompagner à l’international, le mode et le niveau de rémunération.