Les assureurs doivent lier rémunération variable et risque climatique

Bertrand De Meyer
Le superviseur français souligne qu’une partie de la rémunération variable pourrait être indexée sur l’atteinte d’objectifs climatiques.

La recette qui consiste à lier une partie du salaire des collaborateurs à l’atteinte d’objectifs prend aussi pour le risque climatique. C’est l’avis de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), qui publie son premier rapport sur la gouvernance du risque de changement climatique dans le secteur de l’assurance. Ayant mobilisé 21 groupes d’assurance et de réassurance et trois fédérations professionnelles (France Assureurs, CTIP et FNMF), le rapport souligne que les actions visant à impliquer les collaborateurs se sont multipliées. En particulier, en plus de la formation aux risques environnementaux, le superviseur rapporte qu’il est possible d’indexer sur l’atteinte d’objectifs ESG une partie de la rémunération variable.

Une opportunité que les groupes devraient creuser. «Principal canal de communication auprès des assurés, les conseillers de clientèle (agents généraux, commerciaux, courtiers…) doivent également être formés aux enjeux climatiques pour pouvoir mener à bien leurs missions de sensibilisation et de prévention. De même, une partie de la rémunération variable pourrait être indexée sur l’atteinte d’objectifs climatiques», juge ainsi l’ACPR.

La qualité d’investisseur institutionnel des assureurs leur confère aussi un rôle important dans la prévention et la sensibilisation des parties prenantes. «Grâce à leur expertise en évaluation des risques et en modélisation, les organismes d’assurance peuvent agir en tant que conseillers en mettant en place des actions de prévention», constate l’ACPR, qui évoque par exemple les actions pour informer les assurés sur les risques liés à la localisation de leurs biens.

Le caractère préventif prend aussi une dimension incitative : «Au cours de la vie du contrat, la promotion de l’économie circulaire peut être intégrée à la gestion des sinistres par certains groupes, par exemple par la promotion de l’usage de pièces de réemploi dans le cas de sinistres automobiles», souligne l’ACPR, donnant, au passage, un bon point au récent engagement pris par France Assureurs dans le domaine.

Ce premier rapport en appelle d’autres. «Les conséquences potentielles du risque de changement climatique sur le passif des assureurs et les enjeux en termes de politique de souscription ont été peu abordés, les discussions s’étant à ce stade focalisées sur la gestion des risques à l’actif», conclut l’ACPR.