Immobilier

Les acteurs s'interrogent sur l'existence d'une bulle

Réseau d’administrateurs de biens, le groupe Urbania, présidé par Nicolas Jacquet depuis octobre 2010, organise un dialogue sur l’état des lieux et les perspectives d’un secteur en pleine mutation.

Le réseau d’administration de biens Urbania a organisé, jeudi 7 avril, ses « premières rencontres de l’immobilier » dans les locaux du Conseil économique, social et environnemental (CESE) présidé, depuis novembre 2010, par Jean-Paul Delevoye, ancien médiateur de la République. Introduisant le débat, ce dernier a dénoncé « l’échec de la République sur la problématique du logement », élément essentiel de socialisation et de stabilisation des populations. A la fois espérance et déception, l’accès à l’immobilier est devenu un vrai chemin du combattant pour beaucoup de Français, notamment pour les primo-accédants et en particulier dans Paris.

Bulle ou pas ? Et pourtant, Michel Mouillart, professeur d’économie à l’Université de Paris Ouest, le répète : « Non, ce n’est pas une bulle. » Et d’enpréciser la définition : « Ceux qui achètent ont la capacité à acheter et cette capacité n’est pas déconnectée de la réalité du marché. » Ils ne sont pas nombreux à défendre son point de vue.

Le sentiment d’inaccessibilité au marché immobilier est de plus en plus présent dans les esprits. Comment penser autrement lorsque la classe moyenne se considère incapable de devenir propriétaire ? Michel Mouillart répond que Paris, objet de toutes les émotions, concentre 40 % de primo-accédants, de 35 ans en moyenne. Certes, ils achètent petit et bénéficient en moyenne de 25 % d’apport personnel, néanmoins, ils sont acquéreurs. Alors oui, Paris n’est pas accessible à tous et présente des barrières à l’entrée, « un marché qui est convoité est de facto un marché réservé ».

Il répond ainsi à André Santini, député des Hauts-de-Seine et président du conseil de surveillance de la Société du Grand Paris qui juge que « le Grand Paris - dont il se fait l’avocat -va arriver au stade opérationnel au moment où la bulle va éclater, ce qui sera une bonne façon de repartir »

Le Grand Paris et l’immobilier. La question n’est pas nouvelle (L’Agefi Actifs n°480, pp. 20 à 22) : quel sera l’impact du Grand Paris sur l’immobilier ? La question reste sans réponse. Certes, l’entreprise avance, le décret sur le tracé et l’emplacement des gares du réseau de transports du Grand Paris, pierre angulaire du projet, devant être publié en juillet.

Mais après ? Il est prévu de construire 70.000 logements par an (contre 35.000 à 40.000 à ce jour) pour répondre aux besoins anticipés, ce nombre sera-t-il atteint ? Beaucoup en doutent. Daniel Canepa, préfet d’Ile-de-France et de Paris, reconnaît lui-même que « l’objectif est ambitieux ». « L’idée est de faire suffisamment envie pour faire admettre la densification en matière de construction », précise-t-il. Et d’ajouter qu’il ne manque pas de foncier, la surface susceptible d’être mobilisable sur la région étant évaluée à 17.000 hectares.

Les enjeux environnementaux.

Egalement présent, Philippe Pelletier, avocat associé du cabinet Lefèvre Pelletier et également président du Comité stratégique du plan Bâtiment Grenelle de l’environnement, s’est porté défenseur de la démarche engagée par le gouvernement en faveur de la performance énergétique. S’il convient de l’imperfection du diagnostic de performance énergétique (DPE) (L’Agefi Actifs, n°486, p. 4), il vante toutefois son existence en tant qu’outil d’information qui pèsera, dans les zones non tendues, sur les valeurs des biens immobiliers.