Les assureurs participeront légèrement moins à la retraite des agents généraux

La contribution des assurances, assise sur un pourcentage des montants de commissions des agents, baisse de 3% à 2,5%.
(Pixabay)

Comme le résument les acteurs en présence, il n'y a ni gagnant ni perdant dans une négociation, juste un deal. Celui qui a été fixé entre les représentants de la Fédération française de l'assurance (FFA) et la Fédération des syndicats d'agents généraux (Agéa) et qui met un terme à la bataille autour de la caisse de retraite des agents (Cavamac) tient plutôt du statu quo.

La contribution des assureurs au régime de retraite complémentaire des agents généraux passe de 3% du montant des commissions touchées par chaque agent à 2,5%. « Ce demi-point constitue un point d'équilibre raisonnable, commente Grégoire Dupont, directeur général de l'Agéa. Les agents sont très satisfaits : les actifs ne voulaient pas que leurs cotisations augmentent et les retraités que leur pension baisse, l’objectif est atteint. » La retraite des agents est « sauvegardée », s'entousiasme Pascal Chapelon, président d'Agéa, et la caisse reste en conformité avec ses obligations légales en continuant de disposer de quarante années de réserve. 

L'intervention du secrétaire d'Etat aux retraites, Laurent Pietraszewski, a grandement contribué à débloquer la situation, dans l'impasse depuis juin« La FFA a été persuadée de se remettre autour de la table, indique Grégoire Dupont. Ils sont revenus, ont rediscuté du quantum pour parvenir à un accord. » La partie n'était pas gagnée d'avance puisque plusieurs poids lourds du secteur voulaient initialement réduire leur participation de moitié, et l'Agéa avait dénoncé la volonté de la FFA de ne plus contribuer au financement à terme. 

Un texte en attente de ratification

Le texte de l'accord réengage juridiquement les parties pour les trois prochaines années à partir de début 2022. Mais cela ne vaut que s'il est ratifié, et l'approbation des membres de la FFA lors de l'assemblée générale (AG) de la mi-décembre reste un filtre à passer. Aussi, la Fédération ne se risque pas pour le moment à commenter un accord qui n'existe pas matériellement, et préfère laisser la collégialité de ses membres s'exprimer à travers le vote. Une censure du texte mettrait cependant la contribution des assureurs en péril puisque l'ancien accord arrive à échéance fin 2021. En trouver un nouveau en deux semaines serait pour le moins complexe. « L’AG est souveraine, mais le texte commun satisfait les attentes des représentants des compagnies mandantes qui ont participé à la négociation », rapporte sobrement un proche du dossier. 

Et dans trois ans ? Impossible de dire pour le moment si les assureurs reviendront à la charge avec leurs anciennes revendications, mais d'autres éléments - comme une réforme des retraites - pourraient rebattre les cartes d'ici là.