Les acteurs de l'ISR attendent avec impatience un coup de pouce du gouvernement

L'Agefi quotidien, 10 juin 2014
Une conférence interministérielle prévue ce mois-ci devrait lancer une consultation pour créer un label national d'investissement responsable

Annoncée en septembre dernier par François Hollande, la «conférence bancaire et financière de la transition énergétique» se fait toujours attendre. Et notamment par les professionnels de l'investissement socialement responsable (ISR).

La grand-messe présidée par Michel Sapin et Ségolène Royal, ministres des Finances et de l'Ecologie, pourrait être l'occasion de dévoiler de nouvelles mesures pour encourager l'épargne respectant les critères ESG (environnement, social et gouvernance), qui pèse seulement 5% de la gestion française avec 170 milliards d'euros d'encours à fin 2013. La date de la conférence est encore inconnue, des sources évoquant le 13, le 16 ou encore le 23 juin.

Comme indiqué par Les Echos, «le gouvernement devrait y annoncer le lancement d'une consultation pour la création d'un label ISR commun à l'ensemble du marché, qui pourrait ensuite être lancé officiellement à l'automne», déclare Grégoire Cousté, délégué général du Forum pour l'investissement responsable. «La priorité des pouvoirs publics reste floue, nuance Anne-Catherine Husson-Traoré, directrice générale de Novethic, principal organisme de labellisation ISR. S'agit-il de labelliser l'offre actuelle de fonds, de promouvoir un ISR plus exigeant en mesurant la performance ESG, ou encore de favoriser le financement de la transition énergétique avec un label vert?»

Les professionnels se réunissent depuis quelques semaines au sein d'un sous-groupe ISR, dans le cadre de la «plate-forme RSE» (responsabilité sociale des entreprises) placée sous l'égide du Premier Ministre. Mais des échanges ont lieu, en parallèle, avec Bercy et surtout le ministère de l'Ecologie, dans le cadre du Commissariat général du développement durable.

La création d'un label national, déjà prônée par plusieurs rapports, devra dépasser les différences de méthode et décider qui accordera ce sésame. Amundi, numéro un français de la gestion, a par exemple préféré aux labels existants la certification de ses fonds par l'Afnor.

Pour convaincre les investisseurs, «d'autres incitations sont à l'étude: accorder un coup de pouce fiscal, loger un fonds ISR dans chaque contrat d'assurance vie ou PEA, ou encore obliger les investisseurs institutionnels à communiquer le poids de leurs encours ISR», énumère Philippe Zaouati, président de la commission ISR de l'Association française de la gestion financière. Autant de points qui ne font pas l'unanimité dans le secteur.