Les assureurs européens vantent leurs différences au sein du secteur financier

Face à la crise, l’assurance n’engendre pas le type de risque systémique qui a émergé dans le monde bancaire.

Conséquence de la crise, les régulateurs passent d’actions à court terme à de vastes réformes, remarque le Pan European Insurance Forum (PEIF). Selon ce groupe de dirigeants de douze principaux assureurs européens, tels que Aegon, Allianz, Aviva, Axa, Generali, Munich Re ou encore Swiss Re, la nouvelle réglementation doit être ciblée et équilibrée. «Les parties prenantes réagissant à la crise financière doivent prendre en compte que le business model de l’assurance diffère significativement de celui des autres fournisseurs de services financiers. (…) Les assureurs ne génèrent pas le type de risque systémique qui a émergé dans le milieu bancaire», a indiqué Henri de Castries, président du directoire d’Axa et du PEIF.

Les assureurs sont financés par des paiements de primes anticipés, à l’inverse des banques qui reposent principalement sur les dépôts et les financements de crédit à court terme, explique le PEIF. Par ailleurs, l’horizon d’investissement long terme des assureurs offre généralement un effet stabilisateur pour le marché. En outre, le mécanisme de titrisation lié à l’assurance diffère de celui des banques dans le type de risques transférés, les risques du premier secteur étant non financiers et non corrélés à l’évolution des marchés, mais plutôt liés à la probabilité d’événements non financiers (obligations catastrophes, fréquence des sinistres automobiles…).

    Dans ce contexte, les assureurs doivent faire entendre leur voix, clame le PEIF. Ce dernier établit dans cette optique des recommandations clés, au nombre de cinq. Tout d’abord, les politiques publiques doivent favoriser une meilleure approche de la gestion du risque des assureurs. Deuxième point, «les importantes et complexes institutions financières doivent être supervisées dans leur intégralité». Ensuite, les régulateurs doivent augmenter leurs efforts pour atteindre une convergence en termes de normes comptables. Le PEIF estime également qu’une plus grande transparence est nécessaire pour les produits financiers structurés et que l’intervention des gouvernements ne doit pas dénaturer les marchés. «Les soutiens peuvent être nécessaires sur le court terme pour stabiliser le système financier et soutenir les institutions mais doivent faire l’objet de clauses limitées dans le temps et être supprimés dès que possible», estime le groupe d’assureurs.

L’Agefi Quotidien le 25/02/2009